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samedi 14 avril 2018

La Semeuse au pays de l'or noir


  Vous ne trouvez pas qu'on dirait la couverture d'un album des aventures de Tintin ?


  Vous savez bien que j'adore les courriers qui ont permis à notre Semeuse de faire le tour de la planète, surtout la bleue à 25 c. puisque c'était elle qui pendant longtemps a permis de s'acquitter du bon tarif pour l'étranger. Seule ou en paires, blocs, ou bandes, on la trouve souvent.

Plus la destination est lointaine et originale, plus ça me plait.
Et si en plus, le trajet est compliqué, ou si il y a un retour à l'envoyeur, alors là c'est le top !

  Prenons par exemple la Syrie ou l'Irak puisqu'on en parle hélas beaucoup ces temps-ci.
A l'époque, j'imagine que les français n'écrivaient pas tous les jours vers ces pays-là.
Mais au moins leurs lettres arrivaient à destination !
Quelques unes d'entre elles ont même été conservées depuis un siècle, pour mon plus grand plaisir.

En quelques jours celle-ci n'a fait que traverser la méditerranée :


 En quelques semaines, celle-là a un peu plus bourlingué.
Passer par Bombay, forcément, ça rallonge :


Pour arriver jusqu'à Téhéran, celle-ci a mis 17 jours, fin 1909, en passant par la Russie :


Alors qu'il a fallu 6 semaines à celle-là en 1921 :


Mais dans tous les cas, l'expéditeur n'aura jamais payé que 25 centimes.

Alors, vous comprendrez que la mise en vente de cette jolie lettre ait attiré mon attention :


Non seulement je n'en avais pas encore trouvé pour Bagdad, mais en plus, elle est affranchie avec 6 semeuses, pour un total de 1 franc 50 : une fortune en 1924 !

Le trajet entre Versailles et Bagdad ne lui a pris que 9 jours.

Visiblement, l'expéditeur était anglais, et il avait volontairement choisi de payer cher pour que sa lettre arrive vite à destination, d'où la mention manuscrite :

"By overland mail  Haifa - Baghdad"

Par voie terrestre, si on traduit en bon français, cela semble logique et le plus rapide lorsqu'on regarde une carte de la région :


Mais pas forcément le plus simple !
C'est ce que j'ai appris grâce à quelques recherches sur internet.
Traverser ces régions ces déserts en 1924 devait être risqué.
Une vraie expédition de +/- 900 Km, avec les moyens "de l'époque".
Tout ça pour acheminer plus vite du courrier !


 Tintin lui-même aurait hésité !

Les anglais furent à l'origine de ce service postal spécial, instauré quelques mois avant ma lettre, et la France s'y est associée.


  Depuis le 1er avril 1924, le tarif de la lettre pour l'étranger était de 75 c. et ma lettre aurait donc dû être affranchie à 1 f. 75, avec 7 semeuses, mais je n'en veux pas trop au postier qui s'est foutu dedans...

Versailles - Marseille en train, puis le bateau vers Port Saïd, le train à nouveau vers Haïfa, puis ces fameuses automobiles pour traverser le désert jusqu'à Bagdad !

 Un sacré voyage, et quel dépaysement !

Fantastique, même à ce prix-là, ne trouvez-vous pas ?
Le tout en 9 jours !


Vous me direz que mon autre lettre, celle de 1909, n'avait mis que 17 jours pour effectuer le même trajet, via Moscou, et quinze ans plus tôt.

Mais on n'arrête pas le progrès !...

Essayez donc aujourd'hui, pour voir si l'avion fait mieux...


Je ne saurais trop vous engager à visiter les sites suivants, à qui j'ai emprunté quelques images, beaucoup de renseignements, et plein de rêve :

Page sur l'overland mail iraquien

Site en anglais sur l'overland desert mail

Une magnifique illustration de l'académie de philatélie


samedi 10 mars 2018

Un nouveau venu !


