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jeudi 30 juin 2022

Vive le Mail Art !

 

  Je sais bien qu'il faut privilégier la langue française, mais le terme "Art postal" sonnait tellement moins bien comme titre, alors...

  Cela fait de nombreuses années que j'avais vu passer dans quelques ventes publiques de superbes lettres affranchies avec ma Semeuse, décorées à la main par des artistes. 

Elles m'avaient bien plu, mais je n'avais pas pu m'en approcher tant leurs ventes avaient été disputées, aboutissant à des prix pour moi déraisonnables à l'époque. 

Alors, je n'en avais gardé que des souvenirs et de jolies images, ce qui me permet de vous en faire profiter aujourd'hui, bien que la Semeuse n'y soit pas, pour une fois, le principal sujet d'intérêt.

   Mais avouez qu'elles ont du charme (cliquez dessus pour zoomer) :





























Parfois politiques, militaires, humoristiques, ou simplement décoratives, n'allez pas croire qu'elles sont courantes parce que je vous en ai trouvé quelques dizaines. Non, non, non, on n'en voit pas si souvent !

  Aussi, vous comprendrez que j'ai fini par craquer en trouvant celle-ci :


Je trouve que ma Semeuse préférée y est magnifiquement mise en valeur
par un artiste inconnu des années 20, qui a peut-être ainsi voulu séduire sa dulcinée et chère Madeleine, en lui adressant cette lettre !

L'auteur lui a également envoyé celle-ci un mois plus tard :



Sinon, j'ai vu un jour passer cette carte, moins abordable, adressée à Jean Cocteau par Pablo Picasso !



Si vous en avez d'autres à me montrer, n'hésitez pas à me contacter
en cliquant ci-dessous sur "Aucun commentaire" 

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vendredi 27 mai 2022

Un sacré numéro ce 199 ! Les débuts

 


  C'est une Semeuse parmi les plus répandues, celle que l'on trouve vraiment partout et pour pas cher, celle qui a eu le plus de carnets (1500 différents environ) et donc de pubs, le plus de coins datés (9000 différents environs), et celle qui a affranchi des millions de courriers en France et à travers le monde. 

Pourtant son existence n'a pas été une des plus longues, quelques années seulement entre 1926 et 1932, et même si elle a eu une vie intense et trépidante, elle reste malaimée des collectionneurs.

  Je vais tenter ici et dans les mois qui viennent de lui redonner ses lettres de noblesse. Tenter de comprendre pourquoi elle est si souvent négligée, à tort. Et tenter de vous faire changer d'avis à son sujet, car elle mérite vraiment qu'on s'y intéresse, tant de trouvailles sont encore possibles.

  Plusieurs articles seront bien entendu nécessaires, et voici le premier de la série.

*****

  C'est l'acquisition récente d'un coin daté (vous savez que c'est mon point faible) qui m'a fourni l'inspiration nécessaire, et qui m'a motivé pour me lancer ce soir.

Comme pour le 15 c. brun Semeuse camée que je vous ai récemment montré, il s'agit du tout premier jour de tirage de ce timbre en feuilles de 100, le 25 août 1926.


Et tout comme l'autre, vous voyez qu'il m'en manque encore un pour faire la paire ! A bon entendeur, salut !...

Imprimé sous cette forme au type II A jusqu'en 1932, quasiment sans interruption et souvent par plusieurs "planches" rotatives en même temps. Ceci explique la quantité phénoménale de coins datés (CD) différents possibles.

  Dès sa naissance il frappe fort et se singularise : quatre presses rien que pour lui d'un seul coup, et j'ai la chance de pouvoir vous montrer les 3 autres paires de CD de ce 1er jour :




Bientôt deux vies entières de collectionneurs pour les réunir !

 Ce timbre va représenter pendant plusieurs années le tarif le plus utilisé, celui de la lettre simple pour l'intérieur, ainsi qu'en 3 exemplaires celui pour l'étranger. 

C'est cette présentation en feuilles de 100 avec CD qui a été la première émise. Quatre rotatives mises en branle en même temps, capables de fournir 3000 feuilles à l'heure chacune !

*****

  En effet, c'est le 9 août 1926 que ce tarif est passé de 40 à 50 centimes. 
Et c'est une autre Semeuse qui en avait la charge : la même mais imprimée en vert, ce qui lui allait plutôt bien !

YT 198

  Le timbre vert existe depuis début 1925, imprimé à plat en feuilles de 150 au type I avec millésime, et il va se moderniser sous la forme de feuilles rotatives de 100 avec CD à partir du 29 juillet 1926, justement en prévision du changement de tarif annoncé. Les besoins en timbres à 50 c. allaient devenir considérables du jour au lendemain. Il fallait bien s'y préparer.

Trois cylindres ont été fabriqués pour y faire face (timbres au type IIA) et vont imprimer en vert jusqu'au 24 août : la veille de l'apparition de notre 199 rouge. 

