Rechercher dans ce blog

Nombre total de pages vues

samedi 2 novembre 2019

Aux bouts du bout du monde !


  Pour ceux qui auraient du mal à situer sur une carte les îles de la Désolation, j'ai mis un petit rond rouge dessus, cherchez bien :


Faut avouer que celui qui leur avait donné ce surnom (James Cook)
n'avait vraiment pas exagéré !
Je ne pense pas qu'on puisse trouver sur notre planète un coin plus reculé et inhospitalier : des vents permanents y soufflent souvent au-delà des 150 Km/heure, avec une température moyenne sur l'année proche de 5°C. 
Et, cerise sur le gâteau, visez un peu la tronche des habitants :


 Ça vous aide si je vous dis qu'elles ont été découvertes en 1772 par ce navigateur breton ?
Yves Joseph de Kerguelen
Seigneur de Trémarec

Pas étonnant que depuis l'époque de Louis XV, 
on ne s'y bouscule pas, aux Kerguelen !

  Deux siècles plus tard, des aventuriers du Havre, les frères Bossière (Henry et René) décident de se lancer dans leur exploitation, avec assez peu de succès, même s'ils ont laissé aux philatélistes de superbes courriers, aujourd'hui recherchés et souvent vedettes des ventes et des expositions. 
Et notre Semeuse y était !

Tous ces courriers qui semblent bien "philatéliques", ont pourtant régulièrement circulé, et sont revenus des Kerguelen via l'Afrique du Sud ou l'Australie.
Les plus rares comme ceux-ci portent un cachet de transit :




(MERCI au passage à leurs heureux propriétaires)

Je vous conseille ce site concernant l'exploitation de cette île perdue :


Henry, sur la droite, en 1909

Et une vue du port, prise après la guerre 

  Déjà pas facile en temps de paix, la promenade dans les quarantièmes rugissants (presque cinquantièmes), la communication avec les Kerguelen a été interrompue durant la première guerre mondiale : vous imaginez bien qu'on ne devait pas y croiser grand monde...

René Bossière avait été nommé Résident de France depuis 1896, ce qui lui avait permis de s'autoriser à utiliser le joli cachet postal ornant ces lettres, mais d'après ce que j'ai pu trouver comme renseignements, l'île avait été évacuée pendant la guerre.

*****

  Toujours est-il que le 16 mars 1918, alors que la France fait face à l'offensive allemande, un certain Monsieur Brunel, demeurant dans le Xème arrondissement de Paris au n°10 de la rue Paradis, a un truc important à raconter à René, ou bien à lui envoyer. 
Pour plus de sûreté, il se décide pour un recommandé, et précise même "par le Cap de Bonne Espérance" à l'attention des postiers.


Son courrier mettra presque 2 mois pour arriver en Afrique du Sud : à Durban le 9 mai, puis à Capetown - Kaapstad le 13 mai.

Mais comme toutes les communications étaient suspendues, la lettre va devoir être retournée dès le 16 mai vers la France.

Au passage, elle a bien évidemment été ouverte et contrôlée par la censure militaire, qui y a apposé son cachet violet au recto, et une étiquette au verso. Visiblement néerlandaise cette censure !

Un mois plus tard, elle est revenue au bureau de Paris X le 19 juin, où elle va chercher son destinataire (qui était d'ailleurs également son expéditeur) jusqu'au 24, pour finalement arriver à Ligny le Chatel dans l'Yonne le 26 juin. Mr Brunel ayant dû fuir à Varennes...

Un bien joli périple qui a laissé de nombreux cachets au dos de l'enveloppe :


  Pour moi qui m'amuse depuis longtemps à récolter des lettres affranchies avec ma chère Semeuse, pour des destinations lointaines, et avec retour à l'envoyeur, celle-ci est une des plus belles !

