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samedi 16 juillet 2016

On ne surchargeait pas que les timbres !


  En 1926, on sait que le tarif de la lettre simple pour l'intérieur va augmenter à 2 reprises :

            - dans un premier temps de 30 à 40 centimes, le 1er mai, raison pour laquelle ont existé les différents carnets de timbres à 40 c.

            - et dans un second temps à 50 centimes, le 9 août, donnant naissance à nos bien aimés carnets du 50 c. Semeuse lignée rouge, élu roi des carnets !

Fait exceptionnel : PENDANT ONZE ANS, jusqu'à l'été 1937, ce tarif va rester inchangé, tout comme celui de la lettre pour l’étranger à 1 f. 50, expliquant la longue vie des carnets de timbres à 50 c. (et pas uniquement au type Semeuse d'ailleurs).

La transition en revanche, le passage de témoin, a bien eu lieu entre deux Semeuses : YT 194 et 199.

C'était en plein milieu de l'été, il y a 90 ans !

   Beaucoup de collectionneurs l'ignorent probablement, mais les tout premiers carnets du 199 sont fort rares, contrairement à ceux du 194 qui sont très courants, tout en se partageant les mêmes couvertures !


  Il n'y a pas de petites économies ! Ce n'est pas parce que le tarif change encore une fois, et que l'on doit sortir précipitamment des carnets à 50 c. que l'on va balancer à la poubelle pour autant les couvertures déjà imprimées de ceux à 40 c. qui ne vont plus pouvoir se vendre !...

Au contraire, et cela va même nous faire gagner du temps, se dit-on : il va nous suffire de surcharger ces couvertures, comme l'on a si bien su le faire avec les timbres par le passé !

  Vous connaissez certainement les banales couvertures des carnets du 194, puisqu'on en trouve de partout et pour pas cher, même avec tous leurs timbres à l'intérieur (celles-ci sont des séries 108 et 110 E) :

CARNETS à 40 c.


Et bien ! Amusez-vous donc à dénicher ces mêmes carnets avec des timbres à 50 c. dedans !...

Je vous souhaite bien du courage : ils sont absolument introuvables !

Cela m'a pris personnellement plusieurs décennies !
Il faut avouer que j'ignorais pendant longtemps tout de leur existence...

  En cliquant dessus pour agrandir les images, vous pourrez mieux découvrir les deux types de surcharges qui ont été apposées sur ces couvertures du 194 pour les transformer en carnets du 199 :
la première en rouge, et la seconde en noir !

CARNETS à 50 c.

  Vous pouvez regarder de près : ce sont bien les mêmes couvertures, habilement recyclées !

On y a même inséré, au milieu des 2 panneaux de timbres, un feuillet publicitaire, qui masque sur ces images les 10 autres timbres du carnet, mais je vous assure qu'ils y sont bel et bien !

Evidemment les pubs sur les bords ne sont pas forcément les mêmes, mais en ce qui concerne le 199, les carnets avec pub EVIAN sont un peu moins rares que les quelques autres ayant existé avec ces fameuses couvertures du 194 surchargées...

Comme par hasard, le carnet 199 avec pubs GREY POUPON / VITTEL / SECOURS / SECOURS existe lui aussi avec la série 110 surchargée : afin de faire face à l'urgence de la demande de carnets à 50 c. la poste en a profité pour conserver les mêmes annonceurs !

Ceux-ci avaient signé un contrat pour un certain nombre de carnets vantant les mérites de leurs marques. Donc : fini pour ceux à 40 centimes, et vive ceux à 50 !

Car peu leur importait (à eux) la valeur des timbres !


  Vous aurez compris que les plus précoces des carnets du 199 sont ceux dont la couverture est de la fameuse série 108 surchargée en rouge. 

On n'en connait que deux :

- le 199 C 3 = EVIAN / EVIAN / EVIAN / EVIAN que nous vous avons montré ici

- et le 199 C 16 = SECOURS / URODONAL / SECOURS/ GYRALDOSE, qui me manque encore !


