Rechercher dans ce blog

Nombre total de pages vues

jeudi 7 décembre 2023

Comme une épée ou un serpent

 

 Poursuite du petit jeu consistant à trouver la même variété d'impression sur plusieurs timbres, et si possible d'en identifier la position dans la feuille.

  J'avais trouvé celle-ci sympa il y a de nombreuses années :


Et voici que je vois passer celle-là aujourd'hui :


Un collectionneur anglophone en avait réuni 4 dans sa collection :


Qu'il décrit comme des chandelles, alors que je trouve que cela ressemble davantage à une épée.


Qui en aurait un autre semblable ?

Au sein d'un bloc, ce serait encore mieux, afin de confirmer la case 36 et la date qui sont mentionnées...

*****

Pour cette autre, qui ressemble un peu à un serpent :


C'est plus facile car cette paire nous permet de la positionner à la 5ème colonne :


et il ne nous reste plus qu'à trouver la ligne !

(ce n'est pas la 2ème puisqu'il n'y a pas le millésime)


samedi 18 novembre 2023

Riches et célèbres

 

  La période d'utilisation de la Semeuse, en gros de 1903 à la seconde guerre mondiale, couvre plus de 3 décennies au travers desquelles la France est passée avec plus ou moins de réussite et de malheurs, ce qui rend la collection des courriers de cette époque particulièrement intéressante.

Au vu de l'ampleur du sujet, impossible de s'intéresser à tout : les tarifs, les destinations, les oblitérations, les évènements, les moyens de transport, les multiples valeurs faciales des timbres, les différentes présentations en feuilles, en carnets, en bandes pour roulettes, les entiers... Il faut bien faire un choix.

Chacun trouve son plaisir et cherche à acquérir le possible plus de connaissances dans sa ou ses catégories de prédilection. C'est une histoire de goût et cela ne se discute pas.

  Personnellement, mis à part les entiers postaux que je laisse volontairement de côté, j'ai choisi de récolter tout ce qui me plait. Tout ce qui sort un peu de l'ordinaire, avec une prédilection pour ce qui est réellement extraordinaire. Cela n'est pas très scientifique, mais d'une grande diversité croyez-moi, source de satisfactions multiples et variées.

Bien entendu, comme tout ce qui est intéressant, beau ou rare est souvent onéreux, je ne peux pas toujours m'offrir ce qui me fait envie, mais ce n'est pas bien grave : le plaisir est là, même si ce n'est que celui des yeux.

 Vous imaginez comme moi le nombre de personnalités déjà célèbres en ce début de XXème siècle, ou de  celles qui vont le devenir. Figurez-vous qu'elles écrivaient comme le commun des mortels, sinon plus !

Elles aussi léchaient la gomme de leurs timbres, prenaient leur plume, écrivaient l'adresse de leurs correspondants, choisissaient des cartes postales, et portaient leur courrier jusque dans une boite aux lettres.

  L'idée m'est donc venue de rechercher ces courriers émanant ou bien destinés à des célébrités, et bien entendu affranchis avec une Semeuse. Je me suis vite aperçu que la notoriété de certains rendait utopique une telle collection compte tenu des prix demandés ou atteints, très souvent hors de portée, même pour un passionné !

Les collectionneurs d'autographes ont toujours été nombreux, même s'ils s'intéressent d'avantage au contenu manuscrit qu'au contenant. D'ailleurs, la plupart du temps, ces autographes sont précieusement conservés alors que l'enveloppe qui les a transportés a depuis longtemps été jetée à la poubelle.

  Quitte à faire les poubelles s'il le faut, je ne désespère donc pas de pouvoir mettre la main sur quelques-unes d'entre elles.

Les lettres adressées à des illustres personnages sont de fait facilement repérées, mais c'est moins le cas lorsque c'est l'expéditeur lui-même qui présente un intérêt disons historique. 

Les cartes postales ont l'intérêt de réunir les deux, souvent autour d'une Semeuse.


Voici quelques exemples prestigieux que j'ai vu passer, de loin :

Vous connaissiez l'écriture de Guillaume Apollinaire ?

Georges Braque à André Derain
Le même à Max Jacob

Sidonie-Gabrielle Colette


Léon Blum

Picasso à Apollinaire en 1907 !

et en 1918 !