J'en ai bien trouvé celle-là, pour Papeete, qui est sympa aussi :


Tahiti est peut-être une île encore plus éloignée de tout, en kilomètres, que ne le sont les Kerguelen, mais reste vous l'avouerez, nettement plus avenante :

Une insulaire, dans la même posture que l'animal austral

Je termine en vous montrant à présent le recto de la vue de Port Jeanne d'Arc :


On y apprend que Monsieur Bossière profitait de ses voyages dans les terres australes pour en ramener et distribuer aux scientifiques amateurs, des photos d'éléphants de mer : chacun son truc !
Moi j'ai tendance à préférer les vahinés...



lundi 28 octobre 2019

Lettre Océan



  A l'époque où circulait notre Semeuse, pour les personnes et pour le courrier, traverser les mers et les océans représentait une réelle expédition. Avec ses dangers, ses coûts et ses délais. 
On prenait son temps. On réfléchissait avant de se lancer dans l'aventure !
L'aviation n'avait pas encore rétréci notre planète comme de nos jours.
On voyageait peu, lentement, et rarement très loin.

  C'est pour cette raison que je collectionne les courriers pour les destinations les plus lointaines : ils sont toujours peu communs, et témoignent d'une belle époque aujourd'hui révolue, où les navires et les trains se passaient le relais afin que les lettres traversent la planète.
On est cependant surpris de constater que le courrier circulait malgré tout assez vite, et peut-être même plus vite qu'aujourd'hui, surtout pour rejoindre les régions les plus reculées du monde !

  Pour raccourcir la durée de certains trajets, on a même fait décoller de petits avions à partir de gros paquebots, pour arriver au port quelques jours plus tôt que le bateau. Et les philatélistes étaient déjà sur le coup... Vous voyez à quoi je pense ?
... --- ...

  Je voulais vous présenter aujourd'hui, un type très particulier de courriers, absolument pas "philatéliques" ceux-là, transmis de bateau à bateau par la T.S.F., puis normalement par la poste : moitié télégramme, et moitié lettre.
Là encore, il s'agissait de porter un message au plus vite.

Voici, ce qu'en disait la compagnie responsable :


(1923)

  Il avait été décidé en 1913, après la traumatisante catastrophe du Titanic survenue en avril 1912, que tous les grands paquebots et navires de croisière devaient être équipés d'une station de télégraphie sans fil à bord. 
Le fameux S.O.S.  =  ...---... et son acronyme "Save Our Souls" a paraît-il été utilisé pour la première fois à cette dramatique occasion.



Mais ces appareils n'étaient pas encore assez puissants pour émettre sur de très longues distances, par exemple d'un côté à l'autre de l'Atlantique. En revanche, lorsque deux navires se croisaient, la communication était facile.

  Du coup, les passagers ou membres d'équipage d'un navire n°1 pouvaient utiliser ce moyen moderne pour "écrire" à un correspondant résidant dans le pays vers lequel se dirigeait un navire n°2. Ce dernier postait ensuite le "télégramme", une fois parvenu à bon port.


Ceci évitait l'obligation d'attendre l'arrivée à destination du bateau n°1 pour pouvoir poster le courrier : le gain de temps était important.


  Pour des raisons de sécurité, lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale, ces « Lettre Océan » ont été interdites.


  A Paris, la Compagnie Radio Maritime a été créée en 1919, et c'est dans les années 1920-1930 qu'elles ont le plus circulé.


 
La nôtre date de décembre 1924. Elle est bien affranchie au tarif de la lettre recommandée pour l'intérieur, de 85 centimes, et est bien parvenue à son destinataire à Bordeaux.





  Mais c'est en la dépliant que l'on peut mieux comprendre son trajet : 



  Le 23 décembre à 16 heures, Pierre navigue sur le "Général de Négrier", un trois-mâts de 2200 tonneaux faisant route de la côte occidentale de l'Afrique en direction de Gand, où il arrivera le 5 janvier 1925. Et Pierre est démuni de tout...


