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mercredi 28 avril 2010

Les difficiles débuts des coins datés




C'est au début de l'année 1922 que la première presse rotative destinée à l'atelier de fabrication des timbres-poste est utilisée en France.



L'utilisation de cette nouvelle technique révolutionnaire et prometteuse aura des débuts quelque peu mouvementés, mais comme ce mode d'impression va vite donner entière satisfaction, il sera peu à peu généralisé, et sans cesse perfectionné, pour supplanter à terme définitivement la typographie à plat, jusque là utilisée depuis nos tout premiers timbres.




Il faut dire que nombre de manipulations fastidieuses et souvent manuelles seront ainsi évitées grâce à cette modernisation : jusque là, une fois imprimées les feuilles de 300 timbres, il fallait ensuite gommer le papier, puis les laisser sécher avec d'infinies précautions, puis les séparer en deux feuilles de 150, puis les perforer, les comptabiliser, les stocker...



Pour la fabrication des fameuses roulettes, il fallait même les découper en bandes verticales que l'on collait manuellement bout à bout, et une à une, avant de les enrouler et de les mettre en boîtes ! Les espoirs fondés sur cette nouvelle presse étaient donc bien grands...




Le papier utilisé arrivait déjà gommé, sous la forme de gros rouleaux adaptés à cette presse rotative : il n'y avait plus, après impression, qu'à perforer et séparer les feuilles, automatiquement numérotées.




Comme pour toute nouvelle technique, on procéda bien entendu à des essais, et il se trouve que le timbre choisi pour ces essais est au type Semeuse : il s'agit du 10 c. vert (Yvert 159), réservé aux imprimés, et non pas du timbre destiné à l'époque à l'affranchissement de la lettre simple, qui nécessitait de bien plus gros tirages.



On était prudent en ce temps là du coté du boulevard Brune, et modeste ! On n'allait pas se lancer tête baissée dans une nouvelle technique pour la fabrication de millions de timbres.



Le 10 c. vert Semeuse restera longtemps le seul timbre imprimé ainsi.



Et en plus, on était économe, car il semble bien que le résultat de ces essais, une fois obtenu un résultat satisfaisant, c'est à dire les premières feuilles de timbres imprimées par une presse rotative (celle qui allait devenir la presse 1) ont bel et bien ensuite été mises en vente aux guichets de la Poste. Il n'y a pas de petites économies !




On s'accorde en effet à considérer les feuilles issues du premier cylindre A+A utilisé, comme des essais qui ont finalement été commercialisés. Ceci explique les défauts que l'on retrouve souvent sur ces timbres : défauts d'impression, de piquage, de dates, etc...



Enfin, quand je dis souvent.... Encore faut-il avoir la chance d'en trouver de nos jours !



Les images qui suivent vous en montrent quelques unes :



Timbres de la dernière rangée non dentelés (le piquage se faisait de bas en haut) issus d'une impression pourtant plus tardive : D+D datée du 12 juin 1922




Gros défaut d'impression sur le bas de feuille, et piquage peu à peu décalé vers la gauche





Impression sur un raccord de papier au sein de la bobine


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La nécessité d'un matériel d'impression spécifique est à l'origine du type spécifique de ces timbres : le type IB. Il a été fabriqué à partir du vieux poinçon du 10 c. qui était initialement de couleur rouge (Yvert n°138) et au type IA.



Celui-ci a été copié et retouché pour donner 4 galvanos de service de 50, qui ont dû pour la première fois être cintrés, c'est à dire courbés, puis assemblés pour donner un cylindre d'impression. Un tour de cylindre imprimait alors 2 feuilles de 100 timbres, séparées par les fameux parallélogrammes qui permettent depuis de distinguer les deux "planches" de A+A.

Comme cette presse 1 ne comportait qu'un cylindre et qu'un encrier, la date et les numéros des feuilles étaient imprimés par la même occasion, et se retrouvent donc de la même couleur que le timbre : c'est à dire en vert. De plus, il a fallu dégager à cet effet des évidements à gauche et à droite au sein de ces parallélogrammes, pour pouvoir y loger ces renseignements.


Toutes ces particularités font le charme de ces premières feuilles au type IB, et permettent de les reconnaître facilement.

Par la suite, dès 1923, les presses permettront d'éviter le travail que cela représentait de dégager ces emplacements, et d'imprimer la date et les numéros par dessus les parallélogrammes, en noir cette fois-ci, à l'aide d'un autre cylindre, afin qu'ils soient mieux visibles.
Un progrès de plus.

