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mercredi 2 décembre 2009


Avis de recherche concernant un
Carnet des grands magasins du Louvre





Même si ce très joli carnet, qui est devenu au fil du temps une vedette incontestable pour tous les carnétistes, presque une chimère, est à présent fort bien connu et répertorié, peu de collectionneurs l’ont réellement vu de leurs yeux vu. Et peut-être ne l’ont-ils pas assez bien regardé, aussi étonnant que cela puisse paraître...
Je lance d’ailleurs aujourd’hui un appel à ceux d’entre vous qui ont eu cette chance.
Pourquoi ?
Parce que je me suis aperçu très récemment qu’il existait vraisemblablement deux modèles différents de ce rare carnet. Et personne jusqu’à ce jour ne s’en était inquiété !

Il est vrai que peu d’amateurs sont sérieusement concernés, que la documentation sur le sujet n’est pas très riche en photos de cet oiseau rare et insaisissable… Les ventes publiques non plus ne nous sont pas utiles : à ma connaissance, trois exemplaires seulement sont venus sur le marché depuis une trentaine d’année, dont un incomplet. Ajoutons que leurs heureux propriétaires ne les montrent pas toujours volontiers au premier venu, ce que l’on peut aisément comprendre.

Le récent et magnifique ouvrage spécialisé sur les carnets, paru chez Yvert et Tellier et fruit du travail de nos amis Lucien Coutan et Patrick Reynaud, nous a en tout cas déjà permis d’en approcher la date de naissance : une chose est sûre, l’impression a eu lieu en novembre 1924, probablement le mardi 18 pour être tout à fait précis.



Carnet bas de feuille de 10 timbres - 140 C14


Date d’impression apparente. La découpe de ce bas de feuille ne nous laisse pas en deviner davantage, hélas.

Les plus observateurs auront certainement eu l’occasion de remarquer que les « pubs » de ce carnet de 10 timbres sont en tous points semblables à celles figurant sur le panneau DE GAUCHE des carnets de 20 timbres, et non à celles du panneau de droite, ce qui est déjà assez curieux en soi !

Pourquoi, lors de la fabrication de la planche ayant servi à son impression, aurait-on choisi le panneau de gauche plutôt que le panneau de droite, et pourquoi pas alternativement les deux ? A moins que la fabrication du carnet de 10 n’ait précédé celle du carnet de 20 ?
Le mystère persiste…

Le bon à tirer conservé au musée postal, correspond en effet au niveau des pubs, à ce que nous connaissions sur le carnet émis :

De plus, une note manuscrite « Novembre 1924 » y est visible, alors que le bon à tirer du carnet de 20 timbres porte lui la note « Novembre / Décembre 1924 », laissant penser que l’impression de ce dernier carnet est postérieure, mais rien n’est moins sûr...

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Carnet de 20 timbres – 140 C13


Tous les carnets de 20 comportent ces mêmes publicités au niveau de leur panneau de gauche (semblables à celles du carnet de 10 timbres)

Cette différence dans les pubs de leurs panneaux de gauche et de droite permettait d’ailleurs jusqu’à présent d’identifier certains isolés comme étant issus de l’un plutôt que de l’autre de ces carnets. Le premier étant, on l’a compris, bien plus rare que le second, ceci a son importance. Surtout lorsque, comme c’est mon cas, l’on se contenterait volontiers d’un simple isolé, à défaut de pouvoir s’offrir le carnet de 10 !
L’ouvrage du Docteur Braun décrivait très bien en son temps les différences repérables entre les différentes pubs des différentes cases.

Le cas des timbres des cases 5 et 10 de ce fameux carnet de 10, avec leur coin de feuille dont la dentelure s’interrompt dans la marge, leur permet de ne pas pouvoir être confondus avec aucun des timbres issus des carnets de 20 timbres.
Les illustrations ci-dessous seront plus parlantes :


Cases 5 et 10 du carnet de 10 (avec le BDF de droite)


Cases 5 et 15 du carnet de 20
(avec l’inter-panneau dentelé)

Si vous trouvez un jour un timbre de ces cases 5 ou 10, ou alors un bloc, ou même un carnet entier, je suis preneur, vous l’aurez compris !

