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vendredi 28 juillet 2023

Suite du jeu

   Lancé en mars 2020, on ne peut pas dire qu'il ait rencontré un succès phénoménal, mais il continue de m'amuser et c'est l'essentiel !

Il consiste, je vous le rappelle, à trouver 2 ou plusieurs timbres (au type Semeuse) avec la même variété d'impression, située au même endroit dans la feuille d'impression. L'idéal étant que l'on puisse en identifier la case, ce qui n'est pas toujours possible, ou pas encore...

  En voici une nouvelle, amusante :


On dirait une faucille ou un point d'interrogation, causée par un petit bout de ficelle ou de fil de fer venu se poser sur la planche au moment de l'encrage, de façon suffisamment adhérente pour ne pas se décoller lors de l'impression.

Ces 2 paires ont probablement été imprimées le même jour, puisque la "saleté" a dû être éliminée par le nettoyage de la planche effectué en fin de journée.

*****

  En revanche, pour les 2 timbres suivants, une question se pose : est-ce la même brindille qui s'est déplacée, ou bien deux différentes ?


Toujours est-il que ces petites variétés ne sont pas si courantes, et que je les aime bien : une nouvelle preuve du soin apporté à la qualité de l'impression des timbres de l'époque !



dimanche 23 juillet 2023

Une preuve de plus

 

  L'impression des timbres-poste est un travail minutieux pour lequel la plus grande rigueur s'impose car la technique utilisée est à la merci du moindre grain de sable parfois à l'origine d'un mauvais résultat.

En typographie rotative, de nombreux réglages et contrôles quotidiens s'imposaient tant au niveau de la presse que de la tension du papier, de l'épaisseur du support, ou de la qualité de l'encre. 

Les cylindres devaient être soigneusement nettoyés, au moins quotidiennement, pour que leur encrage se fasse correctement et que le rendu soit parfait.

  Au début du tirage de cette Semeuse à 20 c. lilas-rose YT n°190 de 1926, on rencontre assez souvent de petits défauts d'impression, avec disparition de certains caractères composant les légendes ou la valeur faciale. Les exemples sont multiples : ces petits caractères étaient en creux sur le cylindre et ne devaient donc pas être encrés. Ils apparaissent normalement en blanc sur les timbres.

Valeur faciale amputée

C de centimes absent case 54 et partiel case 55

  En raison d'une encre trop fluide, et/ou d'un encrassement des creux du cylindre, l'encre s'y dépose et la couleur va donc être retranscrite sur le papier, là où elle n'aurait pas dû.

  Collectionnant toujours les coins datés, j'ai été attiré récemment par celui-ci mis en vente sur internet, non pas à cause de sa date qui est courante, mais précisément à cause de ces petits défauts :

( Galvano D de C+D )
Cases 99 et 100 avec C de centimes quasi absent

Après avoir vérifié qu'il ne me manquait pas, je suis allé vérifier dans mon album si ces défauts étaient également visibles sur mon bloc du même cylindre et du même jour. 
C'est bien le cas :

On y remarque également une "bavouille" d'encre sous la date


  Etant donné qu'il s'agit d'un tirage qui n'est pas particulièrement rare, et que je collectionne toutes les dates, il se trouve que j'ai également le coin daté de la veille, sur lequel l'impression s'était déroulée normalement, sans aucun de ces défauts  :


Et celui du lendemain, sur lequel ils ont disparu :


  Ceci vous prouve donc que les ouvriers de l'atelier étaient particulièrement réactifs et attentifs à la qualité de leur travail : un défaut apparu le 23 décembre était parfaitement corrigé dès le lendemain !


  Il est cependant possible que l'on trouve un jour un bloc du 23.12, ne présentant pas les défauts observés :
- soit parce qu'ils sont apparus en cours de journée,
- soit parce qu'ils ont été corrigés en cours de journée.

Vous imaginez bien que cela m'intéresse si vous en voyez passer un...