  En février 2015, j'avais eu le plaisir de vous conter ici ma rencontre avec la Semeuse à 5 c. verte, YT n°137, imprimée sur une feuille de papier filigrané.


Cela reste pour moi un souvenir extraordinaire, une grande joie. 
Un peu comme si un amateur de la peinture de la Renaissance
tombait un jour dans une brocante, 
sur une deuxième version de la Joconde !

  Vous vous souvenez que le fameux filigrane du fabriquant de papier Aussedat à Annecy apparaissait sur le bord inférieur d'une feuille, probablement imprimée au début de 1907.

Et d'ailleurs, très vraisemblablement unique ce bas de feuille.
Comme Mona Lisa.

  On n'a jamais vu depuis plus d'un siècle, aucun 137 porteur de ce filigrane.
Une seule feuille a dû exister à mon avis, et il y a fort peu de chances pour qu'un petit malin ait non seulement remarqué ce filigrane, mais surtout qu'il ait décidé de ne pas utiliser les timbres, et de ne pas les détacher de leur marge qui en fait toute la rareté !..

  Mais sait-on jamais ? Un album quelque part recèle peut-être dans ses pages, sans le savoir, une banale Semeuse 137 attenante à son bord de feuille filigrané : on peut encore y rêver !

Il est aussi possible que le filigrane se répète plusieurs fois sur une même feuille, et qu'on le découvre un jour au dos d'un 137.
Cela mériterait une Annonciation !
A propos, si vous passez par Firenze, ne ratez pas celle-ci :


  Le nouveau venu est rose comme un petit Jésus, sa valeur faciale de 10 c. et son fond est ligné : c'est un YT n°129.
Un exemplaire s'est vendu ces jours-ci dans une vente parisienne.
C'est seulement le quatrième que je vois passer. Tous sont oblitérés.
C'est celui situé le plus à droite sur l'image qui suit.


Oblitéré d'octobre 1906 ou 1908 : au fait, qu'en pensez-vous ?




  On le connait un peu mieux, ce 129, car il a eu la chance, lui, d'être imprimé sur une feuille de papier également filigrané mais pas dans la marge, ce qui fait que quelques heureux philatélistes ont pu repérer ces timbres, devenus depuis de vrais trésors philatéliques eux aussi.

  Quelques feuilles de ce papier seulement ont été utilisées, probablement à la fin de 1906.
Mais de grands auteurs en ont décrit deux versions : l'une avec l'inscription du filigrane située horizontalement par rapport au timbres, et l'autre verticalement.

C'est le fournisseur du papier qui devait à mon avis couper les feuilles au bon format (destiné à donner deux demi-feuilles de 150 timbres), avant de les livrer à l'atelier de contrôle. Et il ne devait pas faire attention à la position du filigrane.

  Personnellement, je n'ai jamais vu la version verticale, mais je crois pouvoir affirmer qu'il a existé au moins deux feuilles avec la version horizontale.

Comme le montre notre image, on peut lire le filigrane au dos de ces timbres :
-soit de gauche à droite (pour les 2 premiers, qui se tenaient à l'origine),
-soit de droite à gauche (pour les 2 autres, certainement voisins eux-aussi).

  Ceux qui savent que Léonard de Vinci écrivait ses textes de la droite vers la gauche, et qu'il fallait les lire dans un miroir, comprendront mieux à présent mon analogie avec la Joconde...

Ceci prouve en tout cas l'existence d'au moins deux feuilles.
Mais combien de timbres avec filigrane ?
Et combien en reste t'il après toutes ces années ?
Nul ne le sait, mais certainement pas bézef comme on dit vulgairement !

  A mon avis pas plus que d’œuvres de Léonard... La dernière connue entre des mains privées a été vendue récemment aux enchères par un russe, pour 450 millions de dollars, et devrait finir ses jours à l'ombre du musée du Louvre d'Abou Dhabi !


