C'est Arthur Maury lui-même, en 1907, dans son Histoire des TP, qui donnait la case 36 pour cette Semeuse à l'épée ou à la chandelle, après l'avoir vue sur une (demi) feuille (de droite) imprimée le 6 juillet 1907 par la presse 10 :
C'est Arthur Maury lui-même, en 1907, dans son Histoire des TP, qui donnait la case 36 pour cette Semeuse à l'épée ou à la chandelle, après l'avoir vue sur une (demi) feuille (de droite) imprimée le 6 juillet 1907 par la presse 10 :
Poursuite du petit jeu consistant à trouver la même variété d'impression sur plusieurs timbres, et si possible d'en identifier la position dans la feuille.
J'avais trouvé celle-ci sympa il y a de nombreuses années :
Et voici que je vois passer celle-là aujourd'hui :
Un collectionneur anglophone en avait réuni 4 dans sa collection :
Qu'il décrit comme des chandelles, alors que je trouve que cela ressemble davantage à une épée.
Qui en aurait un autre semblable ?
Au sein d'un bloc, ce serait encore mieux, afin de confirmer la case 36 et la date qui sont mentionnées...
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Pour cette autre, qui ressemble un peu à un serpent :
C'est plus facile car cette paire nous permet de la positionner à la 5ème colonne :
et il ne nous reste plus qu'à trouver la ligne !
(ce n'est pas la 2ème puisqu'il n'y a pas le millésime)
La période d'utilisation de la Semeuse, en gros de 1903 à la seconde guerre mondiale, couvre plus de 3 décennies au travers desquelles la France est passée avec plus ou moins de réussite et de malheurs, ce qui rend la collection des courriers de cette époque particulièrement intéressante.
Au vu de l'ampleur du sujet, impossible de s'intéresser à tout : les tarifs, les destinations, les oblitérations, les évènements, les moyens de transport, les multiples valeurs faciales des timbres, les différentes présentations en feuilles, en carnets, en bandes pour roulettes, les entiers... Il faut bien faire un choix.
Chacun trouve son plaisir et cherche à acquérir le possible plus de connaissances dans sa ou ses catégories de prédilection. C'est une histoire de goût et cela ne se discute pas.
Personnellement, mis à part les entiers postaux que je laisse volontairement de côté, j'ai choisi de récolter tout ce qui me plait. Tout ce qui sort un peu de l'ordinaire, avec une prédilection pour ce qui est réellement extraordinaire. Cela n'est pas très scientifique, mais d'une grande diversité croyez-moi, source de satisfactions multiples et variées.
Bien entendu, comme tout ce qui est intéressant, beau ou rare est souvent onéreux, je ne peux pas toujours m'offrir ce qui me fait envie, mais ce n'est pas bien grave : le plaisir est là, même si ce n'est que celui des yeux.
Vous imaginez comme moi le nombre de personnalités déjà célèbres en ce début de XXème siècle, ou de celles qui vont le devenir. Figurez-vous qu'elles écrivaient comme le commun des mortels, sinon plus !
Elles aussi léchaient la gomme de leurs timbres, prenaient leur plume, écrivaient l'adresse de leurs correspondants, choisissaient des cartes postales, et portaient leur courrier jusque dans une boite aux lettres.
L'idée m'est donc venue de rechercher ces courriers émanant ou bien destinés à des célébrités, et bien entendu affranchis avec une Semeuse. Je me suis vite aperçu que la notoriété de certains rendait utopique une telle collection compte tenu des prix demandés ou atteints, très souvent hors de portée, même pour un passionné !
Les collectionneurs d'autographes ont toujours été nombreux, même s'ils s'intéressent d'avantage au contenu manuscrit qu'au contenant. D'ailleurs, la plupart du temps, ces autographes sont précieusement conservés alors que l'enveloppe qui les a transportés a depuis longtemps été jetée à la poubelle.
Quitte à faire les poubelles s'il le faut, je ne désespère donc pas de pouvoir mettre la main sur quelques-unes d'entre elles.
Les lettres adressées à des illustres personnages sont de fait facilement repérées, mais c'est moins le cas lorsque c'est l'expéditeur lui-même qui présente un intérêt disons historique.
Les cartes postales ont l'intérêt de réunir les deux, souvent autour d'une Semeuse.
Voici quelques exemples prestigieux que j'ai vu passer, de loin :
Cela ne va pas tarder à faire 50 ans que je me passionne (de plus en plus) pour ces timbres qui représentent une semeuse, apparus il y a 120 ans, et qui lui ont valu une notoriété internationale ainsi qu'une majuscule et divers titres comme lignée, maigre, ou camée.
