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mercredi 22 août 2018

10 ans déjà !


 Une décennie ! Comme le temps passe !

Et presque un centaine d'articles depuis mes débuts sur ce site créé pour apporter modestement un peu de sang neuf et de modernité à notre chère mais vieillissante philatélie.

  Pour montrer certaines des jolies pièces de ma collection, en espérant partager avec vous ma passion pour la Semeuse. Vous faire découvrir certaines de mes trouvailles, et vous éclairer sur les techniques de fabrication des timbres de cette époque.

  Cela m'a permis d'entrer en contact avec d'autres passionnés et d'échanger beaucoup d'informations enrichissantes, et par-dessus tout, cela m'a diverti très agréablement, ce qui est, ne l'oublions pas, la principale raison d'être de notre passe-temps favori !

  J'ai aussi posé beaucoup de questions, et reçu quelques réponses.
A ce propos, n'hésitez pas à cliquer sur "Aucun commentaire" au bas de chaque article : toutes vos remarques sont les bienvenues !


  Pour fêter dignement cet anniversaire, je me suis longtemps creusé la tête pour bien choisir la pièce qui viendrait illustrer mon propos. Il fallait qu'elle soit à la fois spectaculaire, rare, intéressante, et mystérieuse. Qu'elle suscite non seulement votre intérêt, mais vous mette également un peu à contribution.

  Et puis le hasard, qui fait souvent bien les choses, a voulu que je devienne tout récemment l'heureux possesseur de ce panneau.


  J'en connaissais l'existence depuis une bonne quinzaine d'année, car son propriétaire est un ami, et il me l'avait montré. Mais, ayant conscience de sa rareté, il le gardait bien au chaud depuis, dans sa collection. Ce n'est que cet été que j'ai eu la chance et l'honneur de l'adopter pour la mienne.

  Je n'ai pas écrit que je l'avais acheté puisque figurez-vous qu'il m'a fait l'immense plaisir de me l'offrir en cadeau !
Beau geste ! 

Ils ne sont pas nombreux les amis philatélistes qui vous cèdent ainsi un de leurs trésors ! Bien moins nombreux en tout cas que ceux qui auraient tenté de profiter de la situation !

Il me l'avait mis de côté et promis depuis longtemps, mais nous n'avions jamais discuté de prix.
Je pensais bien devoir une nouvelle fois casser ma tirelire...

Mais qu'a t'il donc de si intéressant ce panneau de 50 au juste ?

  Le timbre 5 c. vert Semeuse au type IA est très courant, même si les panneaux de 50 ne courent pas vraiment les rues.
Il s'agit du tiers supérieur d'une feuille-vente de 150, imprimée à plat en 1914 comme l'indique son millésime.
  En plus, ce centenaire avait assez mal vieilli hélas, adhéré à une page d'album cartonnée, déchiré et consolidé par de vilaines charnières sur les bords. Il m'a fallu de longs soins de restauration pour lui redonner un peu de lustre et son aspect d'aujourd'hui...
  Pas de variété d'impression, ni de couleur, ni de piquage.
  Le papier est standard, et il n'y a rien d'anormal au verso non plus.
  Pas de retouche, ni de "tête-bêche".

Alors quoi ?
Vous avez deviné ?

Voici ce qui en fait la rareté : cette lettre A suivie de ces 5 chiffres situés à droite dans la marge du haut, et imprimés en même temps que les timbres, avec la même encre verte !

Vous les verrez mieux sur ce fragment, qui m'avait échappé il y a quelques années, le coquin, lors d'une vente sur offres :


  Vous avez ainsi la chance de découvrir les deux seuls exemplaires connus de cette "numérotation", avec ce timbre YT 137 ! 
Jamais vu d'autre ! Et à mon avis, il ne doit pas en exister d'autre. 

J'aimerais presque me tromper, et être contredit par l'un de nos lecteurs...