  Il décide d'envoyer son S.O.S. à Monsieur Michel qui habite Bordeaux, pour se faire envoyer vêtements et chaussures par le biais de la compagnie maritime à Nantes, sans oublier de lui souhaiter une bonne année ! 


  L'histoire ne raconte pas tout de ses mésaventures. Chaque mot étant compté, au-delà de 20 mots réglementaires. Il fallait être concis !
Mais que diable lui était-il donc arrivé en Afrique à Pierre ? 
Une attaque de la part d'indigènes ? Qui sait ?... Il le racontera plus tard.

Heureusement, son voilier va passer à proximité d'un vapeur transatlantique.



  Pour gagner du temps, il profite donc de la T.S.F. : son message est immédiatement transmis au navire "Chicago" qui fait, lui, la traversée de l'Atlantique Nord entre New York et Bordeaux, où il arrivera le 29 décembre.

  C'est ce jour-là, que notre "Lettre Océan" a été postée et oblitérée au bureau de la Bourse, pour ensuite être acheminée vers la rue Villedieu, distante d'environ 1500 mètres.
Et Monsieur Michel va ainsi pouvoir secourir au plus vite son ami Pierre...

Au passage, la Compagnie Radio Maritime a apposé au dos son cachet le même jour :


On trouve assez rarement ce type de courrier. 
Faites-moi signe si vous en croisez, ou si vous en connaissez avec notre Semeuse !
Leur histoire me plaît bien.

L'obligation de recommandation a été supprimée en 1926.
Il a existé plusieurs modèles légèrement différents.


dimanche 13 octobre 2019

Vive l'automne et les feuilles mortes !...


  Au début des années 80, le jeune philatéliste que j'étais a vu sa collection au type Semeuse prendre un sacré virage, suite à la publication du merveilleux ouvrage de Jean Storch et Robert Françon.


C'est incontestable : il y a eu un avant, et un après leur parution !
Avant, je collectionnais bêtement. 
Depuis, je collectionne intelligemment !

  Ces deux volumes, j'ai dû les lire plus d'une dizaine de fois depuis, et graver ainsi dans ma mémoire des milliers d'informations et d'images. Je les ai même fait relier, afin de pouvoir les éplucher sans les abîmer. Et il m'arrive encore souvent d'y rechercher un renseignement, même si internet a parfois remplacé avantageusement les vieux bouquins...

Je ne leur trouve que deux défauts : 
1) ils se limitent hélas à la série de 1907 (numéros YT 137 à 142)
2) les images sont en noir et blanc

  Alors que plus de trois décennies m'ont été nécessaires pour réunir la galerie qui va suivre, je vous fais profiter aujourd'hui de toutes les présentations existantes de ces fameuses Semeuses de 1907 en feuilles, et en couleur cette fois-ci, afin d'illustrer à posteriori les livres en question.

  Certaines n'étaient même pas connues lors de la parution des bouquins, alors qui nous dit que nous n'allons pas en découvrir de nouvelles dans les décennies qui viennent ?...
Peut-être qu'une feuille de 120 timbres pour carnets du 25 c. bleu existe cachée quelque part ?
Tapie au fond d'un album, pliée en deux ou trois, attendant d'être découpée par un ignare, ou admirée telle quelle par un amateur. J'en rêve parfois !

Jacques Prévert me pardonnera d'avoir pris quelque liberté avec sa poésie :

Oh, je voudrais tant que tu te souviennes
Des jours heureux de la philatélie.
En ce temps-là la vie était plus belle,
Et le soleil moins brûlant qu'aujourd'hui.
Les feuilles entières se ramassent à la pelle, 
Tu vois, je n'ai pas oublié
Les feuilles entières se ramassent à la pelle, 
Celles des roulettes et des carnets aussi.