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La numérotation automatique des feuilles rotatives facilitait la comptabilité qui était auparavant manuelle.

Les feuilles impaires correspondaient à un des deux A, et les feuilles paires à l'autre, chacune pouvant être identifiée par l'aspect différent de ses parallélogrammes.

Toute l'étude des coins datés en découle.

Par la suite, l'atelier ajoutera même des marques distinctives sur ces parallélogrammes, différentes pour chacune des deux feuilles d'un cylindre.


Les premières marques sont apparues en juin 1924 avec le timbre à 85 c. rouge Semeuse lignée, mais elles seront d'abord visibles au niveau du coin inférieur gauche.
Les voici d'ailleurs :



Ce n'est qu'en mars 1926 avec le 30 c. bleu Semeuse que ces marques seront visibles en bas à droite de la feuille, donc dans les coins datés, avec le tirage H+J.



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Du fait des nombreuses feuilles défectueuses, il arrivait souvent, que dans un paquet de cent feuilles, on soit obligé d'en rejeter quelques unes fautées. Une feuille de remplacement était alors insérée dans le paquet, et, pour ne pas gêner la comptabilité, cette feuille de remplacement devait évidemment comporter le numéro de la feuille fautée qui avait été supprimée.


Pour ce faire, on annulait à la main, au composteur, le numéro imprimé et on le remplaçait par le numéro de la feuille qui avait été rejetée :

Avec l'amélioration de la maîtrise de cette nouvelle technique, les feuilles fautées sont devenues par la suite plus rares, mais cela arrivait malgré tout parfois, et il est donc possible de trouver de tels coins de feuilles inférieurs gauches re-numérotés pour tous les autres timbres rotatifs.

Il arrivait même qu'une feuille déja re-numérotée doivent remplacer à nouveau une autre feuille fautée, et se retrouve donc être re-re-numérotée !


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Les coins datés, et encore plus les feuilles entières, de ces premiers tirages rotatifs sont fort rares : on ne connaît que trois jours à ce fameux tirage A+A, la première date étant le samedi 4 mars 1922, date mythique pour tout collectionneur de coins datés !

Le 7 et le 24 mars complètent ce tirage, mais le 24 a le chiffre 4 imprimé à sec.

En plus de 35 ans de philatélie, je n'ai jamais trouvé de coin daté de ce tirage !
Si vous en voyez un un jour, vous savez à présent à qui vous pourriez le vendre...

En revanche, j'ai vu se négocier deux feuilles entières. J'ai bien entendu sauté immédiatement sur la première, mais malheureusement raté la seconde. Le vendeur (célèbre organisateur de VSO de la rue Drouot) en ignorait d'ailleurs la rareté !

L'acheteur non, hélas pour moi...

Au total, on en connait quatre en tout et pour tout. Et vous avez la grande chance d'en trouver trois ici réunies pour la première fois, la quatrième serait au Musée Postal...
Cela illustre à merveille les fastidieuses explications données plus haut.


On remarquera l'absence de numéro de presse au niveau de l'interpanneau, inutile puisqu'il n'y en avait qu'une à l'époque ! Ainsi que l'absence des 3 futurs points de couleur situés à mi-hauteur.



Les deux dernières, photographiées en noir et blanc, ont en plus l'avantage d'avoir été imprimées consécutivement (numéros se suivant 85714 et 85715) et représentent donc un tour complet du cylindre A+A, ici en quelque sorte reconstitué après + de 88 ans de séparation....

A noter : toutes les trois sont des feuilles de remplacement, re-numérotées à la main.

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En espérant vous avoir donné envie de vous lancer dans la collection des coins datés, collection certes un peu passée de mode aujourd'hui, mais qui regorge de nombreuses merveilles à la portée de ceux qui savent les découvrir, et de tout un tas d'informations passionnantes et souvent méconnues sur nos amis les timbres.






























mercredi 17 février 2010

Du jamais vu au type Semeuse !

Depuis 1903, le moins que l'on puisse dire, c'est que les timbres au type Semeuse ont largement été collectionnés, et souvent très bien étudiés par beaucoup de grands philatélistes.

De nombreuses études très poussées ont été publiées, et les catalogues ont peu à peu répertorié à peu près tout ce que l'on peut trouver comme types, présentations ou variétés.

Tout ou presque...

Les découvertes se font donc de plus en plus exceptionnelles.