Ne me demandez pas à quoi elle servait. On l'ignore.
Ce qui est sûr, c'est qu'il s'agit d'un essai de l'administration postale, réalisé entre 1914 et 1915.
Il est bien connu des philatélistes les plus avertis, mais pour la Semeuse à 10 c. rouge YT 138, pour la même surchargée pour la Croix Rouge YT 146,  et pour le 3 c. au type Blanc YT 109 :



  J'espère que vous n'êtes pas sans ignorer que les feuilles-vente de 150 imprimées à plat n'étaient pas numérotées, contrairement aux feuilles rotatives apparues en 1922.

Mais s'agit-il réellement d'une numérotation ?
Pour moi non, puisqu'on voit souvent le même numéro sur des feuilles ou des fragments différents. Comme c'est d'ailleurs le cas pour les deux blocs du 137.

Pensez-vous que l'administration se serait amusée à donner le même numéro à plusieurs feuilles, si le but était de les comptabiliser ? Sûrement pas ! Allons donc !

La date figurait déjà clairement au bas de ces feuilles, avec une initiale permettant d'identifier l'opérateur responsable, et le numéro de la presse utilisée. Que voulait-on de plus ?
Mystère !...

  Non, il doit s'agir d'un indicatif, permettant peut-être d'identifier vers quel bureau de poste ou vers quelle région les feuilles allaient être dirigées : c'est une idée comme une autre que je vous soumets.
En attendant que vous me fassiez part des vôtres...

  Pour vous aider, voici tous les indicatifs que j'ai pu répertorier, qu'ils aient été vus par moi ou bien déjà cités par d'illustres prédécesseurs :

timbre numéro millésime date
109 A 00269 ?doute?
109 A 02965 5
109 A 04189
109 A 04242
109 A 04267 5
109 A 04321
109 A 04476 5
109 A 04769 5
109 A 05020
109 A 05084
109 A 05119
109 A 05277 5
109 A 05278
109 A 05412
109 A 05739 5
109 A 05510 5
109 A 05776 5
109 A 05785 5
109 A 05794
109 A 05864 5 N 105 12
109 A 05887
109 A 05933 5
146 A 01246 4 H 15.04 10
146 A 01296 4 16.04
146 A 01309 4
146 A 01327 4
146 A 01329 4
146 A 01394 4
146 A 01429 4
146 A 02159 4
138 A 04523 4
138 A 08524 4
138 A 08746 4
138 (A) 08870 ?
138 A 09777 ?
138 A 09800 4 H 21,02 10
138 A 09837 4 H 21.02 10
138 A 09843 4
138 A 09864 4
138 A 09870 ?
138 A 09875 24,02
138 B 05644 ?
138 B 05728 5

Merci de me dire si vous en connaissez d'autres !

  On remarque sur cette liste qu'on ne rencontre jamais le même numéro sur des feuilles de timbres différents, et que la lettre B est bien plus rarement utilisée...

jeudi 2 août 2018

J'ai encore appris un truc...


  Tant pis pour ceux qui ne le savent pas, mais la philatélie est une source infinie de connaissances, ce qui en fait un passe-temps à nul autre pareil. Cela devrait être expliqué et montré en exemple aux plus jeunes. L'ouverture d'esprit qu'elle nécessite est une qualité devenue rare qu'il faut encourager à tout prix, d'autant plus que les informations sont à présent facilement à la portée de tous, grâce à internet !

  Par exemple : savez-vous ce qu'est la galalithe ?

Ben... moi non plus jusqu'à ces derniers jours !
Ceux qui ont étudié le grec (s'il en reste !) se mettront sur la piste : gala le lait + lithos la pierre = la pierre de lait. Nous voilà bien avancés !

  Vous me direz que si cet article ne s'adresse qu'aux philatélistes connectés à internet et ayant étudié le grec, il ne va pas passionner grand monde !... Tant pis, je vous ai dit !

Heureusement Google et Wikipédia sont là, bien plus accessibles et illustrés que les vieux dictionnaires poussiéreux de nos études.
On y apprend en quelques clics que : 

La Galalithe (« pierre de lait ») est un polymère thermodurcissable issu de la caséine.