Et dire qu'on n'est même pas certain qu'elle soit de Léonard...
Le russe en question l'avait payée 127 millions en 2013 : on peut dire qu'il a un sacré sens des affaires, en plus de la chance d'être milliardaire !

  Mais que dire de celui qui aurait acheté en 1906-1907 une Semeuse sur papier filigrané, verte ou rouge pour 5 ou 10 centimes, qui l'aurait rangée dans un coin, et dont les enfants ou petits enfants me la revendraient aujourd'hui ?...



vendredi 2 mars 2018

Trouvaille : y'en a qui ont de la chance, mais pas moi !


  Vous vous souvenez peut-être d'une malédiction qui me poursuit, dont je vous avais parlé ici en septembre 2016.

Pire que celle de la tombe de Toutankhamon !
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mal%C3%A9diction_du_pharaon

Et bien, figurez vous qu'elle s’acharne sur moi !

  Depuis plusieurs décennies que je me passionne pour la Semeuse, je croise de temps en temps un type de document que je rêve de pouvoir incorporer un jour à ma collection : il s'agit de lettres publicitaires vendues avec une ristourne, et pré affranchies avec un 10 c. rouge, qui se trouve être perforé (pour éviter que les utilisateurs s'en servent sans les publicités qui l'accompagnent).

La lettre à 5 centimes : on en connaissait deux variantes. Visibles là, tout en bas :
http://www.semeuse.com/138_entiers.html

 A trois reprises déjà, lors de ventes publiques, mes offres ont été dépassées. Une fois, j'avais remporté la mise, mais le vendeur a soi disant perdu la lettre qui devait me revenir, et du coup, je ne l'ai jamais eue !

Et qui plus est, un jour, j'ai eu la chance d'en trouver juste un fragment, comme pour me donner encore plus envie !...

  Comment ai-je pu rater sur internet la dernière en date, alors que je fouille régulièrement parmi tout ce qui concerne la Semeuse ? Je ne me l'explique pas.

Je ne l'ai trouvée qu'après qu'elle ait été vendue !
Comme un fait exprès, pour mieux la regretter !
J'aurais très bien pu ne jamais la trouver, mais non : je l'ai vu et à présent elle me manque !

La voici :

NB :
je m'autorise à vous la montrer sans l’autorisation de son propriétaire, en espérant qu'il ne m'en voudra pas trop ! Et puis, s'il m'en veut trop, il n'a qu'à me la revendre !

Il s'agit d'une troisième version, inconnue jusque là !
La v'là la trouvaille !

J'ai essayé par tous les moyens de contacter son acheteur, pour au moins en obtenir une image correcte, mais là encore sans succès !
Aucune réponse !
Je vous dis que je suis maudit !...

SVP, 
Please, 
Perfavore,
faites-moi signe si vous en croisez une ! 

vendredi 23 février 2018

La Semeuse autour du monde !


  Ça me trottait dans la tête depuis de longues années...

  Et puis, un correspondant m'a permis de trouver un joli planisphère sur internet (et oui... c'est bien un nom masculin !).

  Du coup, je me suis lancé : j'avais envie de marquer sur une même carte toutes les villes étrangères vers lesquelles j'ai dans ma collection au moins une lettre, affranchie bien entendu avec notre Semeuse.

  Vous vous doutez bien que les destinations les plus originales ou les plus lointaines sont mes préférées : les petites villes à l'autre bout de la planète, celles où les habitants correspondant avec la France sont rares, celles d'où le courrier ne revenait qu'exceptionnellement...

  Le résultat est assez amusant : les capitales et les ports prédominent largement, ce qui est logique, puisque c'est là que l'on trouvait les commerçants, les voyageurs, les entreprises.

  Evidemment, il y a de très vastes zones restées vierges, en Russie, en Afrique, et en Amérique.
Vous vous doutez bien que si vous avez des courriers vers ces régions -là, cela m'intéresse.

