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mercredi 11 avril 2012

Coins datés et Variétés : ça rime !

L'impression rotative de nos chers timbres au type Semeuse a vu le jour en 1922.

Elle se caractérise, entre autres spécificités, par la présence de la date d'impression, au niveau du coin inférieur droit de la feuille : les coins datés sont ainsi nés !

Cette date était imprimée le plus souvent en noir, mais pas toujours : parfois dans la couleur du timbre au tout début des rotatives (nous l'avons vu avec le 10 c. vert de 1922) et parfois même dans la couleur de la surcharge lorsqu'il en était apposée une sur les timbres.


Par exemple, la surcharge "ALGERIE" en rouge :




Ou en bleu pour la Caisse d'Amortissement :



En fait, les moyens de l'époque ne permettaient pas toutes les folies d'aujourd'hui : une seule couleur au début, puis deux.


Les caractères utilisés pour imprimer les chiffres vont varier au cours des années, et aussi selon les différentes presses dont l'atelier va peu à peu s'équiper.


Il existe des erreurs de date (jour, mois ou année), correspondant à des jours fériés ou à des dimanches, jours où l'atelier ne travaillait normalement pas, ce qui permet de les repérer.

L'étude de ces dates est primordiale pour qui s'intéresse aux coins datés. Ceci a permis d'identifier les différents tirages de chaque timbre, ou parties de tirage, sur telle ou telle presse...


La forme des parallélogrammes situés dans le bord de feuille inférieur est tout aussi primordiale, et la bible en ce domaine reste l'ouvrage du Baron De Vinck, relayée par les travaux de la SoCoCoDaMi qui poursuit sa mise à jour, depuis des décennies.


Je vous assure que la collection des coins datés est réellement passionnante, et très enrichissante pour ceux qui osent s'y plonger ! Cela permet de suivre et comprendre les changements de tarifs postaux, les changements de couleur des timbres, et, argument à ne pas négliger, de souvent faire de belles trouvailles, car il existe de vraies raretés ! Surtout si on s'intéresse aux timbres d'usage courant...
Certains tirages sont même quasiment introuvables...


La localisation des timbres dans ce coin de feuille n'empêche bien évidemment pas la survenue d'accidents d'impression ou de piquage, comme nous allons le voir.


Et pour moi, qui suis depuis longtemps un fanatique des coins datés, ces variétés sont encore plus séduisantes.


On rencontre des impressions recto-verso, assez exceptionnelles en impression rotative, comme ce joli 25 c. bleu du 15.12.24 (au type III B) :


Des impressions sur raccord du papier, comme ce 10 c. vert de 1922 au type I B, avec sa date verte, vous l'aurez remarqué :



ou bien ce 25 c. bleu type III B de 1924 :




Des piquages à cheval, comme ce 50 c. rouge de 1926 au type II A :


ou ce 15 c. brun au type I de 1932 :




Celui-ci, non dentelé, du 75 c. lilas de 1931 au type I, vous ne pourrez pas le rencontrer ailleurs, car il est bel et bien unique !




Une seule feuille connue, dont les 60 timbres du bas sont restés non dentelés. Magnifique !


Autre curiosité, le manque d'impression, ici dû à une impression sur raccord, dont la partie supérieure imprimée normalement a probablement été utilisée, alors que le morceau inférieur a fait le bonheur des philatélistes depuis...






Plus étonnant, les faussaires de l'époque se sont même eux aussi appliqués à reproduire ces coins datés, comme en témoigne l'exemple suivant du faux dit "de Marseille" du 50 c. rouge :



Bizarrement, on connait aussi des coins de feuille non datés de ce faux...


On peut aussi trouver des variétés de surcharge :



avec ici le M rapproché de la case 100 des timbres de Franchise Militaire.



Plus courantes sont les variétés d'impression diverses, avec ici le C de centimes absent sur ce 20 c. lilas rose de 1933 :






En revanche, les impressions sur pli accordéon du papier sont rares et toujours spectaculaires :







Voilà, j'espère que cette jolie promenade au pays des variétés aura au moins le mérite de donner à quelques uns d'entre vous l'envie de se lancer dans cette belle collection qu'est celle des coins datés.




Quel dommage que celle-ci soit un peu passée de mode !


Mais d'un autre coté, il vaut souvent mieux ne pas suivre la mode en philatélie...




N'hésitez pas à me contacter si vous cherchez de quoi débuter, j'ai beaucoup de doubles pour pas trop cher, ou pour échanger timbres et connaissances.