En voici pourtant une, et une belle comme l'on dit à Marseille ! ou à Marseillan !




Un domaine restait cependant, et jusqu'il y a peu, assez méconnu : celui des porte-timbres, ces petites vignettes, souvent publicitaires, qui ont supporté de nombreux timbres d'usage courant, dont nos chères Semeuses.

La récente parution (avec le dernier catalogue Yvert et Tellier) d'un fascicule les répertoriant enfin convenablement, devrait leur apporter un certain regain de popularité aux yeux des collectionneurs. En effet, ces porte-timbres illustrent à merveille une collection thématique, et sont le reflet d'une époque où la Semeuse régnait en maîtresse sur le courrier...



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C'est en 1906 que La Poste émit pour la première fois des carnets de timbres, mais ce n'est que bien plus tard qu'elle acceptera de leur adjoindre de la publicité.

En revanche, à partir de cette même année 1906, quelques ingénieuses entreprises ont eu la bonne idée de la devancer sur ce point, en se faisant fabriquer de très jolis carnets publicitaires de 6 porte-timbres utilisant les timbres courants du tarif intérieur à 10 centimes.

Le modèle de ces carnets est toujours un triptyque en papier cartonné rose, contenant 6 porte-timbres, parfois en plusieurs couleurs, et toujours très joliment illustré. Les couvertures étaient numérotées, et parfois identifiées par des lettres.


Ils étaient fabriqués par une entreprise Parisienne : "Le timbre-poste économique". La Poste tenta même de les faire interdire à cause du rabais consenti sur la vente de ses timbres !

Vous pourrez tous les admirer à loisir dans le magnifique ouvrage sur les carnets de nos amis Lucien Coutan et Patrick Reynaud, paru chez Yvert. Enfin presque tous devrais-je dire...


Il s'agit des 5 entreprises suivantes :

     -     La Belle Jardinière
     -     Le Manchon Hella
     -     Menthe pastille
     -     Un Mignon
     -     La Tisane du Laboureur.


C'est ainsi que l'on connait l'existence de nombreux porte-timbres et de rares carnets parvenus jusqu'à nous, avec le 10 c. rouge Semeuse lignée (YT 129), puis avec le 10 c. rouge Semeuse maigre (YT 135), puis avec le 10 c. rouge Semeuse camée (YT ).

Ces carnets ont eu un très joli succès, probablement aussi du fait de la réduction que ces entreprises proposaient à leurs clients en les vendant 50 ou 55 centimes, au lieu des 60 c. que les timbres représentaient !


Ils ont donc beaucoup servi pour l'affranchissement, mais ce n'est pas pour autant que les amateurs les trouvent facilement sur le courrier de l'époque plus de 100 ans plus tard : ils sont toujours assez recherchés, et les carnets sont même très rares !
Un seul carnet de La Tisane du Laboureur est connu à ce jour !
Prévoyez un budget de quelques milliers d'euros si vous en voyez passer un...


Mais voici enfin le motif de ce petit article, et aussi la justification de son titre :

Nous avons eu la chance de découvrir (et d'acheter par la même occasion) un de ces rares carnets vantant les bienfaits du vin apéritif Mignon.


A notre grande joie, ses porte-timbres sont cette fois-ci revêtus du 10 c. rouge Semeuse avec sol (YT 134) ! Ce carnet n'avait jamais été répertorié jusqu'à ce jour !
Ce timbre vient donc s'intercaler logiquement, et chronologiquement entre le 129 et le 135 que l'on connaissait déjà, comme le 138 pour cette entreprise de Marseillan.


Il porte cependant la signature d'un grand collectionneur qui fut de nos amis, mais à une époque où internet ne permettait pas la diffusion des informations comme aujourd'hui, et où les carnets de porte-timbres étaient bien moins connus : on en voyait même se vendre dans les ventes publiques, ce qui n'est hélas plus trop le cas...





En cherchant bien, à posteriori, auprès des amateurs de ces vignettes, on s'aperçoit que ce fameux n°134 avait déjà été vu sur des portes timbres d'une de ces entreprises (Hella en l'occurrence, comme sur les deux photos suivantes), mais en tout cas pas avec le vin Mignon, et surtout jamais en carnet !



Ce qui veut dire, vous l'aurez compris, qu'il doit donc peut-être encore exister quelque part un carnet de ces porte-timbres Hella (rouges ou bleus ?) avec le 134 comme timbre, et qu'il vous reste à le découvrir, avant nous !!!!