  C'est aussi l'occasion de réviser sa géographie : mieux que les leçons de notre enfance, si vite oubliées ! J'ai appris des tas de choses en faisant ça !

Pour des raisons de lisibilité, je vous ai partagé en trois mon planisphère :




  Mes favorites : Kerguelen, les îles Tonga, les Malouines, les Moluques, Tahiti : ça fait rêver !

Et celle que je regrette le plus, déjà ratée à 2 reprises : une lettre postée par un gendarme d'Atuona sur l'île d'Hiva Hoa. C'est là que reposent Paul Gauguin et Jacques Brel :

...aux Marquiiiiiiiiiiiiiiiiiiises !



J'ai même contacté par internet la gendarmerie en question pour voir s'il ne leur restait pas du vieux courrier : sans succès hélas !

Si jamais vous croisez cette lettre, faites-moi signe SVP !

mardi 30 janvier 2018

Coïncidence ?


  Nous avions vu qu'en 1923-24, un petit malin avait eu l'idée géniale de faire figurer des publicités commerciales juste à côté de nos timbres préférés, vendus sous la forme de carnets : celles-ci étaient imprimés en même temps que les timbres et avec la même encre, donc toujours de la même couleur.

  Le but était que les utilisateurs les collent sur leur courrier, et que le message ainsi véhiculé fasse connaître à travers le monde entier les produits de tous ces annonceurs avant-gardistes, qui payaient pour que leurs marques figurent dans les millions de carnets que vendait la poste.
Alors qu'auparavant, seule la couverture des carnets comportait de la pub, et finissait le plus souvent à la poubelle !

  Les carnets ont vu à cette occasion leur hauteur passer de 60 à 72 mm : 2 timbres de 24 mm + des marges qui vont s'agrandir d'environ 6 à environ 12 mm (en haut et en bas).
Les feuilles imprimées à plat étaient composées de 120 timbres pour 6 carnets de 20 superposés verticalement, séparés par un intervalle correspondant à la hauteur d'une rangée de timbre = 24 mm exactement.
C'est cet intervalle qui devait être coupé 2 fois pour donner des carnets de 60 mm de haut, et qui ne sera plus coupé qu'une seule fois pour donner des carnets de 72 mm.
Mine de rien, c'était plus simple, et cela devait faire gagner un peu temps !

  Comme les premiers carnets grand format ne comportaient initialement pas de pub, il est logique de penser que c'est la poste qui a voulu simplifier leur fabrication, et que c'est ensuite que le petit malin en question a eu l'idée d'y associer de la pub.

Mais peut-être qu'il était vraiment très malin, et qu'il a su jouer de son influence pour faire part de son idée géniale à la poste en lui suggérant de faire des carnets + grands, et donc de faire plus + de place pour les pubs ? Car c'est lui qui s'occupait déjà des contrats pour les publicités des couvertures : sacré Carlos Courmont !
***************

  Au bout de quelques années, le succès rencontré par ces carnets publicitaires aidant, d'autres petits malins ont eu l'idée de se servir pareillement des marges des timbres vendus sous forme de feuilles de 100 cette fois-ci, pour y faire figurer leurs publicités.

Mais eux n'étaient pas aussi bien introduits auprès de la poste, et ont dû se débrouiller tout seuls pour imprimer leurs propres pubs !
Du coup, pas avec la même encre, et souvent en noir, comme nous l'avons vu pour AIGLON.

  Les philatélistes fétichistes de pieds et de dents connaissent par exemple les célèbres pubs PHILOPODE et JANIPOLINE, initiatives privées qui semblent dater de 1929.

Mais s'ils sont comme moi fanatique de la Semeuse, ils ont dû remarquer comme moi la curieuse coïncidence qui nous vaut le titre de cet article...