En 1893, Auguste Trillat, un scientifique français, trouve le moyen d'insolubiliser la caséine (protéine du lait) en y rajoutant du formol qui garantit donc sa conservation. En 1897, la découverte est brevetée en Allemagne par Wilhelm Krische et le chimiste autrichien Adolf Spitteler (1846–1940) sous le nom de Galalithe. Son procédé d'obtention a été affiné au début du XXe siècle.
La caséine représente environ trente grammes de matière par litre de lait.
En mélangeant la caséine à du formol et éventuellement à divers colorants, on a donc obtenu la première matière plastique de synthèse, qui a été largement utilisée au début du XXe siècle dans la fabrication de boutons, bijoux, stylos, fume-cigarettes, matériel électrique, et a fourni un substitut meilleur marché à l'ivoire pour les claviers de piano et d'harmonium.
La Galalithe, dure et soyeuse, se travaille manuellement. Elle ne se moule pas, elle se présente en plaques de différentes épaisseurs, en bâtons, ou en tubes. Elle requiert un travail de polissage mécanique ou manuel pour arriver à un aspect brillant. De plus, la Galalithe est un polymère biodégradable.
Elle fut beaucoup utilisée dans les années 1920-1930 pour réaliser des bijoux. 
Il reste cependant quelques boutonniers et un créateur de bijoux qui l'utilisent encore. En effet ses qualités sont là : biodégradable, anti-allergique, antistatique mais surtout sa grande possibilité d'être teinte, il est possible qu'elle refasse son apparition.
Aujourd'hui, la Galalithe est employée par les faussaires pour imiter l'ivoire car son aspect est assez proche.


Nous voici donc un peu plus savants qu'hier !
Mais je vous entends déjà d'ici : pourquoi donc ce sujet bizarre ?
Va t'il nous montrer une Semeuse sculptée dans cette matière ?

Non ! simplement un magnifique carnet que je viens d'adopter, contenant 20 de mes timbres préférés, encadrés par la célèbre publicité pour EVIAN - Source Cachat, assez courante. C'est même le seul carnet de ce timbre que l'on peut qualifier de courant :


Il a été fabriqué et émis fin 1923 - début 1924, mais aura une longue vie jusqu'à l'été 1925, ce qui est exceptionnel pour un carnet à l'époque.

Le tarif de la lettre simple passant à 30 centimes le 15.07.1925, il sera logiquement remplacé par celui-ci, encore plus courant :



  Notre carnet de timbres à 25 c. EVIAN Yvert 140 C 12 se trouve avec de nombreuses et souvent magnifiques couvertures, classées chronologiquement par leur fabriquant en séries numérotées. 

On a déjà répertorié les suivantes : série 43 – 47 – 48 – 50 – 51 – 52 – 53 – 54 – 56 – 58 – 59 – 62 – 63 – 64 – 67 – 75 – 79 – 81 à 89 – 89 B. Mais il en existe peut-être encore d'autres, cherchez bien ! Et tenez-moi au courant en cas de découverte !

  Celle qui nous intéresse est la toute première connue pour ce carnet, datant de début 1924 donc, et c'est elle qui en fait toute la rareté : une couverture de la série 43, exceptionnelle :


Curieusement, la galalithe y a perdu son E final.
Il semble que les deux orthographes soient acceptables.

  La publicité concerne un petit ustensile à la mode que les femmes de l'époque pouvaient facilement ranger dans leur sac à main, au cas où, lors d'une sortie, elles auraient eu besoin de recoudre un bouton ou une déchirure malencontreuse.
  Sur la partie qui ressemble à un arbre à cames, on pouvait enrouler plusieurs échantillons de fils différents. A l'intérieur, on y glissait quelques aiguilles. Et le bouchon de cette couseuse faisait office de dé à coudre. Ingénieux et pratique !

 Elle est "recommandée tout particulièrement à Mesdames les membres de l'enseignement et Directrices d'établissements d'éducation"...

  J'ai même trouvé une photo de cet objet, vendu au même prix donc à peu près à la même époque, mais par un autre fabriquant, et avec un E à galalithe :


Ce fabriquant faisait lui aussi sa pub, mais dans les journaux, pas sur les carnets :


...et sans le E cette fois-ci !