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Connaissant à présent comme moi cette particularité, vous verrez d’un autre œil les deux panneaux de droite mis en vente récemment : un seul est vraiment rarissime.
Vous le reconnaissez ?
Carnet de 10


Carnet de 20

Il est vrai que la différence saute aux yeux, surtout lorsqu’ils sont cote à cote.
Le premier s’est-il mieux vendu que le second, pour un même prix de départ ? Et bien non ! Exactement le même prix, à l'euro près !!
Le vendeur décrivait même le second comme étant plus rare, du fait d’une impression floue, qui est en réalité très courante pour ce timbre !


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Mais ce n’est pas tout : nouveau rebondissement dans cette affaire ces derniers jours !
Surprise : en fouillant dans mes archives, ne voilà t’il pas que je retrouve une vieille photo d’un autre carnet de 10 ?
Et figurez-vous que celui-ci (et lui seul) ne comporte pas les pubs que nous connaissions, mais bel et bien celles semblables au panneau DE DROITE du carnet de 20 !!!


Seul carnet connu à ce jour avec ce type de publicités
( ni bas ni haut de feuille, et perdu de vue depuis 1970 )


Ce que l’on croyait jusqu’à ce jour est à priori faux : il semble donc exister non pas un, mais deux modèles différents de pubs pour encadrer les timbres de cet illustre carnet !

C’est à la recherche de ce dernier type de carnet que je vous demande de participer.

Constatons que la description faite un peu plus haut au sujet des cases 5 et 10 n’est ici plus valable, mais elle le reste pour les carnets de 10 timbres « classiques ».

Et, enfin, comme me l’a si bien fait remarquer un ami, amateur éclairé :
« Tant pis pour toi ! A présent il ne te manque pas un, mais deux carnets de 10 du Louvre !..»

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Nous avons déjà vu plus haut que cette découverte ne pouvait en aucun cas concerner le bas de feuille, ce que viennent confirmer les deux carnets suivants :




2ème carnet bas de feuille (perdu de vue depuis 1987)




3ème carnet bas de feuille (vu en couverture de l’ouvrage de Mr Teissier)



Il ne peut pas s’agir non plus du haut de la feuille, puisque le suivant est lui aussi au « type classique » :


Seul carnet haut de feuille connu à ce jour ( BDF supérieur non dentelé )

Cela ne concerne pas non plus TOUS les carnets intermédiaires de la planche (qui sont au nombre de quatre puisque la planche imprimait 6 carnets), car ce dernier exemple, au type « classique » n’est ni un bas, ni un haut de feuille :



Dernier carnet, hélas toujours retenu en otage par son propriétaire !

Tout ceci explique certainement que personne ne se soit aperçu de cela depuis 85 ans !
A moins qu’il ne s’agisse d’un inexplicable photomontage de l’époque,
car il est vrai que je n’ai jamais pu voir le carnet en question moi-même.

Peut-être que l’un de nos lecteurs pourra nous en dire plus ?...

Je ne vous cache pas mon plaisir de faire partager ma chance d’avoir pu admirer de près ou de loin ces carnets, virtuellement réunis ici pour la première fois : ce sont, à mon avis, les 6 seuls carnets de 10 timbres connus. Sauf si l’un d’entre vous en cache un… Et j’adresse bien entendu un immense MERCI aux heureux propriétaires pour leur aide si précieuse !



vendredi 19 juin 2009

Pourquoi collectionner les millésimes ?

Tout d'abord parce que c'est une jolie présentation pour les timbres, encadrant fièrement leur année de naissance.

Parce qu'on en trouve facilement, et à tous les prix.
Ou bien on ne les trouve jamais, pour certains !
Ensuite parce que le mot est joli, évoquant aussi bien le plaisir des grands crus de nos vignobles, que la récente chanson de Pascal Obispo.
Parce que la plupart des timbres au type Semeuse ont été imprimés plusieurs années durant, et que l'on peut ainsi retracer leur vie : changements de papier, ou bien d'encre avec une infinie palette de nuances possibles, et même apparition de nouveaux types plus ou moins rares.
Et aussi parce qu'il existe de vraies raretés, qui ne sont d'ailleurs pas forcément celles que l'on croit, si l'on se fie uniquement aux cours des catalogues ou au aux prix du marché.