Sachez que ce sera toujours un plaisir pour moi !

jeudi 29 mars 2012

Attention, ça se confirme ! !

Nous avions vu en février 2010 que le timbre à 10 c. rouge au type Semeuse avec sol (YT n°134) avait bel et bien été utilisé, comme ses homologues à 10 c., pour la confection de carnets de porte-timbres publicitaires, au début du XXème siècle.

Ce qui n'était pas connu jusqu'alors !

On avait même découvert dans ces pages un tel carnet vantant les produits de la firme Mignon.

Le porte-timbre que voici, le second venu à notre connaissance, vient confirmer que ce timbre a aussi été utilisé par la firme Hella en 1907, et peut-être donc sous forme de carnets...

La chasse reste donc ouverte...

La bête se sent peut-être traquée, elle risque de se dévoiler...

Une prime sera même offerte à celui qui découvrira le premier carnet hella avec 134 !








samedi 10 mars 2012

Les mystères du 35 centimes



Nous avons déjà vu les deux types du 35 c. dit "maigre" de 1906 (YT n°136), qui sont si difficiles à distinguer, ainsi que la bien plus grande rareté du type I, dans un article précédent traitant des millésimes.



La Semeuse dite "camée" à 35 c. quant à elle, a existé en deux couleurs :

- en violet (YT n°142) dès 1907 , avec dans un premier temps un tirage à plat sous la forme de feuilles-vente de 150 timbres avec des millésimes (durant de nombreuses années, jusqu'en 1924), puis un tirage rotatif en 1926 sous la forme de feuilles de 100 timbres avec des coins datés.

- puis en vert (YT n°361) en 1937 -1938 sous la forme de feuilles rotatives de 100 timbres avec des coins datés.

Il existe donc logiquement deux poinçons et deux types différents : le premier au type I pour l'impression à plat, et le second au type II pour l'impression rotative.
La distinction entre les deux types est assez aisée et bien connue au niveau du premier S du mot POSTES.


CONCERNANT LE TIMBRE VIOLET


La fabrication d'un nouveau poinçon s'était imposée du fait du passage à l'impression rotative et de ses impératifs techniques : nouveau galvano sans millésime, qui sera cintré pour s'adapter aux presses rotatives, et nouvelles feuilles de 100.

Le timbre rotatif au type II est d'ailleurs un peu + haut que le type I imprimé à plat à cause justement de ce cintrage, qui va étirer le timbre dans le sens de sa hauteur.

Jusque là, pas de mystère, mais déjà quelques particularités intéressantes :

- on devine que le violet au type II est bien plus rare que celui au type I

- les exemplaires au type II sont même très rares sur lettre, contrairement au type I

- les millésimes sont quant à eux bien plus fréquents que les coin datés

- les exemplaires portant des parallélogrammes sur le bord de feuille, typiquement rotatifs, sont rares, et forcément au type II : pas besoin de regarder le S à la loupe !



A PROPOS DU TYPE I

Premier mystère : pourquoi, entre 1907 et 1924, ce timbre a t'il été imprimé toutes les années SAUF en 1909, 1917 et 1923 ?
Je n'ai pas de réponse !
Mais peut-être que l'un d'entre vous trouvera une explication : besoins en fonction des tarifs ?...


Second mystère : comment différencier les millésimes 0, 1, 2 et 4 des années 1910 de ceux des années 1920 ?
Je l'ignore aussi ! En tout cas, ils se ressemblent fortement !
Papiers différents ? Largeur différente des ponts ?
En dix ans, ils m'ont l'air d'avoir pris quelques dixièmes de millimètre...
J'ai bien du mal de mon coté à être formel.



A PROPOS DU TYPE II

On sait que la très grande partie des feuilles du tirage a été surchargée = 25 c pour les besoins des tarifs de 1926.

L'impression ayant eu lieu durant un mois entre le 19 mars et le 20 avril 1926, on trouve assez facilement des coins datés du timbre surchargé 25 c.


En revanche, amusez-vous à rechercher un coin daté du non surchargé !..
Ce n'est pas pour rien qu'il vaut cher : enfin une cote qui n'est pas usurpée !

On ne connait que quatre dates de ces feuilles ayant échappé à la surcharge, les voici d'ailleurs :
20, 22 et 23 mars et 20 avril 1926

Pas facile à réunir ces quatre là !