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Merci de nous signaler si vous avez, ou si vous avez déjà vu,
un de ces 134 sur un porte-timbre Mignon : nous sommes preneur.

mercredi 2 décembre 2009


Avis de recherche concernant un
Carnet des grands magasins du Louvre





Même si ce très joli carnet, qui est devenu au fil du temps une vedette incontestable pour tous les carnétistes, presque une chimère, est à présent fort bien connu et répertorié, peu de collectionneurs l’ont réellement vu de leurs yeux vu. Et peut-être ne l’ont-ils pas assez bien regardé, aussi étonnant que cela puisse paraître...
Je lance d’ailleurs aujourd’hui un appel à ceux d’entre vous qui ont eu cette chance.
Pourquoi ?
Parce que je me suis aperçu très récemment qu’il existait vraisemblablement deux modèles différents de ce rare carnet. Et personne jusqu’à ce jour ne s’en était inquiété !

Il est vrai que peu d’amateurs sont sérieusement concernés, que la documentation sur le sujet n’est pas très riche en photos de cet oiseau rare et insaisissable… Les ventes publiques non plus ne nous sont pas utiles : à ma connaissance, trois exemplaires seulement sont venus sur le marché depuis une trentaine d’année, dont un incomplet. Ajoutons que leurs heureux propriétaires ne les montrent pas toujours volontiers au premier venu, ce que l’on peut aisément comprendre.

Le récent et magnifique ouvrage spécialisé sur les carnets, paru chez Yvert et Tellier et fruit du travail de nos amis Lucien Coutan et Patrick Reynaud, nous a en tout cas déjà permis d’en approcher la date de naissance : une chose est sûre, l’impression a eu lieu en novembre 1924, probablement le mardi 18 pour être tout à fait précis.



Carnet bas de feuille de 10 timbres - 140 C14


Date d’impression apparente. La découpe de ce bas de feuille ne nous laisse pas en deviner davantage, hélas.

Les plus observateurs auront certainement eu l’occasion de remarquer que les « pubs » de ce carnet de 10 timbres sont en tous points semblables à celles figurant sur le panneau DE GAUCHE des carnets de 20 timbres, et non à celles du panneau de droite, ce qui est déjà assez curieux en soi !

Pourquoi, lors de la fabrication de la planche ayant servi à son impression, aurait-on choisi le panneau de gauche plutôt que le panneau de droite, et pourquoi pas alternativement les deux ? A moins que la fabrication du carnet de 10 n’ait précédé celle du carnet de 20 ?
Le mystère persiste…

Le bon à tirer conservé au musée postal, correspond en effet au niveau des pubs, à ce que nous connaissions sur le carnet émis :

De plus, une note manuscrite « Novembre 1924 » y est visible, alors que le bon à tirer du carnet de 20 timbres porte lui la note « Novembre / Décembre 1924 », laissant penser que l’impression de ce dernier carnet est postérieure, mais rien n’est moins sûr...

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Carnet de 20 timbres – 140 C13


Tous les carnets de 20 comportent ces mêmes publicités au niveau de leur panneau de gauche (semblables à celles du carnet de 10 timbres)

Cette différence dans les pubs de leurs panneaux de gauche et de droite permettait d’ailleurs jusqu’à présent d’identifier certains isolés comme étant issus de l’un plutôt que de l’autre de ces carnets. Le premier étant, on l’a compris, bien plus rare que le second, ceci a son importance. Surtout lorsque, comme c’est mon cas, l’on se contenterait volontiers d’un simple isolé, à défaut de pouvoir s’offrir le carnet de 10 !
L’ouvrage du Docteur Braun décrivait très bien en son temps les différences repérables entre les différentes pubs des différentes cases.

Le cas des timbres des cases 5 et 10 de ce fameux carnet de 10, avec leur coin de feuille dont la dentelure s’interrompt dans la marge, leur permet de ne pas pouvoir être confondus avec aucun des timbres issus des carnets de 20 timbres.
Les illustrations ci-dessous seront plus parlantes :


Cases 5 et 10 du carnet de 10 (avec le BDF de droite)


Cases 5 et 15 du carnet de 20
(avec l’inter-panneau dentelé)

Si vous trouvez un jour un timbre de ces cases 5 ou 10, ou alors un bloc, ou même un carnet entier, je suis preneur, vous l’aurez compris !