  Commençons par les carnets Philopode :
C'est le laboratoire Freydier de Montpellier qui fabriquait depuis longtemps un onguent destiné à préserver les pieds en bon états, très apprécié surtout pendant la guerre par nos soldats, victimes des marches forcées et de tranchées humides. D'où ce fantassin :



  Eux ont eu l'idée, non seulement d'imprimer leur publicité sur les bords de simples feuilles de timbres, mais encore de les regrouper dans de jolis petits carnets cartonnés, qu'ils distribuèrent gratuitement aux pharmaciens.
Dedans : 4 timbres à 15, 25, ou 50 centimes, avec leurs bords de feuille.
On voit bien que leur inspiration venait avec les carnets officiels.

Certes, cela a dû leur coûter moins cher que de passer par Carlos, mais tout de même, l'investissement n'était pas négligeable !

Est-ce que la décision prise par la poste en août 1929 de ne plus émettre de carnets dits privés y serait pour quelque chose ? Ou bien n'est-ce qu'une coïncidence ?

On connait 4 couvertures différentes selon le semestre du calendrier, et selon l'année 1871 (erronée) ou 1875 de l'année de fondation du labo.

extérieur      intérieur

Pouvant contenir les 3 timbres suivants, tous au type Semeuse, achetés aux guichets :
-15 c. brun-lilas - tiré à 109 exemplaires (coût = 65,40 francs)
-25 c. brun-jaune - tiré à 662 exemplaires (coût = 662 francs)
-50 c. rouge - tiré à 2073 exemplaires (coût = 4146 francs) + le prix de revient des couvertures.

Ce qui, théoriquement pourrait déjà représenter 12 carnets différents ! On n'est pas certain que toutes les combinaisons existent. L'erreur 1871 ayant été corrigée, mais quand ?

Plus que 12 si l'on s'amuse à rechercher ceux dont la pub est imprimée sur le bord droit ou sur le bord gauche ! Et plus encore si l'on veut avoir un coin-daté !
Les pubs sont en revanche toujours de la même couleur brun orange.



Bref, il y a beaucoup de modèles.
Tous très appréciés par les philatélistes de l'époque, et donc aujourd'hui encore pas vraiment rares, même pour des tirages restreints. Peu ont été découpés, peu de timbres ont servi.

En revanche, si vous croisez ces timbres sur un courrier, faites-moi signe : ça c'est vraiment rare !

Lettre vue sur :
http://www.apn-philatelie.fr/index.php/forum/boite-a-idees/3-le-philopode

Et voici ce fameux onguent, trouvé sur :
http://www.alienor.org/collections-des-musees/fiche-objet-129208-onguent-notice-d-utilisation


+ la notice qui devait l'accompagner dans la poche de nos poilus !


Et divers documents très élogieux sur ses propriétés :



On trouve aussi d'autre "timbres" que le 10 c. rouge montré + haut, imprimés comme lui sur des enveloppes, entiers postaux repiqués. 
A croire qu'il y avait au moins autant de philatélistes que de pharmaciens dans ce laboratoire !...


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  L'autre exemple dont je voulais parler est celui de la marque JANIPOLINE :

  Mais là j'aurais beaucoup de mal à illustrer aussi joliment mon propos avec le produit dentifrice lui-même, ou bien avec des documents s'y rapportant : je n'en ai jamais trouvé la moindre trace !
Ce qui est assez incroyable à l'heure de Google !

Il est certes possible que la marque ait eu une existence très éphémère.
A moins qu'elle n'ait jamais existé ?...
Ne pourrait-il s'agir alors que d'une fabrication pour philatélistes ?
Qui sait ? J'attends la preuve du contraire.

La coïncidence est cependant frappante : les trois valeurs de Semeuse que l'on rencontre sont les mêmes que pour le Philopode ! Et la période est la même.

La plus courante, avec le 25 c. brun-jaune, est presque toujours vue avec ces pubs :


Alors que le 15 c. et encore plus le 50 c. sont vraiment difficiles à trouver.