En revanche, les coins datés surchargés se rencontrent eux bien plus souvent.
Cependant, il m'en manque encore quelques uns. Et leur cote n'est que de quelques euros.

Alors, si vous avez, je suis preneur... Même à trois fois la cote si vous voulez !
N'hésitez pas !


Pour les amateurs de belles pièces, voici un CD unique ! La fameuse double surcharge.



Une seule feuille a été surchargée par erreur à deux reprises !
Répertoriée dans le Yvert spécialisé. Seulement 100 timbres connus au monde, et donc un seul coin daté !
Tous les timbres sont numérotés au verso et signés par l'expert qui a découpé la feuille (Campeau).

Monsieur G. Monteaux, grand spécialiste des variétés et des coins datés, a jadis vendu ce CD à mon grand père, en 1958 : il est toujours bien rangé depuis dans ses albums, au coffre, à la banque.
Et pas à vendre...






CONCERNANT LE TIMBRE VERT


On a tendance à négliger ce timbre qui, il est vrai, ne présente pas trop d'intérêt : aucun de ses tirages n'est rare.
Il a été imprimé uniquement en rotatif, et donc au type II, bien plus tard que le violet.

Une seule planche utilisée, par intermittence, du 20 août 1937 au 17 novembre 1938.
Il a été surchargé en rouge = 30 pour abaisser sa valeur faciale et écouler les stocks.
Il a été aussi préoblitéré, mais rien de bien excitant dans tout ça !

Mis à part une erreur de date sur un coin daté du dimanche 13.11.1938 (au lieu du 14)...




Enfin... Quant je dis rien de bien excitant...




L'autre jour, en surfant sur le web comme l'on dit de nos jours, je suis tombé sur une belle épreuve collective réunissant trois de mes chères Semeuse, les numéros 360-361-362, à un prix assez attractif.





En effet, je connaissais l'existence de ces jolies épreuves de l'atelier de fabrication, mais, ayant toujours trouvé qu'elles étaient surcotées, je ne m'y suis jamais trop intéressé.



Erreur !....

Si vous prenez la peine d'y regarder à deux fois, comme moi, vous aurez la surprise de constater que le timbre à 35 c. vert n'est pas au type II, mais bel et bien au type I, comme cet agrandissement le prouve !



On voit bien la boucle inférieure du premier S qui n'est pas aussi recourbée que dans le type II. Je vous avais pourtant dit que le 35 c. vert n'existait qu'au type II !



Et bien NON ! Puisque sur cette épreuve, il est au type I.



Premier mystère : Pourquoi, en 1937, réaliser une épreuve avec un poinçon datant de 1907 ?



L'atelier a dû se tromper, ou alors trouver bien plus facile, pour des raisons que j'ignore, de ressortir son vieux poinçon au type I, celui qui servait à l'impression à plat, en pensant que tout le monde n'y verrait que du feu !



Presque tout le monde, mais pas moi !




Second mystère : On connaissait aussi l'existence de timbres à 35 c. vert, présentant la variété, assez rare d'ailleurs, d'être non dentelé.



Il est même catalogué au rayon des variétés de ce timbre YT 361. En voici un :




Sauf que lui aussi est au type I , imprimé à plat, et qu'il est donc impossible qu'il s'agisse d'un non dentelé du 361, timbre n'existant qu'au type II rotatif.



Il s'agit donc d'une nouvelle erreur, de nos catalogues cette fois-ci.



Il est fort probable que ce non dentelé vert soit en fait un essai de couleur du 142 qui sera finalement émis en violet, et imprimé à plat, au type I.



Mais ça je le savais depuis longtemps, car, si mon exemplaire avait été un vrai non dentelé du 361, il aurait obligatoirement présenté des parallélogrammes sur son bord de feuille supérieur, prouvant l'impression rotative !



Impossible d'avoir un haut de feuille vierge en rotatif !



CQFD !



Comme quoi, l'existence de tous ces différents types, n'est pas qu'un inutile casse tête...




lundi 12 décembre 2011

Perseverare diabolicum...




Dans un précédent article, en mai 2010, je vous avais montré une erreur de date d'un cachet oblitérant une Semeuse lignée à 15 c. le jour de son émission.




En voici un autre exemple :


Cette lettre est bien oblitérée avec un cachet du fameux 2 avril 1903.