*****

 Il est amusant de constater qu'en 1933, la même case 100 présente le même défaut d'encrage anormal du C de centimes, alors qu'il ne s'agit bien évidemment plus du tout du même cylindre !



Voici donc comment trouver un intérêt philatélique certain à des pièces très courantes que l'on peut se procurer en échange de quelques euros !


jeudi 8 juin 2023

Retour à la source

 

 

   En janvier 2021, je vous avais montré cette superbe et curieuse épreuve grand format et inversée de la Semeuse, probablement réalisée au tout début des essais préparatoires en vue de la création du nouveau timbre. Celui-ci sera finalement imprimé à la fin du mois de mars 1903.

La forme bien particulière de la lettre R de REPUBLIQUE et de FRANCAISE m'avait surpris, par rapport à celle de tous les essais connus, avec son 2ème jambage incurvé. Forme que l'on ne retrouve que sur le plâtre original fourni par Oscar Roty au graveur Eugène Mouchon.

  J'ai récemment pu obtenir du musée consacré à la carrière de Roty, où ce plâtre est conservé, une magnifique photographie de ce chef-d'œuvre, que je m'empresse de vous montrer :

(Toute utilisation de cette image doit en mentionner la provenance)

Cliquez sur l'image pour mieux en profiter !


  Contrairement à la vieille image que j'avais de ce plâtre, celle-ci a l'avantage d'être éclairée par la droite, c'est à dire du côté du soleil, avec donc des ombres correctement placées. Ce n'est pas le cas sur l'épreuve ni sur le timbre définitif, et ceci lui avait été reproché à l'époque.

  C'est bien sur ce modèle que Mouchon a travaillé : les 2 R sont similaires à ceux de mon épreuve, et j'en suis assez fier ! Cette particularité, son image inversée et son grand format en font une pièce vraiment unique.

Par la suite, Mouchon sera amené à en simplifier le dessin, tant au niveau de l'effigie qu'au niveau des légendes, pour répondre aux impératifs d'un tirage au petit format des timbres. 

Les deux R seront finalement gravés avec un 2ème jambage bien rectiligne.



mardi 4 avril 2023

Une découverte

 

  Pour la première fois ici, je ne vais pas vous montrer la moindre Semeuse aujourd'hui !

Non pas que le sujet n'ait aucun rapport avec ma collection, mais simplement parce que je vous ai déjà montré en août 2018 et décembre 2021 tout ce qui s'y rapportait.

  Il s'agit de ce que certains ont catalogué, faute de mieux, comme un essai de numérotation de certaines feuilles imprimées en typographie à plat, situé en haut à droite dans la marge, et qui prend la forme d'une lettre suivie de 5 chiffres.

  Je vous l'avais fait découvrir sur la Semeuse 5 c. vert, alors que personne ne l'avait jamais rencontré auparavant. 

Je dois d'ailleurs revenir sur le dernier exemple exposé, et que j'estimais tout à fait "bidon" car la photographie de la vente en question montrait un panneau avec cette inscription en noir. Alors qu'il ne fait aucun doute que cette inscription était imprimée en même temps et donc dans la même couleur que les timbres ! 

J'avais conclu à une falsification. Mais c'est moi qui me trompais. 

  Figurez-vous que j'ai été abusé par un scanner défectueux.

Il se trouve que c'est un ami qui a acheté ce panneau sur lequel je n'avais pas misé beaucoup, et qui a eu la bonne surprise de le recevoir avec une inscription verte, tout à fait authentique donc. 

Et ce maudit scanner du vendeur la faisait apparaître en noir... 

Avouez que j'ai joué de malchance sur ce coup !


  Si besoin était, voici un nouvel exemple, absolument inédit lui aussi, et authentique, déniché par un autre correspondant suite à la lecture de mes articles, alors qu'il fouillait chez un négociant qui, lui, visiblement ne les avait pas lus :


  C'est à ce jour le seul exemple connu de cette inscription en haut d'une feuille de 1914 du timbre taxe à 10 c., et vous pouvez constater que sa couleur est bien celle du timbre.