Curieusement, nous n'avons jamais croisé de cas similaire pour la série 109

c'est donc à vous d'en dénicher un, s'il existe encore...

puisque la sortie des séries successives respectait un ordre chronologique.


Par la suite, les séries se sont enchaînées à un rythme effréné jusqu'en 1931 avec les couvertures de la série 264, la toute dernière a avoir accueilli notre chère Semeuse ! 

Puis vint le type Paix, puis les autres...



jeudi 23 juin 2016

A votre avis : un gros coussinet, ça s'appelle un coussin ?


That is the question ! comme aurait dit William...
Peu importe la réponse.

Je voulais juste vous montrer celui-ci, car on ne peut encore une fois qu'être admiratif devant tous les soins, l'extrême minutie, la méticulosité... que les ouvriers responsables de l'impression des timbres savaient apporter à leur travail !

Tout ceci fait à la main bien entendu, et avec les outils de l'époque !
Admirez la finesse de ces découpages !
J'ai placé un fond rouge pour mieux apprécier.

Je vous ai mis le recto :

 et le verso :

ainsi qu'un gros plan :

D'ailleurs, sur ce gros plan, ceux qui ont l’œil auront repéré l'ébauche d'un millésime 6 pour 1916.
Le timbre étant donc celui de la case 16 sur un panneau de 50.

Comme quoi les "imprimeurs" utilisaient le matériel habituel qui servait à imprimer les feuilles, mais avec une encre noire et sur du papier très épais,  pour obtenir ce qui allait leur servir de coussinet : sous la forme de panneaux de 50 ou de feuilles de 150, ou bien encore peut-être tout simplement comme ici un bloc de 25.

Il serait étonnant qu'ils se soient amusé à faire leurs essais de découpage manuel sur de plus gros panneaux : 25 devaient largement suffire !...

Je n'ai d'ailleurs jamais vu de bloc + important que de 25 timbres.

Ils testaient donc ainsi différents modèles de découpage, ce qui est bien visible au verso, et ils devaient ensuite inspecter de très prés le résultat obtenu après avoir réalisé une impression sur une feuille "test".

Ceci afin de déterminer quel découpage va pouvoir donner le résultat le plus satisfaisant !



Pour plus d'info sur ce sujet :

http://blog-impressions-timbrees.blogspot.fr/2011/07/mise-en-train.html



jeudi 2 juin 2016

Un joli coup... de coeur, de chance, et de pubs !

Un récent coup de cœur : et encore une belle pièce !
Peut-être pas le plus beau coup de ma vie de collectionneur, mais pas mal tout de même...

   C'était il y a quelques jours, alors que le marché sur internet était depuis longtemps assez morne.

Comme chaque jour, je faisais défiler sur mon écran des pages et des pages d'objets en vente, tous plus inintéressants pour moi les uns que les autres. Avec comme motivation, l'espoir de dénicher une Semeuse qui attirerait mon regard.

C'est alors que cette jolie couverture de carnet est apparue :


  Pas mal, me dis-je, en pensant qu'il s'agissait hélas d'une couverture vide ! Mais celle d'un carnet du 25 c. bleu Semeuse, ça c'est sûr et certain !
Prix de départ un peu élevé, +/- 50 euros, mais bon... La publicité Céréalose est peu courante, donc je clique.

C'est une des couvertures de la série 76, très rare en fait : elle date de fin 1924 - début 1925, et surtout, elle n'est connue que pour un seul carnet, ce qui est assez exceptionnel pour l'époque : le carnet Yvert 140 C9, avec ses célèbres pubs BERNOT - KOTO - JIF !
Le problème, c'est qu'il est absolument introuvable. Ca fait donc une bonne quarantaine d'année que je me suis fait à l'idée qu'il manquera toujours à ma collection !

Tout comme le fameux carnet du Louvre du même timbre : deux joyaux de la collection du type Semeuse. Je me contente de leurs photos.