Picasso à Jean Cocteau : magnifique !



Trois CP de Pablo à André Level, collectionneur d'art moderne

Et une à Madame Paul Rozemberg (galériste)

Une dernière à Gertrude Stein, collectionneuse d'art

Vous la voyez vous la signature de Marcel Proust ?

Ici, on la voit mieux, en bas d'une lettre adressée à Pierre Louys


De Auguste Rodin à Alphonse Mucha    


Signée Antoine de Saint Exupéry, sortant de son Latécoère


Tous m'ont fait rêver, et m'ont donné envie d'en savoir plus sur ces personnages mondialement connus. La philatélie sert aussi à se cultiver.

Et je ne désespère pas d'un jour dénicher une pépite du même acabit !

*****

  Il est un écrivain que je classe à part car il a écrit mon livre préféré. Il était médecin le Docteur Destouches. Et un jour il a écrit. Sa thèse qui était déjà remarquable, et qui le reste un siècle plus tard. Puis un premier roman, éblouissant, en 1932. 
Il a failli avoir le prix Goncourt. 
Puis, on peut dire qu'il est un peu parti en biberine pour rester poli... 
Et il est devenu illisible. 
Infréquentable !

J'adooooore Voyage au bout de la nuit de Louis Ferdinand Céline.

 Aussi me suis-je fait le plaisir de m'offrir il y a quelques années cette carte-lettre écrite à sa fille, qui me réjouit à chaque fois que je la regarde.



Pour plus de détails, et si cela vous tente, cliquez sur ce lien pour un joli voyage :



mercredi 4 octobre 2023

Depuis le temps !

 

  Cela ne va pas tarder à faire 50 ans que je me passionne (de plus en plus) pour ces timbres qui  représentent une semeuse, apparus il y a 120 ans, et qui lui ont valu une notoriété internationale ainsi qu'une majuscule et divers titres comme lignée, maigre, ou camée. 

Au niveau national, sa célébrité était déjà acquise à cause des pièces de monnaie, intemporelle.

  Au fur et à mesure de mes connaissances, je suis devenu un véritable fanatique des techniques de leur fabrication, et j'en apprends encore régulièrement.

MAIS, j'avais beau avoir cherché les renseignements un peu partout et longtemps, jamais je n'avais pu voir un galvano. Il s'agit de cet assemblage métallique que l'on fixait sur la presse puis sur la rotative, et qui avait un format permettant d'imprimer 50 timbres. 

Le musée n'en avait curieusement conservé aucun, et nul article philatélique de l'époque ou postérieur n'en avait jamais montré la moindre image : que des schémas, des dessins. Alors que moi je voulais en voir un bien réel. 

Eh bien, c'est à présent chose faite, grâce à l'amabilité d'un correspondant qui a déniché cette image dans la revue "Lectures pour tous" éditée par Hachette en octobre 1905 :

(Ce sera plus net si vous cliquez sur l'image)


Certes, la définition n'est pas excellente, mais sur cet agrandissement on reconnait parfaitement la silhouette de notre Semeuse.

Avec les yeux de la foi, on pourrait même deviner au niveau de la deuxième rangée et entre les 2 groupes de 5x5 un trou noir en son sein : peut-être est-ce l'emplacement prévu pour accueillir le chiffre du millésime ? 

Il s'agirait alors d'un galvano de service, presque prêt à l'emploi, et soumis au dernier contrôle sous l'oeil d'un technicien muni de sa loupe.

Et il ne peut s'agir que de la Semeuse lignée, seule existante à cette époque, de la série de 1903.


*****

  Mais ce n'est pas tout !

A quelques jours d'intervalle, j'avais également trouvé (tout seul cette fois-ci), sur le site du Musée de la Poste, une belle image du poinçon original gravé par Mouchon au début de cette même année 1903 !

Poinçon qui par copies et galvanoplasties a pu donner ces fameux galavanos qui ont imprimé les timbres.

Lui aussi je le voulais en photo depuis longtemps pour pouvoir l'admirer à sa juste valeur. 
Là encore, n'hésitez pas à cliquer sur l'image pour l'agrandir :

Une merveille !

Toujours préciser la provenance de cette image si vous la copiez
(museedelaposte.fr)


Et cela fait quelques décennies également que je rêve d'aller un jour l'observer de plus près puisqu'il est, lui, conservé bien au chaud,  34 boulevard de Vaugirard - Paris XVème.