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Connaissant à présent comme moi cette particularité, vous verrez d’un autre œil les deux panneaux de droite mis en vente récemment : un seul est vraiment rarissime.
Vous le reconnaissez ?
Carnet de 10


Carnet de 20

Il est vrai que la différence saute aux yeux, surtout lorsqu’ils sont cote à cote.
Le premier s’est-il mieux vendu que le second, pour un même prix de départ ? Et bien non ! Exactement le même prix, à l'euro près !!
Le vendeur décrivait même le second comme étant plus rare, du fait d’une impression floue, qui est en réalité très courante pour ce timbre !


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Mais ce n’est pas tout : nouveau rebondissement dans cette affaire ces derniers jours !
Surprise : en fouillant dans mes archives, ne voilà t’il pas que je retrouve une vieille photo d’un autre carnet de 10 ?
Et figurez-vous que celui-ci (et lui seul) ne comporte pas les pubs que nous connaissions, mais bel et bien celles semblables au panneau DE DROITE du carnet de 20 !!!


Seul carnet connu à ce jour avec ce type de publicités
( ni bas ni haut de feuille, et perdu de vue depuis 1970 )


Ce que l’on croyait jusqu’à ce jour est à priori faux : il semble donc exister non pas un, mais deux modèles différents de pubs pour encadrer les timbres de cet illustre carnet !

C’est à la recherche de ce dernier type de carnet que je vous demande de participer.

Constatons que la description faite un peu plus haut au sujet des cases 5 et 10 n’est ici plus valable, mais elle le reste pour les carnets de 10 timbres « classiques ».

Et, enfin, comme me l’a si bien fait remarquer un ami, amateur éclairé :
« Tant pis pour toi ! A présent il ne te manque pas un, mais deux carnets de 10 du Louvre !..»

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Nous avons déjà vu plus haut que cette découverte ne pouvait en aucun cas concerner le bas de feuille, ce que viennent confirmer les deux carnets suivants :




2ème carnet bas de feuille (perdu de vue depuis 1987)




3ème carnet bas de feuille (vu en couverture de l’ouvrage de Mr Teissier)



Il ne peut pas s’agir non plus du haut de la feuille, puisque le suivant est lui aussi au « type classique » :


Seul carnet haut de feuille connu à ce jour ( BDF supérieur non dentelé )

Cela ne concerne pas non plus TOUS les carnets intermédiaires de la planche (qui sont au nombre de quatre puisque la planche imprimait 6 carnets), car ce dernier exemple, au type « classique » n’est ni un bas, ni un haut de feuille :



Dernier carnet, hélas toujours retenu en otage par son propriétaire !

Tout ceci explique certainement que personne ne se soit aperçu de cela depuis 85 ans !
A moins qu’il ne s’agisse d’un inexplicable photomontage de l’époque,
car il est vrai que je n’ai jamais pu voir le carnet en question moi-même.

Peut-être que l’un de nos lecteurs pourra nous en dire plus ?...

Je ne vous cache pas mon plaisir de faire partager ma chance d’avoir pu admirer de près ou de loin ces carnets, virtuellement réunis ici pour la première fois : ce sont, à mon avis, les 6 seuls carnets de 10 timbres connus. Sauf si l’un d’entre vous en cache un… Et j’adresse bien entendu un immense MERCI aux heureux propriétaires pour leur aide si précieuse !



vendredi 19 juin 2009

Pourquoi collectionner les millésimes ?

Tout d'abord parce que c'est une jolie présentation pour les timbres, encadrant fièrement leur année de naissance.

Parce qu'on en trouve facilement, et à tous les prix.
Ou bien on ne les trouve jamais, pour certains !
Ensuite parce que le mot est joli, évoquant aussi bien le plaisir des grands crus de nos vignobles, que la récente chanson de Pascal Obispo.
Parce que la plupart des timbres au type Semeuse ont été imprimés plusieurs années durant, et que l'on peut ainsi retracer leur vie : changements de papier, ou bien d'encre avec une infinie palette de nuances possibles, et même apparition de nouveaux types plus ou moins rares.
Et aussi parce qu'il existe de vraies raretés, qui ne sont d'ailleurs pas forcément celles que l'on croit, si l'on se fie uniquement aux cours des catalogues ou au aux prix du marché.

Quelques exemples :
Il existe deux types du 35 centimes violet avec inscriptions maigres, connu sous le numéro 136.
Tous deux n'ont été imprimés qu'en 1906, donc : même millésime 6.

La distinction type I / type II n'est pas toujours facile, mais reste primordiale pour le collectionneur : l'un est très rare, alors que l'autre se trouve facilement chez la plupart des négociants (bien qu'il faille le payer assez cher quand même) !!!