A ma connaissance, on n'en connaît que trois restés complets avec leurs timbres, mais je peux me tromper... C'est à dire encore moins que de celui du Louvre (7 ou 8 connus) qui, du fait de son origine un peu "privée" a certainement été plus conservé que celui-ci, vendu aux guichets de la Poste, lui.

Normal que les gens se soient servi de ses timbres, mais heureusement sans avoir eu la mauvaise idée de jeter ensuite la couverture vide !

Donc, j'enchéris : soyons fous ! D'habitude, je ne collectionne pas les couvertures vides, mais là, je vais faire une exception.

Par réflexe, je regarde en vitesse qui est le vendeur : il a l'air sérieux.
Puis, par curiosité, je fais défiler la page vers le bas avec la molette de ma souris, afin de savoir si de nombreux internautes ont consulté cette page ou non.
Vais-je pouvoir faire une affaire ?

Pas tant de suivi que ça, mais il y a déjà un autre enchérisseur.
Tant pis ! on verra bien dans une semaine lors de la clôture de la vente...

C'est à ce moment précis que mon cœur a reçu un coup ! Un sacré coup !

Il y a d'autres photos, et le carnet n'est pas vide : il y a encore des timbres dedans !
Non, certes, ils n'y sont plus tous, mais on s'en fout : il en reste 12 sur 20 !
Avec les trois pubs différentes !


Incroyable ! Je n'avais pas vu les autres petites images que le vendeur avait jointes !
En plus, le vent soufflait de mon côté : sa description n'était vraiment pas assez bien faite pour attirer l'œil de tous les prospecteurs d'internet !

Vous imaginez la semaine que j'ai passée, à me demander si les enchères allaient s'envoler, et avec elles l'espoir d'avoir un jour ce carnet dans ma collection !

Au vu de la rareté de la bête, je me doutais bien que, même si la chance voulait bien me sourire encore, mon budget allait en prendre un coup, lui aussi...
Je m'étais presque déjà fait une raison si son prix final dépassait mes moyens !

Mais tout est bien qui finit bien !
J'ai eu beaucoup de chance, et à l'heure actuelle, ce superbe carnet doit être en train de survoler le pays pour arriver à sa destination finale : ma collection !

A moins qu'il ne soit bloqué par ces maudites grèves...

vendredi 13 mai 2016

Un sacré coup de griffe reçu en traversant l'Afrique !


A votre avis, quel sauvage animal a bien pu massacrer cette jolie lettre ?


Et ou donc : à Bangui ?

La lettre est bien arrivée en Oubangui Chari le 23.10, avant de retourner à Ivry sur Seine le 21.12.29

  Même si elle est certainement d'origine un peu philatélique, le spectaculaire affranchissement
à 4 f. 50 réalisé à l'aide de 9 exemplaires du timbre de carnet, m'a tellement séduit, surtout associé à sa publicité pour la Toile d'avion, que je l'ai ajoutée à ma collection.

Cela correspond certainement à un tarif recommandé avec surtaxe Par Avion.
Mais on trouve d'autres lettres, parties par le même vol pour d'autres destinations, situées sur le parcours, affranchies avec d'autres tarifs : d'où mon autre question :
Quels étaient ces tarifs ? Je n'y comprends rien !

  Et en plus, ceux qui me suivent connaissent mon attirance pour les carnets, les Semeuses, et les lettres avec "Retour à l'envoyeur" des pays lointains : je ne pouvais pas être mieux servi !

  Je me suis donc amusé à retracer son itinéraire, et grâce à ce merveilleux outil qu'est Google, une nouvelle fois je n'ai pas été déçu : l'histoire de ce premier vol est passionnante !
Jugez vous-même :


  Le 17 octobre 1929, un " Farman 192 " piloté par l'adjudant-
chef Marchesseau décolle du Bourget. A son bord, le capitaine François Goulette
, navigateur et chef de l'expédition, et le sergent-chef Bourgeois, mécanicien.