Mai sa particularité tient davantage au courrier qu'elle contient, heureusement resté depuis plus d'un siècle bien rangé dans son enveloppe, et qui ajoute à son caractère exceptionnel un émouvant témoignage de l'époque !




L'expéditeur s'est lui aussi trompé en tête de sa missive, et en a raturé par la suite la date, ainsi qu' à la fin de son texte, où il parle du 3 avril...


Il faut croire que ce jour là était prédestiné aux erreurs...



Il raconte à son destinataire le mal qu'il s'est donné pour se procurer deux exemplaires de ce nouveau timbre, mis en vente ce jour là dans deux bureaux parisiens seulement : celui du Sénat et celui de la chambre des députés.



Puis il lui conseille de conserver précieusement cette lettre du premier jour...


mardi 4 octobre 2011

Timbres Monnaies : peut-être une découverte ?

Beaucoup de philatélistes connaissent l'utilisation qui a pu être faite de leurs chers timbres, à partir des années vingt en France, en remplacement des pièces de monnaie qui venaient alors à manquer.

Il s'agit d'une astucieuse invention consistant à enfermer et à protéger un timbre en cours à l'époque, dans un jeton le plus souvent métallique.

Celui-ci ne perdait absolument pas sa valeur fiduciaire si l'on désirait s'en servir pour l'affranchissement d'un courrier, et pouvait tout aussi bien servir de monnaie.

Les timbres au type Semeuse ont été le plus souvent utilisés.

Le recto de ces jetons laissait le timbre bien apparent derrière une protection en plastique transparente, alors que le verso, grâce à une autre idée géniale, pouvait avantageusement servir de support publicitaire !



De très nombreuses firmes s'en sont donné à coeur joie, et ces timbres-monnaies ont eu un joli succès. Ils ont largement circulé pendant quelques années. Et même encore par la suite alors que les pièces de monnaie ne manquaient plus du tout...

Certains sont polychromes, très agréables à collectionner, et tous représentent de nos jours un lien intéressant entre philatélistes et numismates, qui se les disputent.

Ils sont donc assez recherchés, et leur valeur est d'autant plus grande qu'ils sont esthétiquement jolis, que l'entreprise est peu importante, que le thème de la publicité est recherché, et qu'ils sont en bon état de conservation. Ce qui n'est pas fréquent.


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Avant que l'utilisation de ces jetons ne se soit généralisée, il a existé, et on les connait moins, des carnets ou des pochettes dans le même but. En papier cartonné ou en sachets transparents.

Leur plus grande fragilité explique que ceux-ci aient été remplacés par les jetons : les timbres s'abimaient facilement, et pouvaient alors perdre toute leur valeur !

Il était aussi plus facile de les recycler pour les utiliser sur le courrier.

Ces carnets ou ces pochettes sont donc devenus, pour toutes ces raisons, bien plus rares aujourd'hui que les jetons !

Ceux portant les publicités des grands magasins parisiens sont assez célèbres et nous ramènent volontiers aux beaux jours de la belle époque.


Au bon marché - Au printemps : magasins qui existent encore.



Heureux temps ou l'on pouvait acheter des timbres au type Semeuse aux guichets de la poste, et se faire refiler des timbres monnaies par les commerçants !

Internet nous permet très facilement de trouver de magnifiques illustrations de ces rares jetons en quelques clics !

Je vous conseille d'ailleurs l'excellent site :
http://collectiondemonnaie.net/timbresmonnaies/


Mes recherches sur le web m'ont justement permis de dénicher ces jours-ci aux U.S.A. les deux timbres en sachets que voici :


Google m'a alors instantanément appris l'existence de ce célèbre magasin basque, que je ne connaissais pas. Le vendeur non plus, heureusement pour moi !



Ce qui fait que je me les suis offerts, pour la somme astronomique de 2 euros 50...

Il faut vous dire que cette publicité n'avait jusqu'à présent jamais été répertoriée.

A ce prix là, je ne pense pas qu'il puisse s'agir d'une falsification destinée à tromper les philatélistes : ils m'ont tout l'air absolument authentiques, et donc inédits à ce jour !


Vive internet !


jeudi 11 août 2011

Toutes les dates à gauche, toutes !



Nous avons déjà vu les débuts de l'impression rotative avec le 10 c. vert de 1922.


La modernisation s'est logiquement poursuivie par la suite avec l'impression en rotative des timbres destinés aux distributeurs automatiques, dits "timbres de roulettes", concernant en général les timbres au tarif de la lettre simple pour l'intérieur, mais pas toujours.