Au niveau national, sa célébrité était déjà acquise à cause des pièces de monnaie, intemporelle.
Au fur et à mesure de mes connaissances, je suis devenu un véritable fanatique des techniques de leur fabrication, et j'en apprends encore régulièrement.
MAIS, j'avais beau avoir cherché les renseignements un peu partout et longtemps, jamais je n'avais pu voir un galvano. Il s'agit de cet assemblage métallique que l'on fixait sur la presse puis sur la rotative, et qui avait un format permettant d'imprimer 50 timbres.
Le musée n'en avait curieusement conservé aucun, et nul article philatélique de l'époque ou postérieur n'en avait jamais montré la moindre image : que des schémas, des dessins. Alors que moi je voulais en voir un bien réel.
Eh bien, c'est à présent chose faite, grâce à l'amabilité d'un correspondant qui a déniché cette image dans la revue "Lectures pour tous" éditée par Hachette en octobre 1905 :
(Ce sera plus net si vous cliquez sur l'image)
Lancé en mars 2020, on ne peut pas dire qu'il ait rencontré un succès phénoménal, mais il continue de m'amuser et c'est l'essentiel !
Il consiste, je vous le rappelle, à trouver 2 ou plusieurs timbres (au type Semeuse) avec la même variété d'impression, située au même endroit dans la feuille d'impression. L'idéal étant que l'on puisse en identifier la case, ce qui n'est pas toujours possible, ou pas encore...
En voici une nouvelle, amusante :
Toujours est-il que ces petites variétés ne sont pas si courantes, et que je les aime bien : une nouvelle preuve du soin apporté à la qualité de l'impression des timbres de l'époque !
L'impression des timbres-poste est un travail minutieux pour lequel la plus grande rigueur s'impose car la technique utilisée est à la merci du moindre grain de sable parfois à l'origine d'un mauvais résultat.
En typographie rotative, de nombreux réglages et contrôles quotidiens s'imposaient tant au niveau de la presse que de la tension du papier, de l'épaisseur du support, ou de la qualité de l'encre.
Les cylindres devaient être soigneusement nettoyés, au moins quotidiennement, pour que leur encrage se fasse correctement et que le rendu soit parfait.
Au début du tirage de cette Semeuse à 20 c. lilas-rose YT n°190 de 1926, on rencontre assez souvent de petits défauts d'impression, avec disparition de certains caractères composant les légendes ou la valeur faciale. Les exemples sont multiples : ces petits caractères étaient en creux sur le cylindre et ne devaient donc pas être encrés. Ils apparaissent normalement en blanc sur les timbres.
En raison d'une encre trop fluide, et/ou d'un encrassement des creux du cylindre, l'encre s'y dépose et la couleur va donc être retranscrite sur le papier, là où elle n'aurait pas dû.
Collectionnant toujours les coins datés, j'ai été attiré récemment par celui-ci mis en vente sur internet, non pas à cause de sa date qui est courante, mais précisément à cause de ces petits défauts :



En janvier 2021, je vous avais montré cette superbe et curieuse épreuve grand format et inversée de la Semeuse, probablement réalisée au tout début des essais préparatoires en vue de la création du nouveau timbre. Celui-ci sera finalement imprimé à la fin du mois de mars 1903.
La forme bien particulière de la lettre R de REPUBLIQUE et de FRANCAISE m'avait surpris, par rapport à celle de tous les essais connus, avec son 2ème jambage incurvé. Forme que l'on ne retrouve que sur le plâtre original fourni par Oscar Roty au graveur Eugène Mouchon.
J'ai récemment pu obtenir du musée consacré à la carrière de Roty, où ce plâtre est conservé, une magnifique photographie de ce chef-d'œuvre, que je m'empresse de vous montrer :
(Toute utilisation de cette image doit en mentionner la provenance)
Cliquez sur l'image pour mieux en profiter !
Contrairement à la vieille image que j'avais de ce plâtre, celle-ci a l'avantage d'être éclairée par la droite, c'est à dire du côté du soleil, avec donc des ombres correctement placées. Ce n'est pas le cas sur l'épreuve ni sur le timbre définitif, et ceci lui avait été reproché à l'époque.
C'est bien sur ce modèle que Mouchon a travaillé : les 2 R sont similaires à ceux de mon épreuve, et j'en suis assez fier ! Cette particularité, son image inversée et son grand format en font une pièce vraiment unique.
Par la suite, Mouchon sera amené à en simplifier le dessin, tant au niveau de l'effigie qu'au niveau des légendes, pour répondre aux impératifs d'un tirage au petit format des timbres.
Les deux R seront finalement gravés avec un 2ème jambage bien rectiligne.