A bientôt, j'espère !



vendredi 28 juillet 2023

Suite du jeu

   Lancé en mars 2020, on ne peut pas dire qu'il ait rencontré un succès phénoménal, mais il continue de m'amuser et c'est l'essentiel !

Il consiste, je vous le rappelle, à trouver 2 ou plusieurs timbres (au type Semeuse) avec la même variété d'impression, située au même endroit dans la feuille d'impression. L'idéal étant que l'on puisse en identifier la case, ce qui n'est pas toujours possible, ou pas encore...

  En voici une nouvelle, amusante :


On dirait une faucille ou un point d'interrogation, causée par un petit bout de ficelle ou de fil de fer venu se poser sur la planche au moment de l'encrage, de façon suffisamment adhérente pour ne pas se décoller lors de l'impression.

Ces 2 paires ont probablement été imprimées le même jour, puisque la "saleté" a dû être éliminée par le nettoyage de la planche effectué en fin de journée.

*****

  En revanche, pour les 2 timbres suivants, une question se pose : est-ce la même brindille qui s'est déplacée, ou bien deux différentes ?


Toujours est-il que ces petites variétés ne sont pas si courantes, et que je les aime bien : une nouvelle preuve du soin apporté à la qualité de l'impression des timbres de l'époque !



dimanche 23 juillet 2023

Une preuve de plus

 

  L'impression des timbres-poste est un travail minutieux pour lequel la plus grande rigueur s'impose car la technique utilisée est à la merci du moindre grain de sable parfois à l'origine d'un mauvais résultat.

En typographie rotative, de nombreux réglages et contrôles quotidiens s'imposaient tant au niveau de la presse que de la tension du papier, de l'épaisseur du support, ou de la qualité de l'encre. 

Les cylindres devaient être soigneusement nettoyés, au moins quotidiennement, pour que leur encrage se fasse correctement et que le rendu soit parfait.

  Au début du tirage de cette Semeuse à 20 c. lilas-rose YT n°190 de 1926, on rencontre assez souvent de petits défauts d'impression, avec disparition de certains caractères composant les légendes ou la valeur faciale. Les exemples sont multiples : ces petits caractères étaient en creux sur le cylindre et ne devaient donc pas être encrés. Ils apparaissent normalement en blanc sur les timbres.

Valeur faciale amputée

C de centimes absent case 54 et partiel case 55

  En raison d'une encre trop fluide, et/ou d'un encrassement des creux du cylindre, l'encre s'y dépose et la couleur va donc être retranscrite sur le papier, là où elle n'aurait pas dû.

  Collectionnant toujours les coins datés, j'ai été attiré récemment par celui-ci mis en vente sur internet, non pas à cause de sa date qui est courante, mais précisément à cause de ces petits défauts :

( Galvano D de C+D )
Cases 99 et 100 avec C de centimes quasi absent

Après avoir vérifié qu'il ne me manquait pas, je suis allé vérifier dans mon album si ces défauts étaient également visibles sur mon bloc du même cylindre et du même jour. 
C'est bien le cas :

On y remarque également une "bavouille" d'encre sous la date


  Etant donné qu'il s'agit d'un tirage qui n'est pas particulièrement rare, et que je collectionne toutes les dates, il se trouve que j'ai également le coin daté de la veille, sur lequel l'impression s'était déroulée normalement, sans aucun de ces défauts  :


Et celui du lendemain, sur lequel ils ont disparu :


  Ceci vous prouve donc que les ouvriers de l'atelier étaient particulièrement réactifs et attentifs à la qualité de leur travail : un défaut apparu le 23 décembre était parfaitement corrigé dès le lendemain !


  Il est cependant possible que l'on trouve un jour un bloc du 23.12, ne présentant pas les défauts observés :
- soit parce qu'ils sont apparus en cours de journée,
- soit parce qu'ils ont été corrigés en cours de journée.

Vous imaginez bien que cela m'intéresse si vous en voyez passer un...

*****

 Il est amusant de constater qu'en 1933, la même case 100 présente le même défaut d'encrage anormal du C de centimes, alors qu'il ne s'agit bien évidemment plus du tout du même cylindre !