Quelques exemples :
Il existe deux types du 35 centimes violet avec inscriptions maigres, connu sous le numéro 136.
Tous deux n'ont été imprimés qu'en 1906, donc : même millésime 6.

La distinction type I / type II n'est pas toujours facile, mais reste primordiale pour le collectionneur : l'un est très rare, alors que l'autre se trouve facilement chez la plupart des négociants (bien qu'il faille le payer assez cher quand même) !!!

Pourquoi ?
Parce que le premier tirage a été infiniment plus court, que le second !!!
Comme le dessin du type I ne donnait pas satisfaction, on a arrêté sa fabrication, procédé à des retouches, et ensuite imprimé le type II, un peu plus réussi.

La largeur du pont fait toute la différence : il s'agit de la distance séparant les deux timbres (cases 15 et 16) situés de chaque coté du millésime.


Le type I a un pont bien plus large que le type II. Peu de gens le savent, attention !!!



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Avec un peu de chance et quelques efforts, vous trouverez sûrement de jolies variétés de papier, dont voici les deux extrêmes :

Le fameux papier X, d'excellente qualité, avec sa gomme striée reconnaissable, qui a été utilisé ici en 1915 :

(stries que l'on aperçoit au recto parfois)

Et le non moins célèbre papier G.C. (pour Grande Consommation) utilisé en période de restriction pendant la guerre, entre 1916 et 1920, donc de bien moindre qualité. Il en existe beaucoup de nuances.


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La largeur du pont, le type de papier, ou bien encore celui du timbre, permet aussi parfois très utilement pour certains timbres, de faire la distinction entre deux millésimes imprimés à 10 ans d'intervalle : rien ne ressemble autant à un 8 de 1908 qu'un 8 de 1918...

Regardez à présent attentivement ces 3 millésimes : ils sont bien plus différents qu'il n'y paraît à première vue !

Celui-ci est de 1913, au type I A

Celui-là est de 1923, toujours au type I A : le pont est + étroit.

Alors que ce dernier est lui aussi de 1923, mais au type III A, qui est bien plus rare, et provenant d'un poinçon tout à fait différent (remarquez la base du 2 épaisse).
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Parfois, le millésime vient à manquer : et c'est assez rare, voire même exceptionnel !
Surtout pour certains dont on ne connaît qu'un seul exemplaire !!!

Je les ai tous vus, mais en photographie seulement pour certains, hélas inabordables...


Le 5 centimes vert sans millésime se trouve encore, lui...

Mais attention, il existe un piège : pour le 10 centimes Semeuse avec sol, l'absence de millésime est la normale pour le premier tirage, alors que le second tirage comportera bien le 6 de 1906. Nous verrons un jour pourquoi...


A ma connaissance, l'absence de millésime peut se rencontrer pour les timbres suivants :

- 130 - 134 - 135 - 137 - 138 - 140 - 158 -

et peut-être d'autres, encore à découvrir...












jeudi 18 juin 2009

Généralités sur l'impression des timbres



En ce qui concerne les timbres au type Semeuse, deux modes d'impression typographique ont été utilisés :

- l'impression à plat

- les presses rotatives

Cette dernière, plus moderne n'est apparue qu'en 1922, et peu à peu prendra la place de la technique jusque là utilisée faute de mieux, depuis 1903.

Il a bien entendu existé une longue période de transition, durant laquelle les deux techniques étaient utilisées en même temps, période principalement occupée par nos timbres préférés, ce qui les rend si intéressants.



En effet, le changement de technique a nécessité une adaptation du matériel, et la création de nouveaux outils d'impression, très souvent à l'origine des différents types connus pour un même timbre : les différences étant visibles parfois uniquement à la loupe, et faisant tout le charme de ces timbres.

La passion de nombreux collectionneurs pour les timbres d'usage courant, comme pour le type Semeuse, ne saurait exister sans cette diversité exceptionnelle qui les caractérise : le record revient au 25 centimes bleu qui va compter jusqu'à sept types distincts ! Et ce n'est pas un hasard si c'est la Semeuse la plus collectionnée.

Pour chaque technique, à plat ou rotative, les différentes présentations connues se rencontrent :

- les feuilles ventes "normales"

- les carnets, et les feuilles préparées pour les carnets

- les bandes et les feuilles "de roulettes"


Cela commence à se compliquer... et ce n'est pas fini : ça promet !...