Pour ces 2 valeurs, on ne voit jamais le modèle précédent de publicité, mais simplement les tarifs postaux de l'époque : rares tous les deux !


  Modèle que l'on doit pouvoir croiser également avec le 25 c. mais personnellement, je n'ai jamais eu cette chance ! C'est curieux !
Peut-être que l'un d'entre vous oui ?

  Dernière coïncidence : on n'en voit presque jamais non plus sur le courrier de l'époque, pas plus que l'autre !
Si jamais vous en croisez un, faites-moi signe...


  Celle-ci est à moi, mais j'ai quelques doutes sur son authenticité : j'ai en effet déjà croisé d'autres courriers un peu "bizarres" de cet Alfred Chauvin !...
Presque trop beau pour être vrai !...

Merci de bien vouloir me communiquer toute information 
complémentaire ou contradictoire !

vendredi 22 décembre 2017

AIGLON


  Non ! Ce n'est pas le roi de Rome qui nous intéresse ! 
Lui qui fut affublé à titre posthume de ce surnom rendu célèbre par une pièce d'Edmond Rostand.

  Même si jouer aux petits soldats sur les genoux de papa Buonaparte n'empêche pas d'être philatéliste par la suite... Mais l'Aiglon en question mourra hélas bien trop jeune à l'âge de 21 ans, pour voir naître les timbres-poste !

  Et non, ce n'est pas celui-ci non plus, dont l'éclosion en direct à la télé a ému l'Amérique  :


Remarquez au passage les similitudes entres les deux géniteurs : 
Même regard perçant, même nez, même mèche rebelle, même attitude protectrice !


Non ! 
L'Aiglon qui nous intéresse est une entreprise qui existe d'ailleurs encore de nos jours, 
créée en 1901 à Aubervilliers, et que son site internet décrit ainsi : 

Elle se place rapidement au premier rang de la fabrication des huiles blanches, graisses et vaselines pour diverses applications (automobile, moteurs industriels, industrie électrique, industrie textile, cimenteries, imprimerie,  petite métallurgie, produits pharmaceutiques et vétérinaires…). 
En 1921 Aiglon devient  la Société Anonyme de Raffinerie de Corps Gras de l'Aiglon (S.A.R.C.G.A ).


  Les collectionneurs de timbres semi-modernes connaissent son existence grâce à la publicité que l'entreprise a eu la bonne idée d’accoler à certains d'entre eux. Mais même les plus avancés ou hyper spécialisés auront bien du mal à en apprendre beaucoup à leur sujet ! 
Bien des questions se posent.
D'où cet article...

En quelle année sont apparues ces publicités ?
Sur quels timbres, et en quelle quantité ?
Pourquoi ne trouve t'on pratiquement que des isolés ?
Et pourquoi quasiment jamais sur des courriers ?
Ne serait-ce pas une production purement philatélique ?

J'espère que nos lecteurs sauront nous éclairer de leurs lumières, 
et qu'ils voudront bien nous montrer les jolies pièces de leurs collections !

  La logique voudrait que la première publicité AIGLON soit celle de ce joli carnet de porte-timbres, que l'on connait surtout avec une Semeuse 10 c. rouge :


...mais qui existe aussi avec le 5 c. vert au type Blanc. 
A moins qu'un petit malin ne se soit amusé à en changer les timbres...

  Ce carnet est en fait un livret particulièrement luxueux, sur lequel je vous conseille de jeter un œil sur le site de notre ami Philippe : http://www.semeuse.com/138_carnet.html  
Sans être rarissime, il n'est pas si courant que ça, et très beau.

  Il date en tout cas d'avant 1921, puisque l'entreprise ne s'appelle pas encore SARCGA. 
Le 5 c. vert Blanc et le 10 c. rouge Semeuse finissant leurs carrières au début des années 20, cela semble coller !