Pourquoi ?
Parce que le premier tirage a été infiniment plus court, que le second !!!
Comme le dessin du type I ne donnait pas satisfaction, on a arrêté sa fabrication, procédé à des retouches, et ensuite imprimé le type II, un peu plus réussi.

La largeur du pont fait toute la différence : il s'agit de la distance séparant les deux timbres (cases 15 et 16) situés de chaque coté du millésime.


Le type I a un pont bien plus large que le type II. Peu de gens le savent, attention !!!



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Avec un peu de chance et quelques efforts, vous trouverez sûrement de jolies variétés de papier, dont voici les deux extrêmes :

Le fameux papier X, d'excellente qualité, avec sa gomme striée reconnaissable, qui a été utilisé ici en 1915 :

(stries que l'on aperçoit au recto parfois)

Et le non moins célèbre papier G.C. (pour Grande Consommation) utilisé en période de restriction pendant la guerre, entre 1916 et 1920, donc de bien moindre qualité. Il en existe beaucoup de nuances.


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La largeur du pont, le type de papier, ou bien encore celui du timbre, permet aussi parfois très utilement pour certains timbres, de faire la distinction entre deux millésimes imprimés à 10 ans d'intervalle : rien ne ressemble autant à un 8 de 1908 qu'un 8 de 1918...

Regardez à présent attentivement ces 3 millésimes : ils sont bien plus différents qu'il n'y paraît à première vue !

Celui-ci est de 1913, au type I A

Celui-là est de 1923, toujours au type I A : le pont est + étroit.

Alors que ce dernier est lui aussi de 1923, mais au type III A, qui est bien plus rare, et provenant d'un poinçon tout à fait différent (remarquez la base du 2 épaisse).
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Parfois, le millésime vient à manquer : et c'est assez rare, voire même exceptionnel !
Surtout pour certains dont on ne connaît qu'un seul exemplaire !!!

Je les ai tous vus, mais en photographie seulement pour certains, hélas inabordables...


Le 5 centimes vert sans millésime se trouve encore, lui...

Mais attention, il existe un piège : pour le 10 centimes Semeuse avec sol, l'absence de millésime est la normale pour le premier tirage, alors que le second tirage comportera bien le 6 de 1906. Nous verrons un jour pourquoi...


A ma connaissance, l'absence de millésime peut se rencontrer pour les timbres suivants :

- 130 - 134 - 135 - 137 - 138 - 140 - 158 -

et peut-être d'autres, encore à découvrir...












jeudi 18 juin 2009

Généralités sur l'impression des timbres



En ce qui concerne les timbres au type Semeuse, deux modes d'impression typographique ont été utilisés :

- l'impression à plat

- les presses rotatives

Cette dernière, plus moderne n'est apparue qu'en 1922, et peu à peu prendra la place de la technique jusque là utilisée faute de mieux, depuis 1903.

Il a bien entendu existé une longue période de transition, durant laquelle les deux techniques étaient utilisées en même temps, période principalement occupée par nos timbres préférés, ce qui les rend si intéressants.



En effet, le changement de technique a nécessité une adaptation du matériel, et la création de nouveaux outils d'impression, très souvent à l'origine des différents types connus pour un même timbre : les différences étant visibles parfois uniquement à la loupe, et faisant tout le charme de ces timbres.

La passion de nombreux collectionneurs pour les timbres d'usage courant, comme pour le type Semeuse, ne saurait exister sans cette diversité exceptionnelle qui les caractérise : le record revient au 25 centimes bleu qui va compter jusqu'à sept types distincts ! Et ce n'est pas un hasard si c'est la Semeuse la plus collectionnée.

Pour chaque technique, à plat ou rotative, les différentes présentations connues se rencontrent :

- les feuilles ventes "normales"

- les carnets, et les feuilles préparées pour les carnets

- les bandes et les feuilles "de roulettes"


Cela commence à se compliquer... et ce n'est pas fini : ça promet !...

La connaissance de ces impératifs techniques et des différentes présentations possibles d'un même timbre, permet assez facilement de découvrir de belles pièces de collection, voire des pièces exceptionnelles, au détriment de ceux qui les ignorent (ce qui est encore le cas de nombreux commerçants et/ou philatélistes !).

Cela permet même de se passer de la loupe, parfois...