  Comme quoi se vérifie une fois de plus le célèbre adage de Monsieur Pierre de Lizeray : c'est en s'intéressant aux timbres d'usage courant, les plus communs, souvent négligés, que l'on a le plus de  chances de faire de belles découvertes, et de mettre la main sur de véritables raretés !

Pour quelques euros.

Ayez l'oeil, on ne sait jamais, il en existe peut-être d'autres exemples.

Surtout n'hésitez pas à nous les montrer le cas échéant !



samedi 25 mars 2023

Autour des carnets Virgile Chareyre (suite)

 

  Je vous avais annoncé l'été dernier la révélation de documents inédits concernant l'émission de ces jolis carnets, et puis les mois ont défilé, mais voici le temps venu, enfin !

J'ai eu la chance de mettre la main sur des dizaines de documents : factures, lettres et livres de comptes, dont l'étude m'a permis d'en apprendre de belles !...

  Dans un premier temps, l'administration a proposé à Chareyre 10000 carnets "de luxe" de 10 timbres à 50 c. au tarif de 1 franc 20 la couverture.

Puis la société négocie 25000 couvertures à un franc pièce, mais uniquement 10000 carnets, qu'elle souhaite de 10 timbres à 25 c. ce qui lui sera refusé, tout comme le nouveau timbre prévu à l'effigie de Jeanne d'Arc.

Et ensuite, l'administration passe la balle à Carlos Courmont pour les négociations.

   Voici tout d'abord le contrat signé le 16 octobre 1928 entre l'administration, Courmont, et la fameuse société ardéchoise :


26 500 francs pour 6000 couvertures à 50 c. et 3000 à 15 c.
Pratiquement 3 francs pièce !
Mais il n'y est pas question des couvertures vides...

  En réalité il n'a pas été respecté à la lettre, et après de longues et croustillantes discussions, le tirage fut respectivement de 8400 et 4320 carnets

Mais on apprend qu'il y eut  un total de 29 000 couvertures imprimées, dont Carlos ne fait pas mention dans le contrat que devait viser l'administration ! 
Le surplus de celles-ci devait être distribué pour une moitié vides, et avec des vignettes publicitaires à l'intérieur pour l'autre moitié. Leur prix a été habilement négocié et Chareyre les a finalement payées 29826,50 francs.

Il y eut aussi 8114 feuillets de 20 vignettes, qui lui ont coûté 730 francs (dont 160 francs d'agrafage). Il aurait bien voulu que ces vignettes soient dentelées et gommées, mais on comprend bien que l'administration ait refusé, les rendant du coup inutilisables, contrairement à celles imprimées sur la partie gauche des carnets qui pouvaient être détachées et collées sur les courriers !  

Du coup, elles sont restées agrafées bêtement dans des couvertures :


  On apprend à la lecture de ces échanges qu'il y a eu des fuites, un certain nombre de carnets (250) n'ayant pas été livrés au client, mais bel et bien détournés par Courmont ! C'est Maurice Digeaux, le célèbre négociant, qui vend la mèche.

  La société a payé finalement pour les timbres de 8275 et 4195 carnets soit 47667,50 francs.

  Le peintre M. Ageron fut rétribué 1500 francs pour ses aquarelles ayant servi de modèles.