La connaissance de ces impératifs techniques et des différentes présentations possibles d'un même timbre, permet assez facilement de découvrir de belles pièces de collection, voire des pièces exceptionnelles, au détriment de ceux qui les ignorent (ce qui est encore le cas de nombreux commerçants et/ou philatélistes !).

Cela permet même de se passer de la loupe, parfois...

Voyons à présent ce qui caractérise

chaque présentation,

et ce que cela a donné pour les collectionneurs :



- les feuilles ventes à plat sont de 150 timbres et ont donné les millésimes, qui renseignent sur l'année d'impression. Les inscriptions figurant sur le bord inférieur de ces feuilles donnent aussi la date du jour, le mois, la presse, et une initiale du technicien responsable ! Ces inscriptions se situent à gauche, ou plus rarement à droite !




Voici une paire avec son millésime (1915)


- les feuilles ventes rotatives sont de 100 timbres et ont donné les coins datés, toujours situés en bas à droite, et sont numérotées en bas à gauche.


Ah oui ! j'avais oublié de vous dire qu'un tour de cylindre d'impression donne deux feuilles de 100 timbres,

et donc deux coins datés différents. Si, si ! regardez bien : ils sont différents !



- les carnets à plat peuvent parfois laisser voir les inscriptions du bas de leur feuille d'origine, à gauche. Ils comportent 10, 20, 30 ou 40 timbres. On les trouve avec ou sans publicité sur leurs couvertures, ou sur les marges.



Un joli carnet imprimé à plat, sans publicité (type IV)





Ici : la partie gauche d'un carnet à plat avec publicité, laissant voir la date du 29 août (1924),


carnet qui a été imprimé sur la presse 10 sous la surveillance de Monsieur S.



- les carnets rotatifs peuvent parfois laisser voir un numéro à gauche, et en ensuite même une date, à droite. Eux sont toujours de 20 timbres et existent avec ou sans publicité.



Un très rare carnet rotatif avec publicité et numéroté
(avec un isolé case 11 : les plus avertis apprécieront la rareté, alors que les autres devront attendre...)

- les feuilles "de roulettes" à plat sont de 150 timbres avec leurs millésimes reconnaissables, et leurs inscriptions du bas de feuille.

Tout millésime surmonté de deux rangées de timbres (ou plus) est issu d'une feuille "de roulettes" :

c'est à ça qu'on peut les reconnaître !


- les feuilles "de roulettes" rotatives sont de 100 timbres avec leurs coins datés situés sur la marge de gauche, comme leurs numéros cette fois-ci !


- les bandes "de roulettes" , parfois si rares, sont collectionnées par six ou onze timbres (ou même plus) mais leur identification rapide nécessite qu'il y ait plus de cinq timbres pour l'impression à plat, et plus de 10 timbres pour l'impression rotative. A moins que le type ne soit identifiable à l'unité, ce qui n'est pas souvent le cas, même avec une bonne loupe et les meilleures documentations que vous pourrez trouver !



Celle-ci est une merveille, la plus rare de toutes, et elle est accompagnée d'une bande de garde qui servait à emballer la bobine constituée ! N.B. elle a la valeur d'une Ferrari, pour les amateurs...


Vous comprendrez mieux pourquoi 6 ou 11 timbres, une fois que vous aurez vu une feuille vente "normale" à plat, et une rotative. En effet, à partir de ces feuilles "normales", on ne peut obtenir + qu'une bande verticale de cinq timbres pour l'impression à plat, et pas + de dix timbres pour l'impression rotative, tout simplement...


Ce fragment de feuille "normale" permet de comprendre qu'on ne peut pas en tirer mieux qu'une bande verticale de 5 timbres. D'autre part, il ne peut y avoir qu'une rangée de timbres au dessus du millésime.



Je vous avais prévenu, que cela allait se compliquer...
Vous imaginez tout ce que l'on peut s'amuser à collectionner : de quoi occuper toute une vie !
D'autant plus que chaque étape de la fabrication peut présenter un dysfonctionnement, et être à l'origine de belles variétés, très appréciées par les amateurs.

Pour ceux que les timbres de roulettes intéressent : allez vous émerveiller et profiter de l'érudition d'un spécialiste :
http://http://philatelie-roulette.blogspot.com/