
Sachez tout d'abord que T.C. signifie Travailleurs Chinois, ce que nul ne saurait deviner, même si tous les courriers sur lesquels elle a été apposée, et que j'ai moi aussi VUS personnellement, comportent un texte manuscrit en Chinois.
Poursuivons cette Histoire mais avec un grand H à présent :
Il s'agit donc de travailleurs Chinois, venus en France suite à un accord conclu avec leur gouvernement, et finalisé en mai 1916 afin de soutenir l’effort de guerre.
Ils seront tristement exploités pour de basses besognes, principalement sur les bases arrières des champs de bataille : creuser des tranchées, déminer, exhumer et ensevelir les soldats morts au combat !
Alors que par contrat on leur avait promis des salaires élevés pour travailler dans l’agriculture ou dans l’industrie !...
Ils vivaient dans un dénuement total, dans des camps insalubres, avec des conditions matérielles et humaines effroyables.
Tout contact avec la population locale leur était interdit.
Les courriers sont généralement adressés d'un camp à un autre, et d'un "T.C." à un autre "T.C.", d'où bien entendu le texte en Chinois, ces malheureux ne connaissant probablement que leur langue maternelle.
Devaient y figurer les numéros qui leur avaient été attribués. Ceci n'étant pas sans nous rappeler les cas non moins funestes, d'autres tristes camps où l'on numérotait les prisonniers, quelques décennies plus tard...
Leur mission se terminera en 1919.
Sur les 140000 personnes arrivées en France entre 1916 et 1918, plusieurs dizaines de milliers y sont décédés du fait des explosions lors des opérations de déminage, de la malnutrition et des maladies, notamment l’épidémie de grippe Espagnole.
Ces volontaires – ou supposés tels – ont été affectés principalement dans le Nord de la France (96000 à l’armée Anglaise, 37000 à l’armée Française, et 7000 à l’armée Américaine).
Sont connus les groupements de Oissel, Nanterre, La Rochelle, Saint Chamas, Orléans les Aubrais, (voir Yvert spécialisé page 235), Imphy, Blanc Pignon, et comme ici Salbris :

La griffe est à l'encre violette, toujours apposée sur le timbre. Parfois répétée sur la lettre.
Elle est donc connue comme une marque de censure oblitérante.
Je n'ai vu sur ces courriers que des 15 c. vert au type Semeuse lignée, mais il n'est pas impossible que d'autres timbres aient pu être utilisés...
Si vous avez des images, des photos de l'époque, des renseignements complémentaires, ou de tels documents dans votre collection, je vous serais très reconnaissant de bien vouloir me les communiquer !