   Inconnu à l'époque et manquant de ressources propres, Marcel Goulette a besoin de soutien pour le financement de son projet. Il les trouve auprès des constructeurs Farman et Salmson, obtient des subventions du Ministère des Colonies et de Madagascar ainsi que le soutien d'un quotidien, le tout étant assorti de quelques contrats publicitaires. Il obtient en outre du Ministère des Postes que son voyage constitue une liaison postale vers l'Afrique Équatoriale Française, l'Afrique Occidentale Française, le Congo Belge, la Rhodésie du Nord, le Mozambique, Madagascar, La Réunion, l'Ile Maurice.

   Revêtues de la mention "Par avion, liaison France – Madagascar – Réunion-Maurice", les correspondances transportées doivent acquitter une surtaxe aérienne, ce qui permet à Goulette de bénéficier d'un financement officiel complémentaire, et lui fournit une publicité significative.


  Décoré d'une bande tricolore et portant les marques de Farman et Salmson, l'avion décolle du Bourget le 17 octobre à 6 h.17 avec un sac postal de 2 kg de courrier. 

A 11 h.10, l'avion fait une courte escale à Perpignan-La Salanque, puis repart à 12 h.15 en suivant la côte par Barcelone et Alicante. Pour éviter une arrivée nocturne à Oran, où le terrain n'est pas balisé, il se pose à 16 h.40 à Los Alcazares (1350/1400 km) et y passe la nuit.

  Reparti le lendemain à 6 h.05, le Farman ravitaille à Oran de 7 h.30 à 9 h.30, puis se pose brièvement à Colomb-Béchar à 13 h.20 pour déjeuner. L'équipage souhaite atteindre Reggan en soirée, mais ayant perdu la piste, ils passent la nuit dans le désert (Ksabi, 950 km).

  Le 19 au petit matin, après avoir retrouvé la piste, l'équipage atteint Adrar à 8 h.50 et repart à 12 h.30 vers Reggan. A la tombée de la nuit, il se pose pour passer la nuit le long de la piste Estienne (950 km).

  Repartis le 20 à 6 h.00, ils atteignent Gao à 9 h.30, puis Niamey (1150 km).

  Le 21 octobre, ils se contentent de rejoindre Zinder (800 km).

  C'est ensuite le 22 Fort-Lamy, puis Fort-Archambault (1300 km).

  Le 23, le Farman fait escale à Bangui, puis termine son étape à Coquilhatville où, après avoir évité les tornades, il se pose sur le terrain de la SABENA (1000 km).

  Reparti le 24 à 8 h.00, il suit le Congo jusqu'à Bandundu, puis remonte le cours du Kasaï, passant à Port-Francqui avant de ravitailler à Luebo de 12 h.35 à 13 h.00. Une tornade les oblige à se poser à 16 h.30 à 14 km à l'ouest de Kanda-Kanda sur un ancien terrain de secours de la SABENA envahi par les termitières (1050 km).

  Ayant passé la nuit à dégager une piste de fortune avec l'aide d'un colon français et de ses ouvriers et à maintenir le Farman secoué par la tempête, Goulette peut redécoller le lendemain, 25 octobre, à 5 h.35 pour se poser à 10 h.50 à Élisabethville (750 km); reparti à 12 h.40 malgré la tornade contre laquelle Marchesseau se bat plus d'une heure, il se pose à Broken Hill à 15 h.10.

  Le 26, parti à 8 h.00, il survole Tete, se posant à Quelimane à 15 h.00 sur un marais du Zambèze, heureusement asséché, avant de rejoindre le terrain officiel (1450 km).

  Le 27, parti à 7 h.40, il traverse le canal du Mozambique et atteint Majunga à 11 h.00, ravitaille (en essence pour automobile) et se pose sur le terrain d'Ivato à Tananarive (1600 km).