Le premier timbre à profiter en 1923 de ces progrès a été une fois encore une Semeuse : le fameux 15 c. ligné vert-olive au type VI, qui reste à ce jour un des plus rares timbres de France, en partie car il n'a été découvert que très tardivement. Seuls quelques exemplaires neufs sont connus, bien moins que de "1 franc vermillon" en tout cas !

La même année a aussi été imprimée la roulette rotative du 5 c. orange au type II B, nettement plus facile à croiser de nos jours. Pourquoi ? Les philatélistes de l'époque en avaient-ils été informés ?
Mystère !

Par la suite, d'autres timbres au type Semeuse seront imprimés de la sorte, tous assez peu courants, sans être vraiment rares.
Presque tous auront un type bien particulier, ce qui permet de les identifier, de les répertorier dans les catalogues, et de les collectionner. Sur courrier, ils sont restés rares.




Rappelons ici que ce mode d'impression aboutissait à des "rouleaux sans fin" de 10 timbres de large, et sans intervalle blanc les séparant, ce qui est leur caractéristique principale.

La numérotation et la date d'impression se retrouvaient dans ce cas précis toutes les deux dans la marge de gauche, et en alternance toutes les 5 rangées de timbres. Autre caractéristique.

Un fragment de ces rouleaux, reproduit ici, vous le montrera plus clairement :



En effet, lorsque la poste n'avait pas écoulé ses fameuses roulettes, les rouleaux étaient parfois vendus aux guichets, une fois découpés en blocs de 100 timbres comme celui-ci, au lieu de servir à confectionner les bandes de roulettes.
On ne peut pas à proprement parler de feuille, mais cela y ressemble fort.

Cela n'a pas été le cas pour toutes les roulettes rotatives, hélas : on ne connait des blocs datés ou numérotés, ou bien des blocs de 100 que pour les suivants :































Vous avez ici sous les yeux toutes les dates connues des roulettes rotatives au type Semeuse !


Les plus rares au type Semeuse sont celles du 30 c. bleu.


Le 12.6.26 est peut-être bien unique, car je n'en ai jamais vu d'autre, alors que le 14.6.26 se rencontre par ci par là. Sa cote élevée est parfaitement justifiée, ce qui n'est pas fréquent pour les semi-modernes.


D'autres timbres sont aussi concernés comme les types Blanc et Pasteur. Rares aussi.


Parler de coin daté de roulette est abusif, vous le comprendrez : il n'y a pas de coin de feuille sur ces rouleaux... mais c'est passé quand même dans le langage commun.




En tout cas une bien belle et intéressante collection, si jamais vous êtes tenté de vous lancer, et pas facile, croyez moi, à réunir !


Mais surtout, faites-moi signe si vous croisez un jour un second bloc du 192 du 12.6.26.....


samedi 18 juin 2011

Une semeuse très très discrète !

Qui aurait déjà vu une de ces jolies PHOTO-CARTE-LETTRE apparemment inventées par les Portaits "LOR" sur les grands boulevards de notre capitale, avant la première guerre ?



Notre chère Semeuse s'y montre au travers d'un trou, peut être aussi à l'origine de cette appellation "La discrète" ?


Lorsque le destinataire ouvrait cette carte-lettre, il avait la surprise d'y trouver à l'intérieur un magnifique portait photographique de l'expéditeur !


On imagine bien ce riche cubain Pedroso, se promenant en 1911 dans les beaux quartiers, et n'ayant su résister à la tentation de se faire tirer le portrait, afin de le faire parvenir à sa famille restée au pays.


Famille qui a dû être bien émerveillée par la modernité de notre France de l'époque !


Et en plus, il est revenu le lendemain s'en faire faire une seconde pour un autre membre de sa famille, si l'on en croit les cachets de la poste !


On m'avait jadis proposé ces deux cartes : j'ai choisi la moins abimée pour ma collection, et j'ai ensuite retrouvé quelques années plus tard la seconde en vente chez un négociant, deux fois plus cher... Elle y est toujours, je crois.


Je n'en ai jamais vu de semblable, même avec un timbre autre que Semeuse, mais cela en fait déjà deux me direz-vous !


Et toutes deux revenues de Cuba qui plus est !


Un joli souvenir en tout cas, non ?

L'idée n'a pas dû plaire cependant.

Ou bien n'était-ce vraiment pas à la portée de toutes les bourses ?

Qui sait ?