Voyons à présent ce qui caractérise

chaque présentation,

et ce que cela a donné pour les collectionneurs :



- les feuilles ventes à plat sont de 150 timbres et ont donné les millésimes, qui renseignent sur l'année d'impression. Les inscriptions figurant sur le bord inférieur de ces feuilles donnent aussi la date du jour, le mois, la presse, et une initiale du technicien responsable ! Ces inscriptions se situent à gauche, ou plus rarement à droite !




Voici une paire avec son millésime (1915)


- les feuilles ventes rotatives sont de 100 timbres et ont donné les coins datés, toujours situés en bas à droite, et sont numérotées en bas à gauche.


Ah oui ! j'avais oublié de vous dire qu'un tour de cylindre d'impression donne deux feuilles de 100 timbres,

et donc deux coins datés différents. Si, si ! regardez bien : ils sont différents !



- les carnets à plat peuvent parfois laisser voir les inscriptions du bas de leur feuille d'origine, à gauche. Ils comportent 10, 20, 30 ou 40 timbres. On les trouve avec ou sans publicité sur leurs couvertures, ou sur les marges.



Un joli carnet imprimé à plat, sans publicité (type IV)





Ici : la partie gauche d'un carnet à plat avec publicité, laissant voir la date du 29 août (1924),


carnet qui a été imprimé sur la presse 10 sous la surveillance de Monsieur S.



- les carnets rotatifs peuvent parfois laisser voir un numéro à gauche, et en ensuite même une date, à droite. Eux sont toujours de 20 timbres et existent avec ou sans publicité.



Un très rare carnet rotatif avec publicité et numéroté
(avec un isolé case 11 : les plus avertis apprécieront la rareté, alors que les autres devront attendre...)

- les feuilles "de roulettes" à plat sont de 150 timbres avec leurs millésimes reconnaissables, et leurs inscriptions du bas de feuille.

Tout millésime surmonté de deux rangées de timbres (ou plus) est issu d'une feuille "de roulettes" :

c'est à ça qu'on peut les reconnaître !


- les feuilles "de roulettes" rotatives sont de 100 timbres avec leurs coins datés situés sur la marge de gauche, comme leurs numéros cette fois-ci !


- les bandes "de roulettes" , parfois si rares, sont collectionnées par six ou onze timbres (ou même plus) mais leur identification rapide nécessite qu'il y ait plus de cinq timbres pour l'impression à plat, et plus de 10 timbres pour l'impression rotative. A moins que le type ne soit identifiable à l'unité, ce qui n'est pas souvent le cas, même avec une bonne loupe et les meilleures documentations que vous pourrez trouver !



Celle-ci est une merveille, la plus rare de toutes, et elle est accompagnée d'une bande de garde qui servait à emballer la bobine constituée ! N.B. elle a la valeur d'une Ferrari, pour les amateurs...


Vous comprendrez mieux pourquoi 6 ou 11 timbres, une fois que vous aurez vu une feuille vente "normale" à plat, et une rotative. En effet, à partir de ces feuilles "normales", on ne peut obtenir + qu'une bande verticale de cinq timbres pour l'impression à plat, et pas + de dix timbres pour l'impression rotative, tout simplement...


Ce fragment de feuille "normale" permet de comprendre qu'on ne peut pas en tirer mieux qu'une bande verticale de 5 timbres. D'autre part, il ne peut y avoir qu'une rangée de timbres au dessus du millésime.



Je vous avais prévenu, que cela allait se compliquer...
Vous imaginez tout ce que l'on peut s'amuser à collectionner : de quoi occuper toute une vie !
D'autant plus que chaque étape de la fabrication peut présenter un dysfonctionnement, et être à l'origine de belles variétés, très appréciées par les amateurs.

Pour ceux que les timbres de roulettes intéressent : allez vous émerveiller et profiter de l'érudition d'un spécialiste :
http://http://philatelie-roulette.blogspot.com/

mercredi 24 décembre 2008

Cachez ce sein que je ne saurais voir !

En 1906, l'administration des Postes a été secouée par une véritable et amusante polémique :
L'affaire du téton !

Le dessin original de la Semeuse par Oscar Roty avait donné naissance en 1903 aux timbres de la première série dite "Semeuse lignée", dont le chef de file correspondant au tarif de la lettre simple était le 15 centimes vert.
Timbre mythique, resté depuis dans les annales, car étant le premier au type Semeuse a avoir été émis, le 2 avril 1903.