Beaucoup des carnets reçus par la société furent ensuite vendus à des philatélistes par l'intermédiaire de Digeaux, alors qu'ils avaient été commandés pour être distribués gracieusement, soit entiers, soit découpés, aux clients de la société dans un but de propagande commerciale. "...de la même façon qu'avaient procédé les Grands Magasins du Louvre" :


  Courmont avait donc fini par proposer à l'entreprise cette formule luxueuse des carnets dits "privés" contenant 10 timbres et 10 vignettes, qui ne passaient jamais par les guichets de La Poste, et ce pour le prix d'un franc par couverture :


Il fallait bien financer sa publicité à lui, qu'il publiait lui-même :


Ou bien qu'il faisait publier dans les magazines :





 Car on connait ses tarifs pour les carnets "normaux" destinés à être vendus par La Poste, qui sont bien inférieurs, et pour des quantités bien plus importantes :

(novembre 1925 / janvier 1927 / janvier 1929)

  La commercialisation des carnets "privés" représentait donc une belle source de revenus pour Courmont, qui profitait de ses bons rapports avec l'administration. Une poule aux œufs d'or ! 

Mais celle-ci y trouvait également son compte avec la vente des timbres, et surtout avec les 20% du montant brut des contrats de publicités que Courmont lui devait selon les termes de son contrat d'exclusivité !


Cependant, les faibles tirages et les particularités de ces carnets "privés" vont attirer les philatélistes et les négociants. D'où une franche spéculation, qui conduira à leur interdiction en 1929, juste après la mise en circulation de ceux de Chareyre.

D'ailleurs, Raoul, l'administrateur de la société en charge de l'affaire (qui était philatéliste !) l'annonçait en exclusivité le 18 février 1929 à Louis Neury, un négociant de la Haute Marne qui lui demandait s'il avait prévu un nouveau tirage :

(en réalité, le presse philatélique était au courant fin 1928)

  Le même Raoul était furieux que certains de "ses" carnets aient été détournés et se soient retrouvés dans le commerce avant que lui ne le fasse à son tour, et je suis même convaincu que ce ne sont ses plaintes auprès de Courmont et de l'administration qui ont conduit à la fin des carnets "privés". 

Il lui en voulait beaucoup et ira même jusqu'à menacer de ne pas le payer.

Voici une réponse assez peu courtoise de Courmont aux plaintes de Raoul, alors qu'initialement leurs échanges étaient très polis. Le ton monte :

"Je ne serai pas la dupe de vos arguties" dit Carlos

"faux, faux, non" inscrit Raoul dans la marge !


  Courmont finira ensuite par proposer à Raoul de lui rendre les 250 carnets manquants, mais en les lui facturant !

  Raoul, ayant ainsi obtenu l'aveu de détournement de la part de Carlos, confirmée par une attestation de l'administration, décidera de les lui laisser, grand seigneur :

(à noter qu'il s'agit de la seule lettre manuscrite de Raoul De Lamonta)

Et pour clôturer près de 6 mois d'échanges, satisfait d'avoir eu le dernier mot, il joindra à son paiement cette note assez sèche et non signée "pour solde de tout compte", avec des salutations qui, pour la première fois, ne sont plus cordiales du tout !


*****

  Tout frais compris, les carnets  auront coûté à la société 77393 francs, ce qui représente de nos jours environ 43000 euros.

Et la société en a bien utilisé une partie pour mettre en valeur ses produits durant plusieurs années :


Même si beaucoup sont allés rejoindre les albums des collectionneurs.



lundi 6 mars 2023

Retournons donc à l'atelier du boulevard Brune !

  

 Grâce à Gallica, je vous avais fait découvrir il y a quelques années de magnifiques images du début du XXème siècle, où l'on pouvait voir les différentes machines utilisées pour la fabrication de mes chères Semeuses.

  Toujours en fouillant sur internet, je suis tombé sur le site des bibliothèques patrimoniales de Paris, qui a eu la bonne idée de numériser de jolis documents. 

On y trouve de superbes images des plans et des dessins de l'architecte chargé de bâtir entre 1892 et 1894 cet édifice aujourd'hui disparu,  que je m'empresse de vous montrer même si la Semeuse n'y était pas encore née :



(cliquez sur les images pour zoomer)

Ainsi que ces quelques vues inédites des différents postes de travail :





*****

  J'ai déniché également une revue intitulée "La revue du bureau" qui traite de sujets très divers et intéressants. Dans le numéro de janvier 1934, on trouve un article bien documenté sur la fabrication des timbres, qui ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà, mais qui est accompagné de belles photographies.