Voici donc comment trouver un intérêt philatélique certain à des pièces très courantes que l'on peut se procurer en échange de quelques euros !


jeudi 8 juin 2023

Retour à la source

 

 

   En janvier 2021, je vous avais montré cette superbe et curieuse épreuve grand format et inversée de la Semeuse, probablement réalisée au tout début des essais préparatoires en vue de la création du nouveau timbre. Celui-ci sera finalement imprimé à la fin du mois de mars 1903.

La forme bien particulière de la lettre R de REPUBLIQUE et de FRANCAISE m'avait surpris, par rapport à celle de tous les essais connus, avec son 2ème jambage incurvé. Forme que l'on ne retrouve que sur le plâtre original fourni par Oscar Roty au graveur Eugène Mouchon.

  J'ai récemment pu obtenir du musée consacré à la carrière de Roty, où ce plâtre est conservé, une magnifique photographie de ce chef-d'œuvre, que je m'empresse de vous montrer :

(Toute utilisation de cette image doit en mentionner la provenance)

Cliquez sur l'image pour mieux en profiter !


  Contrairement à la vieille image que j'avais de ce plâtre, celle-ci a l'avantage d'être éclairée par la droite, c'est à dire du côté du soleil, avec donc des ombres correctement placées. Ce n'est pas le cas sur l'épreuve ni sur le timbre définitif, et ceci lui avait été reproché à l'époque.

  C'est bien sur ce modèle que Mouchon a travaillé : les 2 R sont similaires à ceux de mon épreuve, et j'en suis assez fier ! Cette particularité, son image inversée et son grand format en font une pièce vraiment unique.

Par la suite, Mouchon sera amené à en simplifier le dessin, tant au niveau de l'effigie qu'au niveau des légendes, pour répondre aux impératifs d'un tirage au petit format des timbres. 

Les deux R seront finalement gravés avec un 2ème jambage bien rectiligne.



mardi 4 avril 2023

Une découverte

 

  Pour la première fois ici, je ne vais pas vous montrer la moindre Semeuse aujourd'hui !

Non pas que le sujet n'ait aucun rapport avec ma collection, mais simplement parce que je vous ai déjà montré en août 2018 et décembre 2021 tout ce qui s'y rapportait.

  Il s'agit de ce que certains ont catalogué, faute de mieux, comme un essai de numérotation de certaines feuilles imprimées en typographie à plat, situé en haut à droite dans la marge, et qui prend la forme d'une lettre suivie de 5 chiffres.

  Je vous l'avais fait découvrir sur la Semeuse 5 c. vert, alors que personne ne l'avait jamais rencontré auparavant. 

Je dois d'ailleurs revenir sur le dernier exemple exposé, et que j'estimais tout à fait "bidon" car la photographie de la vente en question montrait un panneau avec cette inscription en noir. Alors qu'il ne fait aucun doute que cette inscription était imprimée en même temps et donc dans la même couleur que les timbres ! 

J'avais conclu à une falsification. Mais c'est moi qui me trompais. 

  Figurez-vous que j'ai été abusé par un scanner défectueux.

Il se trouve que c'est un ami qui a acheté ce panneau sur lequel je n'avais pas misé beaucoup, et qui a eu la bonne surprise de le recevoir avec une inscription verte, tout à fait authentique donc. 

Et ce maudit scanner du vendeur la faisait apparaître en noir... 

Avouez que j'ai joué de malchance sur ce coup !


  Si besoin était, voici un nouvel exemple, absolument inédit lui aussi, et authentique, déniché par un autre correspondant suite à la lecture de mes articles, alors qu'il fouillait chez un négociant qui, lui, visiblement ne les avait pas lus :


  C'est à ce jour le seul exemple connu de cette inscription en haut d'une feuille de 1914 du timbre taxe à 10 c., et vous pouvez constater que sa couleur est bien celle du timbre.

  Comme quoi se vérifie une fois de plus le célèbre adage de Monsieur Pierre de Lizeray : c'est en s'intéressant aux timbres d'usage courant, les plus communs, souvent négligés, que l'on a le plus de  chances de faire de belles découvertes, et de mettre la main sur de véritables raretés !

Pour quelques euros.

Ayez l'oeil, on ne sait jamais, il en existe peut-être d'autres exemples.

Surtout n'hésitez pas à nous les montrer le cas échéant !