  Sur l’île de La Réunion, les gens trépignent d’impatience. C’est sûr, l’avion de France va bientôt se faire voir dans le ciel, mais que se passe-t-il donc ? Les héros sont-ils fatigués, ou bien les obstacles rencontrés jusqu’ici les ont-ils usés ? Le terrain de Gillot serait-il trop court ? On murmure qu’il vaudrait mieux transporter l’avion par bateau. 
Les compatriotes de Roland Garros trépignent d’indignation, et n’en finissent pas, gouverneur en tête, de grommeler. Quoi ? L’avion de France arriverait par bateau ? Non ! Ce n’est pas possible : on attend de lui qu’il se pose à Gillot ; d’ailleurs, on continue sans mollir à préparer le terrain d’atterrissage. Cette fois, c’est Goulette qui tombe malade. Quelle déveine : après la crainte des cyclones, les projets affectés de couardise, voilà la maladie !
Atterrissage mouvementé à Tamatave : Ah ! Enfin Goulette n’est plus malade et décide d’atterrir à Tamatave avant l’ultime étape devant le conduire à La Réunion. Un mauvais choix ? Peut-être, car le vent souffle fort et le petit avion risque de s’abîmer. L’atterrissage réussit, mais les gens s’entassent sur la piste improvisée au risque de se faire tailler en morceaux ; plus de peur que de mal, mais l’avion doit être réparé.
La peur des héros : La mer est si vaste, et La Réunion si petite ; au moindre coup de vent, l’avion risque de rater l’île et se perdre dans l’océan Indien. Goulette s’entend avec un capitaine de bateau : il ira devant et l’avion devrait le doubler à mi-chemin entre Madagascar et notre île. Mais, il était dit que jusqu’au dernier moment, les héros auraient des sueurs froides.
Mais où est donc ce bateau ? Plus au Nord, montons plus au Nord : dix minutes, quinze minutes et rien ; Vingt minutes et toujours rien ! Il faut retourner sur ses pas, repartir vers la grande île. Mais, au miracle ! Voilà le bateau et sa fumée bleue ; Tout va bien... direction Gillot ! On est le 26 novembre 1929 : le but du voyage est à portée de main, à portée de main l’exploit !
Enfin arrivés ! Un piton bleu perce les nuages : Bonjour La Réunion ! Voici la piste entre les filaos, des grands poteaux et une banderole. Un peu plus et l’avion s’écrasait : un essai, un deuxième, le troisième est enfin le bon car on a abaissé les poteaux portant la banderole. Les gens battent des mains... se félicitent, se congratulent, on cherche à toucher l’oiseau de fer.
Que de monde ! La moitié de la population au moins s’est donné rendez-vous. Puis les discours, “La Marseillaise”, et le champagne.
La fête dure quatre jours, puis le 1er décembre, il faut bien repartir.
Les héros sont comblés de cadeaux, et parmi ceux-ci, un litre de rhum et un merle blanc complètent de belle façon les 75.000 francs du Conseil général.
C'était la belle époque !

dimanche 10 avril 2016

Et ça continue : Angkor et Angkor !...



  Fierté du Cambodge, Angkor mérite certainement le détour, surtout pour ceux à qui les longs voyages ne font pas peur.  Mais personnellement, même s'ils forment peut-être encore un peu la jeunesse, je les préfère plus courts. Donc forcément moins exotiques !

  A propos de voyages, ce site merveilleux a donné son nom à un bateau des Messageries Maritimes, lorsque celui-ci desservit la ligne d'Extrême Orient.


  D'ailleurs, pour ceux qui intéressent aux lignes maritimes, je conseille l’excellent site :
http://www.messageries-maritimes.org/p1mm.htm
où l'on trouve non seulement des images étonnantes, mais aussi plein de renseignements précieux !

  L'histoire de ce navire, pourtant retracée en détail, ne parle pas de sa mésaventure de 1923, qui nous vaut d'en parler aujourd'hui, entre nous philatélistes.

Il transportait alors du courrier dans ses soutes, entre autres marchandises, alors qu'un incendie se déclara à bord. Celui-ci ne fut pas facilement maîtrisé, et les lettres furent endommagées comme le reste, à la fois par les flammes et par l'eau utilisée pour les éteindre. Avec succès !

Combien de lettres ont ainsi disparu, et combien ont  survécu : mystère ?
Et dans quel état ?