Le changement des tarifs postaux ayant ramené quelques années plus tard à 10 centimes le coût de l'affranchissement de la lettre simple, et pour marquer le coup comme l'on dit, la Semeuse a dû perdre (pour plaire mieux) son fond ligné ainsi que son soleil, pour se retrouver les pieds bien sur terre, et la Semeuse avec sol a finalement été émise le 13 avril 1906 :



L'esthétique de ce timbre ne donna pas entière satisfaction, malgré deux tirages, et de légères retouches dont le but était de mieux faire ressortir la silhouette de notre chère Semeuse.
Il ne restera pas longtemps à la vente. Le ministre n'était pas content !

On tenta alors à tout prix de le satisfaire, allant même jusqu'à faire changer le soleil de place, c'est vous dire !...

On lui proposa un tout nouveau dessin, fort peu réussi d'ailleurs, et heureusement resté à l'état d'essai, faisant figurer le soleil non plus derrière, mais devant la Semeuse, afin que les ombres soient respectées. Ceci n'était pas le cas sur la Semeuse lignée, et avait déjà fait couler beaucoup d'encre ! Sans parler du fait qu'elle sème contre le vent, ce qui est déjà une aberration pour n'importe quel agriculteur !

Pour permettre au ministre de bien comparer, cette Semeuse avec soleil devant a été imprimée sur des feuilles mixtes, associée à celle qui reposait sur un sol (deux panneaux superposés de 50 timbres de chaque sorte), ce qui nous a laissé de très spectaculaires et assez rares paires verticales :





A noter que ces fameuses feuilles ont été imprimées dès le 7 avril, c'est à dire 6 jours seulement avant l'émission ! Il faut croire que la controverse battait alors son plein, et que les décisions se prenaient dans l'urgence à quelques jours du nouveau tarif... Ce qui n'est jamais bon, d'ailleurs.


Ce fut ensuite le sol qu'on a décidé de supprimer.
Ceci donna naissance (heureusement pour nous philatélistes) à de très rares essais, bizarrement appelés Semeuse avec sol sans le sol :


Le résultat était cette fois-ci assez convainquant, mais une chose contrariait encore les décideurs de l'époque : le téton qui dépasse !

En reluquant d'un peu plus près la poitrine de notre Semeuse, certains vicieux se sont en effet imaginés qu'elle semait torse nu (idée bien saugrenue), ou bien que son sein gauche s'était échappé de son corsage, pointant fièrement droit devant elle !



Même avec l'esprit mal tourné, il faut beaucoup d'imagination pour trouver la moindre ressemblance avec un bout de sein ! Ils ne devaient pas en voir tous les jours sur la plage à l'époque !
Il existe même dans les archives, un courrier officiellement offusqué du ministre, demandant la suppression de ce "téton" déshonorant pour notre effigie nationale !...

Un ministre étant un ministre, ce fut chose aussitôt faite : cet appendice qui n'était en fait que le haut du sac de graines, fut supprimé à son tour, et ne figurera plus jamais sur aucun timbre au type Semeuse non lignée, à partir de l'émission suivante dite Semeuse maigre :
Peu de philatélistes le savent, même s'ils passent des journées à regarder à la loupe des milliers de timbres au type Semeuse, depuis un siècle !



On imagine bien le pauvre graveur, sûrement sollicité dans l'urgence, en train de faire disparaître cette partie du poinçon, uniquement pour satisfaire les lubies ministérielles !

Cette dernière gravure, maigre, a elle aussi été retouchée dans l'urgence, d'ou deux types de timbres là encore : les premiers mis en vente paraissaient sans relief, et leur vente a dû être stoppée en catastrophe le jour même. Les seconds, retouchés et émis un peu plus tard, ne sont pourtant guère mieux !


Semeuse maigre !... Non pas qu'on lui ait, en plus de ça, imposé un régime, mais ainsi nommée car les inscriptions du timbre sont faites de caractères biens plus fins que sur les émissions suivantes. Emissions à partir de 1907 qui ont pu quant à elles, être désignées sous le terme de "Semeuse grasse" (ou Semeuse camée, ce que nous avons déjà vu).

Toute cette histoire (et ce n'est pas fini...) nous permet cependant d'apprécier le mal que se donnait alors La Poste pour créer un timbre ! Le succès et la longévité de notre Semeuse viennent probablement en partie de cette attention qu'on lui portait.


L'administration actuelle ferait bien de s'en inspirer, et de méditer sur les exemples, parfois comiques, que lui ont laissés ses prédécesseurs...