J'ai choisi de vous montrer ces deux-là qui concernent l'impression et la fabrication des carnets rotatifs :

   Ici, on voit nettement l'impression des carnets sous la forme d'une bobine de papier (déjà gommé) qui va, au sortir de la presse, parcourir un trajet vers le plafond pour donner à l'encre le temps de sécher, avant de revenir vers le bas et d'être rembobinée, sous le contrôle d'un opérateur attentif dont on aperçoit le genou et la main au premier plan :

   Et voici la machine servant ensuite  à confectionner les carnets, en assemblant une bobine de timbres et une bobine de couvertures, collées l'une à l'autre et pliées en leurs milieux, puis savamment découpées pour donner de jolies liasses de carnets de 20 timbres à la sortie, que le jeune homme empile :


Sur cette image du bulletin des postes de la même année, déjà montrée, on voit l'autre extrémité de la machine, là où arrive la bobine de couvertures :


Les connaisseurs me feront à juste titre remarquer qu'en 1934, l'atelier ne produisait plus de carnets au type Semeuse, mais je les aime tout de même beaucoup ces images !

 *****

  Sur cette dernière, on peut voir le soin apporté aux cylindres alimentant les presses rotatives, mais mon œil ne me permet pas d'identifier le ou les timbre(s) qu'ils pouvaient imprimer (sous la forme de feuilles cette fois-ci) : 


Les parallélogrammes séparant 2 des 4 galvanos de chaque cylindre y sont bien visibles :


Et on les retrouve dans les marges en haut et en bas des feuilles imprimées :


NB : ces cylindres destinés aux feuilles rotatives de 100 timbres mesuraient 168 mm de diamètre, ce qui peut être vérifié là où l'ouvrier pose sa main.

   Et, SURPRISE, en zoomant sur le 4ème cylindre, devinez qui on voit après avoir un peu bidouillé informatiquement l'image remise en position horizontale : on dirait bien que c'est mon omniprésente Semeuse, prête à être imprimée !



Deux de ces images avaient déjà été aperçues dans un article de Paris Soir du 11.10.1932 consacré au type Paix, mais leur définition était nettement moins bonne. Elles n'ont donc pas été prises en 1934. 


Je ne m'en lasse vraiment pas de ces images !


mercredi 1 mars 2023

Trouvaille surprise sympa !

 

  En philatélie, après quelques décennies consacrées au même sujet, il arrive encore que l'on fasse des trouvailles, et heureusement !

En revanche, question surprises, on en a souvent des mauvaises, ça oui, mais les bonnes, il faut bien avouer qu'elles ne se bousculent pas au portillon...

Alors, je voulais vous parler de cette Semeuse tellement courante que personne ne s'y intéresse : celle à 15 c. brun avec pré oblitération. On la trouve partout, neuve en grand nombre et en bon état, ou bien utilisée sur divers courriers commerciaux, car sa vie a été longue, avec de nombreux tirages rotatifs.

ATTENTION ! Je parle de celle dont la surcharge a été apposée par la même rotative qui imprimait les timbres, et dans le même temps. Pas de celle dont la surcharge a été imprimée à plat sur quelques très rares feuilles du timbre déjà imprimé en rotatif, comme celle-ci :

                               

Une rareté, vue sur internet, dont pourtant personne ne veut !


  L'autre, la plus courante, a été imprimée de à l'aide de 19 cylindres différents, entre 1925 et 1938 : rien de rare donc.

Cependant, deux de ces tirages sont rares, et c'est  un plaisir d'en trouver des coins datés pour le grand amateur que je suis.

celui-ci l'est particulièrement, avec cette jolie paire de coins datés AI + AI :

Planche AI+AI

Premier jour

Dernier jour

Chiffres

Presse

2 tirage

 

25.11.35

---

II

8

(jamais vu d'autre)

J'ai eu la chance de les acquérir auprès de Monsieur Georges Monteaux quand j'étais jeune,  provenant de la collection de Monsieur Duponchel, deux grands amateurs hélas disparus !