Feuille vente au type I

Feuille pour carnets au type II

Feuille pour roulettes au type I

Feuille vente au type I A


Feuille pour carnets au type I C

Feuille pour carnets au type II

Feuille pour roulettes au type I A

Feuille vente au type I

Feuille rotative au type III

Feuille rotative pour roulettes au type IV

Feuille vente au type I A

Feuille vente au type III A

Feuille pour roulettes au type I A 
(du musée postal)

Feuille rotative au type III B

Feuille vente au type I

Feuille vente au type I

Feuille rotative au type II

  Pas facile à réunir un tel ensemble de feuilles entières, même en y mettant comme moi plus de 30 ans et pas mal d'argent. Surtout que l'une d'entre elles n'est connue qu'à un exemplaire, et conservée au musée postal !

Au fil des ans, je me suis pris au jeu : j'ai collectionné volontiers les millésimes, les coins datés, les carnets, les roulettes, mais rien n'égale à mes yeux la beauté d'une feuille entière ! 
Certaines sont fort rares pour ne pas dire uniques ou introuvables, ce qui les rend encore plus désirables.

Pour les ramasser, mieux vaut se munir d'une pince que d'une pelle, croyez-moi !

Je vous avoue qu'il y en a deux qui manquent encore à ma collection (je vous laisse deviner lesquelles ci-dessus) : j'espère que leurs propriétaires voudront bien m'excuser d'en avoir publié ici les images...

Mais je ne désespère pas : un jour je les aurai !
On peut toujours rêver...




samedi 28 septembre 2019

Filigranes : encore du nouveau !


  Ceux qui me lisent régulièrement savent que j'ai un faible pour les rares Semeuses imprimées sur le fameux papier filigrané de la papeterie Aussedat. J'en ai déjà parlé à plusieurs reprises ici.

  A défaut d'avoir retrouvé le timbre qui pourrait bien être la plus mythique des Semeuses, à savoir un 15 c. vert ligné qui deviendrait notre one cent magenta à nous français, je vous montre un nouvel exemplaire du 10 c. rose, mis en vente récemment :


  Il est ni plus ni moins joli que les autres.

Son filigrane nous montre les lettres "nec", ici vues à l'envers, du mot Annecy.

En revanche, le cachet oblitérant nous permet de déchiffrer l'année 1906 et le département des Bouches du Rhône : il était venu me narguer tout près de chez moi, le bougre !


*********

  J'en profite pour vous demander au passage si vous avez déjà vu ou entendu parler quelque part d'une autre Semeuse imprimée sur un papier filigrané.
Tout aussi rare.

Mais il s'agit d'un essai non dentelé du 35 c. Semeuse camée imprimé en bleu.
Il devrait donc ressembler à ça :


 Essai réalisé sur un papier vraisemblablement anglais, 
porteur en filigrane du monogramme du roi George V

Wikipédia nous montre ce royal monogramme :



  J'ai vu passer cet essai dans les années 80 : un bloc de 4 en vente + une paire dans une revue philatélique, mais hélas, les photos que j'en ai sont tellement mauvaises que je n'ose pas vous les montrer ! Surtout que l'on n'y voit même pas le filigrane !

J'aimerais bien le revoir un jour cet essai, et de plus prés !

MERCI de me contacter si vous en savez plus !
I
I
I
V

samedi 24 août 2019

Drôle de surcharge !


 Ce n'est pas tous les jours qu'on tombe sur quelque chose de jamais vu !
Surtout en philatélie, à propos de nos chères Semeuses, étudiées en long en large et en travers depuis plus d'un siècle par beaucoup d'amateurs, de collectionneurs, et de chercheurs...

Alors, forcément, on se met à douter : ne serait-on pas plutôt face à une arnaque ou un bidouillage pour piéger un collectionneur ?
On hésite à acheter...
Surtout s'il s'agit d'une surcharge, bien trop facile à créer ou à imiter !
On a envie de demander l'avis d'un expert, mais lequel ?
C'est bien beau, mais de toute façon, je ne vois pas comment un expert pourrait se prononcer au sujet de quelque chose dont personne n'a jamais entendu parler.