Curieusement, je n'en ai jamais rencontré sur lettre ou carte postale. 
Cela aurait pu nous donner de précieuses indications sur la période d'utilisation.

Et vous, en avez-vous vu ?

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 Ce qui colle moins, ce sont tous ces autres timbres, parfois bien plus tardifs, que l'on trouve parfois collés sur les même porte-timbres que ceux de ce carnet. 
 Peut-être que l'entreprise avait conservé des feuillets pour son usage, mais peut-être bien aussi que certains philatélistes mal intentionnés s'en sont donnés à cœur joie !...


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  Fin des années 20 - début des années 30 (en tout cas, c'est ce qu'il me semble, d'après les timbres concernés) la marque apparaît sur plusieurs valeurs, presque toutes imprimées en rotatif, située sur leurs bords de feuille ou bien sur leurs "marges" dites inter panneau, celle qui séparait verticalement la feuille de 100 en deux panneaux de 50.



  Voici pour vous faire une idée (et aussi pour vous faire un peu rêver) 
tous ceux que je connais au type Semeuse. 

YT numéros 139-140-159-189-190-191-192-197-199-235-237-253-254-préo 51

Mais n'imaginez pas pour autant qu'ils soient si courants : on les trouve assez difficilement. 
Leur tirage a même dû être assez restreint à mon avis.

On en connait aussi les suivants :
-Blanc 1 c. 2 c. 5 c. et 10 c.,
-Blanc 1/2 sur 1c., 
-Blanc 10 c. préoblitéré, 
-Pasteur 30 c. vert, et 1 f.50 surchargé Caisse d'Amortissement, 
-Jeanne d'Arc 50 c.

-et un seul qui provient des BDF du carnet Pasteur  10 c. vert YT 170, imprimé à plat !

  Certains n'étaient pas connus il y a peu, parmi ceux que je cite : les surchargés pour la Caisse d'Amortissement  YT 253, 254, et 255 notament. 
Je crois même que personne ne les avait jamais plus vus depuis le Docteur Braun, l'illustre amateur de publicitimbres.

Lorsque la "pub" se situe sur le BDF, on en connait ces deux variantes : POUR / LUXE


Pour les BDF du carnet Pasteur, il existe aussi "AIGLOLINE" mais c'est un cas particulier. L'impression est différente, un peu baveuse : méfiance !


Lorsqu'elle se situe sur l'inter panneau, on n'en connait qu'un modèle :


Dans tous les cas, elle se situe sur la gauche du timbre. 
Pourquoi ?
Probablement en raison d'un impératif technique de l'imprimeur.

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Mais attention aux faux : ces pubs ont attiré l'attention des faussaires !
Les imprimantes modernes peuvent nous tromper au premier abord, mais ne permettent pas d'atteindre la même qualité d’impression que pour les originaux, si on les observe de plus prés.


L'impression est alors beaucoup moins nette, parfois faite de points ou de tirets, 
et souvent baveuse sur les bords des caractères.

Ces falsifications sont encore plus trompeuses pour les BDF :


On trouve souvent ces fausses pubs sur la droite du timbre, et/ou attenantes à une paire.
Alors que ce n'est pas le cas pour les vrais (à ma connaissance).
Ce qui les rend plus faciles à dépister...

faux

Je ne connais qu'un bloc de 4 coin de feuille du 199 avec les 2 pubs différentes sur son BDF, absolument authentique. Vue aussi une paire verticale avec 2 pubs inter panneau du 189.

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  Parfois, on trouve des oblitérés et j'en connais 3 : deux au type Blanc et un au type Pasteur, datés de 1932 et 1934.

  Et enfin, quelques uns, type Blanc, portent un cachet RETOUR A L'ENVOYEUR, comme ce magnifique exemple sur un journal de 1932, dont je remercie le propriétaire  :



Je suis preneur de tout renseignement complémentaire, 
et de toutes les images pouvant se rapporter à ces jolies publicités !

Votre avis m'intéresse !