  Certaines ont tout de même pu être  acheminées vers leurs destinataires : celles qui n'avaient pas été touchées par les dégâts bien entendu, mais aussi certaines un peu abîmées, puisque le bateau, lui, ne s'était heureusement pas abîmé !

C'est là que les employés de la poste se sont sentis obligés d'expliquer tout en essayant d'excuser le piètre état dans lequel les correspondances ont fini leur traversée pour arriver à destination.
En collant sur ces lettres une belle étiquette rose, qui en fait toute la rareté.

 Une vente récente propose une de ces lettres. C'est assez rare : on n'en voit pas tous les jours !
Croyez-moi ! Même si je vous offre la chance d'en trouver 4 exemples ici...


Comme presque toujours, on y voit une jolie Semeuse bleue à 25 c. puisque c'était le timbre du tarif de la lettre simple pour l'Indochine, dit "tarif intérieur". D'où mon intérêt, vous imaginez bien...

C'est aussi le cas sur ces 3 autres exemples pour Saigon :





Cette dernière illustre un excellent article à ce sujet sur le site :
http://www.semeuse.com/accident.html

  On note que sur l'étiquette apposée sur ces 3 dernières lettres, les employés du bureau de poste ont poussé la vertu jusqu'à ajouter manuellement deux accents aigus qui manquaient à DETERIORE, tout en ayant le vice d'oublier celui du premier E !...

  Mais le plus amusant, pour ceux qui ont l’œil, c'est de remarquer que la première lettre ne porte pas tout à fait la même étiquette que les 3 autres !
Cherchez bien...
Et oui, vous avez bien vu : " deteriore " au lieu de " DETÉRIORÉ " !

Il faut croire qu'ils avaient du temps à perdre, ces employés de la poste : après avoir lu le journal, fait une pause déjeuner, et bu le café, ils s'amusaient à faire des étiquettes roses...
 (je plaisante, bien entendu !)


  En me documentant, j'ai appris qu'il existait non seulement plusieurs modèles de ces étiquettes, mais aussi des cachets et des enveloppes pour y mettre les lettres trop fatiguées...

Ceci étant tiré de l'ouvrage que voici, pas très clair d'ailleurs, même si vous avez comme moi quelques notions de base en anglais :





  Au total, une histoire de Semeuse de plus, amusante et intéressante, reflétant les bonnes habitudes des services postaux de l'époque, même lorsqu'il y avait le feu !...



dimanche 13 mars 2016

Vous prendrez bien un coup de rouge !


  Ceux qui se lancent dans une collection de timbres au type Semeuse seront heureux et surpris de trouver une si grande diversité.

  Un bel exemple que voici : pour la même valeur de 10 centimes, et la même couleur rouge !

Et encore, je suis loin de tout pouvoir vous montrer...

Semeuse lignée (dite rose) - 1906


Semeuse avec sol - type I - sans millésime


ou avec millésime 1906


Semeuse maigre - 1906


Semeuse camée - 1907


1910 ou 1920 ?


1911 ou 1921 ?


1914


1916 papier G.C.


Surcharge Croix Rouge - 1914


Surcharge Franchise Militaire - 1913


Surcharge Franchise Militaire - 1914



LEVANT - 1920


LEVANT - 1920 surcharge manuelle


CILICIE - 1916 - GEDEON   I




Haut Commissariat - 1916


CILICIE - 1920 - GEDEON   II




Type spécial - Croix Rouge - 1914


Surcharge MAROC - 1915



Et j'ai gardé le meilleur pour la fin...

Attention à ne surtout pas 
les couper en trois celles-ci  ! ! !

Les feuilles pour roulettes - 1908 - 1910 - 1914 :





La seule feuille de 120 timbres pour les carnets de 20 au type I C - 1909 ou 1910 ?


Et une feuille de 144 timbres pour les carnets de 30 au type II - 1914
( on ajoutait un bloc de 6 timbres pour arriver à 150 )



Il ne me reste plus qu'à vous souhaiter " Bon courage " pour réunir une telle collection !...