Dans le cas qui nous intéresse, même une datation au carbone 14 ne serait d'aucune aide !

Après tout, s'il s'agit vraiment d'une découverte, il faut bien qu'il y ait un premier qui se décide à en parler ! Alors, je me lance : aujourd'hui, ce sera moi.

Sauf bien entendu si l'un d'entre vous possède une pièce similaire 
à celles dont nous allons parler, ou bien en a déjà vu 
ou entendu parler. Dans ce cas, je serai infiniment reconnaissant 
s'il avait l'amabilité de me contacter, et de me faire part de ses remarques.

*****

L'objet du litige concerne un "vilain petit canard" : 


La Semeuse à 30 centimes orange YT 141.

  Personnellement, moi, je ne la trouve pas moins jolie ni plus moche que les autres, même si sa couleur ressort assez faiblement à cause de la couleur du papier. Mais il faut bien reconnaître qu'elle est assez peu intéressante, même si elle n'est pas courante. 
Elle n'a existé qu'en feuilles de 150, imprimées à plat de 1907 à 1920, donc avec un seul type. 
Sa raison d'être, c'étaient les pneumatiques ou bien les compléments d'affranchissements.
On rencontre curieusement assez peu de variétés sur cette valeur. 
Pendant la guerre, le papier G.C. rendait parfois l'effigie presque invisible, comme sur cette feuille :


*****

Alors, vous imaginez combien ma surprise fut grande 
lorsque je suis tombé sur ces deux courriers :


Quelle drôle d'idée de surcharger 5 c. cette Semeuse orange à 30 c. !

  Aussi bien la carte postale que l'enveloppe pour un imprimé me semblent bien authentiques, d'époque et au tarif ! On pourrait même les qualifier de "natures" ou "dans leur jus".

Elles ont l'air d'avoir circulé normalement. 
L'enveloppe a été postée en Ille-et-Vilaine le 27.10.1922 (pas réussi à deviner la ville : Rennes ?) pour arriver à Dinan le lendemain, alors que la carte est partie du Havre un an plus tard, le 13.10.1923.

L'écriture n'est pas la même, pas plus que le bureau de départ.

Donc, je me demande bien pourquoi, à l'époque, dans le Nord-Ouest de notre beau pays, on se serait amusé à gaspiller respectivement 25 et 50 centimes pour envoyer son courrier. 
C'était une somme tout de même !

  Vous me répondrez que tout est peut-être bien bidon ! 
Et vous auriez peut-être bien raison !

Sauf que... 

Cette période correspond assez bien à la fin de la vie du 30 centimes orange, et au début de celle du 5 centimes de la même couleur : 

Alors ? Ne pourrait-on pas imaginer raisonnablement un postier un peu farfelu qui aurait manqué de timbres à 5 c. et qui aurait eu envie de se débarrasser de son stock de timbres à 30 c. dont la couleur ne correspondait plus à son usage ?
Un petit malin qui en aurait surchargé quelques uns, tout seul dans son coin, pour voir, même si c'était  absolument interdit. Il ne serait pas le premier à bidouiller !...

Vous en pensez quoi, vous ?

On sait qu'à cette époque les changements de tarifs, de couleur et de valeur faciale des timbres faisaient parler d'eux :


Et par ailleurs, dans "Le Matin" du 18.07.1922, on parle même de notre Semeuse surchargée : c'est bien le seul endroit où en en a parlé à mon avis :


Non seulement on peut y voir en photo 
un 4ème exemplaire de ce timbre surchargé,
mais cela nous permet aussi d'affirmer, au moins, qu'ils sont d'époque.

A défaut d'être d'origine strictement postale...

Qui sait ? On découvrira peut-être un jour un document officiel 
autorisant et authentifiant cette fameuse surcharge ?

Ou d’autres exemplaires ?

Et merci aux amateurs pour les documents communiqués !