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vendredi 17 juillet 2026

Comme quoi...

 

  A force de chercher (et parfois trouver) ces petites variétés qui se reproduisent à la même case de certaines feuilles, il fallait bien que cela débouche sur une information assez importante, et surtout assez inédite. 

Le cas dont il va être question aujourd'hui n'a pas permis de découvrir un nouveau type, mais au contraire d'en faire disparaitre un auquel beaucoup croyaient depuis 1906. Ce n'est pas rien !

   La variété était identifiée depuis longtemps, mais il faut bien reconnaitre qu'elle est assez minuscule pour ne pas passionner les foules. Elle avait été vue sur une des Semeuses les plus courantes que l'on trouve facilement en blocs, panneaux ou même feuilles entières : le 10 c. rouge avec sol YT 134.

Ce timbre est bien connu puisqu'il a été émis et est vite devenu la star de l'époque à l'occasion de l'abaissement du tarif de la lettre simple pour l'intérieur de 15 à 10 centimes, ce qui fut un petit évènement. C'était également la première fois que la Semeuse perdait son fond ligné.

 Décidée dans l'urgence au début du mois d'avril 1906, sa fabrication est elle aussi assez remarquable : dans un premier temps, un seul galvano de 50 fut fabriqué et utilisé avec la technique que je vous ai déjà décrite d'impression "en aile de moulin". 

Sur une grande feuille classique prévue pour 300 timbres, on obtenait de cette façon seulement 2 panneaux de 50, et on gaspillait donc énormément. Les deux étant toujours situés en haut de feuille, avec une grande marge à droite. Comme celui-ci :


Par ailleurs, ce galvano ne comportait pas de millésime, ce qui en fait une exception, vite appréciée par les philatélistes. Nul ne sait pourquoi !

Le tirage aurait débuté le 10 avril d'après d'illustres auteurs que je ne saurais contredire. Ils avaient dû recueillir l'information à la source, auprès de l'atelier, car à l'évidence, on n'a jamais pu observer de bas de feuille, donc de date, pas plus que de millésime 6. Il n'en a jamais existé.

(Je vous avais montré un oblitéré de ce jour-là en septembre dernier)

   Il fallait donc que l'atelier juxtapose 3 de ces panneaux et les colle manuellement l'un à l'autre au niveau des marges horizontales, pour recréer une pseudo feuille de 150 au format habituel, et ne pas trop perturber les habitudes des guichetiers. Que de temps perdu !


Mais assez vite, une "vraie" planche fut fabriquée et permit d'imprimer, toujours avec la même technique "en aile de moulin" mais sans plus aucun gaspillage ni temps perdu, de "vraies" feuilles de 150 avec millésimes 6 et date en bas. Comme ici :


  Ce second tirage aurait débuté le 25 avril, mais pas vu mieux que le 27.
Pour se terminer le 12 juillet : qui dit mieux ?

Du coup, beaucoup de philatélistes avaient décrété : type I et type II pour les timbres issus de ces deux tirages, puisque le matériel utilisé était totalement différent. Ils ont même vu de petites différences d'impression. Mais il n'en était rien...


  En effet, à la case 137 de TOUTES ces dernières feuilles, un œil aiguisé avait repéré la fameuse mais trop négligée variété : un minuscule blanc reliant le I et le Q de REPUBLIQUE, ce qui correspond sur la planche à une perte de cuivre, une cassure en quelque sorte.

à vos loupes !

J'avais vérifié sa présence sur ma feuille entière, et noté son absence sur un panneau de 50 du premier tirage, ce qui m'avait paru logique.


  SAUF QUE ces derniers jours, un philatéliste membre comme moi de la SOCOCODAMI nous a fait part d'une analyse pointue et très instructive de ce timbre et de sa variété de case.

Figurez-vous qu'il existe, ce que j'ignorais sans être le seul je pense, des panneaux du 1er tirage comportant le même petit défaut à la case 37 ! Comme celui-ci, que j'ai trouvé depuis :


Mais la variété ne se voit pas sur tous les panneaux pourtant tous imprimés avec le même galvano de 50 : c'est donc qu'elle est apparue en cours de tirage, suite à un petit accident !

Par exemple, ce panneau en est dépourvu :

CQFD


  Ce qui est intéressant, c'est que l'on observe la même variété de case au même endroit au cours des deux tirages de ce timbre : il ne peut donc s'agir que du même matériel, donc du même type !

Le type II n'a jamais existé !

L'atelier s'est contenté de récupérer le galvano de service déjà utilisé pour le 1er tirage, de le placer au bas de sa planche de 150 (en lui ajoutant un millésime 6) et de lui adjoindre au-dessus deux autres galvanos de 50 qui sont forcément des nouvelles copies du galvano type (qui lui n'avait pas été endommagé).


Un grand MERCI et un immense BRAVO à Monsieur Thierry BAUDIN (que je ne connais pas) qui est le découvreur de tout ceci !



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