  Voici par exemple le dernier jour de ces 3 cylindres  :


Il va passer du vert au rouge dans la nuit, et on le retrouve dès le lendemain en train d'imprimer le 199 qu'il inaugure.

En rouge, le cylindre a été rebaptisé D+C mais c'est bien le même. Il a suffi de changer d'encre :

E vert est devenu C rouge  -  F vert est devenu D rouge

Et on a procédé de même pour les 2 autres cylindres qui imprimaient en vert : ils sont passés au rouge eux aussi.

  Le 199 sera imprimé ainsi jusqu'au 27 juin 1932. 
53 cylindres au total seront utilisés, un record pour la Semeuse ! 
Et souvent plusieurs en même temps, avec des parallélogrammes qui se ressemblent, ce qui rend leur étude un peu complexe, mais nous y reviendrons.

*****

  Comme cela était habituel, le timbre représentant le tarif de la LSI va peu de temps après être mis en vente sous la forme de carnets. Ils sont quant à eux toujours imprimés à plat à l'époque, et au type I.

La première date que nous leur connaissons est du 16 septembre 1926, pour le carnet YT 199 C 15 avec ses publicités LESIEUR et sa série 111 :

Celui-ci n'est pas un carnet bas de feuille, et ne porte donc pas de date

  Il existe de très rares carnets de notre 199 avec les séries 108 et 110 qui sont donc un peu plus précoces encore, mais on n'en a jamais vu avec date. 
La série 107 a même été signalée, mais jamais vue non plus.

Ces premiers carnets, jusqu'à la série 110, ont profité d'un stock restant de couvertures du timbre précédent, le 40 c. vermillon YT 194, couvertures qui ont tout simplement été surchargées pour la nouvelle valeur du 199.
Je vous en avais déjà parlé ici :


  Tous les moyens étaient bons pour pouvoir fournir aux clients le nouveau timbre en quantité et en temps voulu. Les quelques semaines écoulées entre le jour du changement de tarif et les débuts de notre 199 ont certainement permis d'écouler les stocks du 198 (et du 194 avec un 10 c. en complément).

 

Voilà ce que je voulais vous montre pour débuter cette série 
consacrée au 199 qui va nous tenir en haleine encore quelques années ! 
(à suivre)


Je complète grâce à l'amabilité d'un correspondant qui a bien voulu me transmettre l'image du seul CD qu'il me manque de ce premier jour :




mardi 17 mai 2022

Finalement, ce n'était pas fini !...

 

  Décidemment, mon histoire personnelle avec ces "Lettre à 5 centimes" est sans fin ! Une bonne quarantaine d'année qu'on se connait. C'est la sixième fois que je vous en parle...

En avril 2021, je vous disais ici même que tout finit bien, mais en réalité pas du tout ! 

A peine un an plus tard, voilà qu'un brocanteur de Cahors (celui-là même qui avait trouvé il y a quelques années l'édition n°3 qui me manque tant depuis) met la main sur une nouvelle pépite dans un grenier de sa région, et décide de la mettre en vente. Heureux homme, et au combien chanceux !

  Il s'agit d'un exemplaire de la fameuse édition N°1 de 1912, NEUF, non utilisé : c'est le premier connu ainsi, puisque les 3 autres ont été utilisés, oblitérés et ont régulièrement circulé vers Paris, tous adressées à l'illustre Monsieur Arthur Maury.

  Certes, c'est un peu moins intéressant sur le plan philatélique, mais c'est tellement beau :


D'autant plus qu'elle est entière, avec sa Semeuse perforée intacte et sa grande feuille de papier à lettre vierge attenante, destinée à la correspondance.

La toute première vue neuve, peut-être la seule existante ?

  Mais le plus extraordinaire, c'est que 110 ans se sont écoulés, et qu'elle avait été conservée depuis "dans son jus", et accompagnée de sa pochette et de son buvard !

  C'est la toute première fois que l'on peut enfin admirer cette pochette magnifique :


  Ne vous gênez pas pour cliquer sur les images, et appréciez le charme de ses publicités ! Elles sont différentes de celles de la pochette de l'édition n°2.

Seul le très "jolie" porte-plume avec plume manque à l'appel,

 mais je ne désespère pas de tomber dessus un beau jour... 

Qui sait à quoi il ressemble ?


  Le buvard est sympa, lui aussi, mais je vous en avais déjà montré un exemplaire (il n'y a rien au dos) :


Je ne sais pas vous, mais moi je préfère ça, et de loin, à un vilain "One Cent Magenta" de Guyane britannique. Surtout qu'à l'époque, l'ensemble ne coutait que 5 centimes (d'anciens francs) !

Et toutes ces marques originales, souvent de la région de Toulouse,

 en profitaient pour se faire connaître :