- celui-là l'est un peu moins, mais on ne lui connait que 2 jours de tirage :

Planche AT+AU

Premier jour

Dernier jour

Chiffres

Presse

Tirage

 

17.3.36

18.3.36

I

6


Par ailleurs, comme le timbre isolé n'a que peu ou pas de valeur marchande, on peut en trouver assez facilement des feuilles entières. Sans grand intérêt, mais ça me plait les feuilles entières.

Aussi me suis-je offert celle-ci pour quelques euros :



  Ce n'est qu'à sa réception que j'ai eu l'heureuse surprise de constater que non seulement elle était issue du fameux cylindre AT+AU, ce qui en fait déjà une rareté, mais qu'en plus elle était datée du 19 mars 1936, preuve que le tirage avait duré 3 jours et non pas 2 comme on le croyait depuis 75 ans au moins ! Et vous comprendrez que mon plaisir fut bien supérieur à mes attentes.

*****

  Pour continuer avec le même timbre courant, sachez que si vous en trouvez un qui provient d'un distributeur de roulettes, vous tiendrez une grande rareté.

Le souci, c'est que personne à ce jour n'a vraiment trouvé le moyen de reconnaître ces timbres issus de roulettes. Du coup, pour en avoir la certitude, il vous faudra en trouver une bande verticale de 11, et croyez moi, elles ne se bousculent pas au portillon ! Une douzaine existent, environ.



Celle-ci est d'autant plus rare qu'elle est ici accompagnée de la bande de garde qui servait à emballer la bobine de 500 constituée : la seule que je connaisse.

 

  Les timbres de roulettes préoblitérés sont connus pour avoir une variété caractéristique et constante de leur surcharge (toujours rotative), que l'on retrouve une fois par galvano de 50. 

Il s'agit d''un gros point anormal situé entre le F et le R.

J'aurais bien aimé vous la montrer, mais personne ne l'a jamais trouvée, cette variété sur ce timbre !


Peut-être qu'elle n'existe pas si le défaut a été corrigé avant la mise en route de son tirage, mais en revanche, on la trouve (difficilement) sur tous les autres valeurs : c'est tout de même étonnant !

Mais du fait de la rareté de la roulette en question, son existence reste possible sans qu'aucun philatéliste ne l'ait vue.

 Voici le point rond sur le 10 c. vert (type IV) :



 Si jamais, vous en croisez un sur le 15 c.  ne le laissez surtout pas passer, et sachez que je suis prêt à vous l'acheter 3 fois la cote... si vous trouvez une cote...

 *****

   Il parait qu'il existe une autre rareté pour ce timbre : une double surcharge !

Ceci n'est bien entendu possible qu'avec la surcharge à plat, celle qui est déjà rare et de 1925, puisque les rotatives ne pouvaient en aucun cas être responsables d'une telle erreur.

Seule l'intervention humaine, manuelle, pouvait faire passer 2 fois une feuille sous la presse des surcharges... Involontairement ou pas ?

Bizarrement, seuls 2 timbres seraient connus avec cette variété. On les voit passer de temps en temps dans les ventes, mais ils ne trouvent pas preneur, trop chers !

Et personnellement, je me méfie beaucoup des falsifications de ces surcharges hors de prix.

Les voici :

 




*****


  Une autre grande rareté : le surchargé SPECIMEN des cours d'instruction, quasi introuvable en bloc de 4 avec coin daté :

La seule date connue

*****
Plus abordable, mais sympa et rare, cette surcharge à plat et à cheval :



 Comme quoi, même pour une Semeuse des plus courantes, on peut trouver des pièces véritablement  exceptionnelles, et que peu de collections contiennent !
(même la mienne hélas !)