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samedi 28 juillet 2012

Oups ! j'ai fait une fausse manoeuvre !



Désolé, mais si vous souhaitez voir mon dernier message, il va vous falloir aller le lire un peu plus bas, comme si c'était en fait mon avant-dernier !.....

A votre avis, magouille ou trouvaille de Castellorizo ?


Cette petite île de la mer Egée, proche de la côte Turque a accueilli en 1920 certains de nos chers timbres au type Semeuse qui ont dû être surchargés pour y servir, suite à la décision du gouverneur militaire de l’île, le lieutenant de vaisseau Terme, commandant alors la base navale.
Un arrêté du 22 juin donna naissance à la première émission comportant 6 valeurs (timbres à 5, 10, 15, 20, 25, et 30 centimes) surchargés O.N.F. Castellorizo (pour Occupation Navale Française).

Les 10 et 25 c. Semeuse sont assez courants, alors que les 4 autres sont très rares.
Cette surcharge était apposée à plat, par blocs de 25 timbres, sans les millésimes, et était de couleur noire ou rouge selon la couleur du timbre.
La valeur qui nous intéresse aujourd'hui est celle à 5 centimes (Yvert n° 137) :


 
Une deuxième émission lui fera rapidement suite le 26.08.1920, à partir de timbres apportés de France par le navire « La Provence », à bord duquel ils ont été surchargés grâce à un nouveau cachet fabriqué sur place : cette fois-ci il a été décidé O F Castellorizo (pour Occupation Française).
Quatre valeurs seulement : 5, 10, 20, et 25 c. dont le tirage ne serait que de 500 exemplaires pour chaque valeur !

Sur le même 5 centimes, la surcharge n'est plus rouge, mais noire :

Remarquez le Z toujours à l'envers sur cette surcharge.

Elle existe aussi inversée, apposée de bas en haut.

Les timbres sont sur papier G.C.

Et l'on connait de très rares millésimes de cette émission (9 pour 1919 avec ce 5 centimes).


Là où cela devient intéressant, c'est que pendant la période qui a précédé l'arrivée des timbres au type Semeuse, on avait utilisé des timbres de France ou du Levant, surchargés en noir ainsi

B.N.F. Castellorizo (pour Base Navale Française).
Cependant, personne n'avait jamais signalé l'existence de cette première surcharge de Castellorizo sur des timbres au type Semeuse !

C'est pourquoi mon sang n'a fait qu'un tour l'autre jour, en voyant cette jolie paire avec millésime proposée à la vente sur internet :


Le papier est bien un G.C. et le millésime bien de 1919.

La surcharge ressemble beaucoup à celle connue sur d'autres timbres, bien qu'on la voie d'habitude plus finement imprimée, moins empâtée.
Alors, d'après vous, est-ce une merveilleuse découverte, un chopin comme l'on dit ?
Ou bien une vulgaire supercherie, une fausse surcharge sur de vrais timbres ?
Toujours est-il que j'avais décidé de l'acheter, car le prix proposé était faible, et même pour le coté purement anecdotique, j'étais preneur.

Avec malgré tout l'arrière pensée de peut-être faire une belle affaire !...
Car, enfin, soyons logiques : pourquoi donc un faussaire se serait donné la peine de créer un faux, alors qu'il n'existe pas d'original connu de ce timbre avec cette surcharge ? ? ?
Personnellement, c'est ce qui me poussait à croire à son authenticité !

Toujours est-il que le sort m'a joué un sale tour : au moment d'enchérir, dans les dernières secondes de la vente, mon ordinateur a été victime d'un "bug", et mon enchère n'a pas été prise en compte !

Faisant le bonheur d'un autre collectionneur pour quelques euros...
J'enrage encore !
Sachez tout de même que l'île avait été évacuée par les autorités Françaises le 21.08.1921, pour être confiée aux Italiens.



Semeuse cherche explications sur ce tarif


Presque tous les philatélistes connaissent fort bien ce timbre à 10 c. vert au type Semeuse avec ses inscriptions maigres, répertorié dans nos chers catalogues sous les numéros 188, 188 A, et 188 B selon qu'il est accompagné ou non de sa bandelette publicitaire (au-dessus ou au-dessous) portant les fameuses publicités Phéna ou Minéraline.


La plupart d'entre eux sait sûrement aussi qu'ils proviennent de carnets de 10 timbres.
Carnets dits "privés" car fabriqués par La Poste à la demande de deux laboratoires pharmaceutiques, qui les ont eux mêmes distribués gratuitement, entre autres à leurs correspondants, souvent des médecins.

Les avantages de leurs produits étaient vantés sur les couvertures des carnets en question.

Les médecins étaient libres d'utiliser les timbres pour leur usage personnel, mais surtout, et c'était le but de l'opération, ils pouvaient commander ainsi par courrier et sans aucun frais les produits commercialisés.
 
C'est le cas de la présente carte postale, carte également distribuée par le laboratoire d'ailleurs.

En 1926, ce sont les laboratoires Mauchant qui ont lancé l'idée avec les carnets Minéraline, puis les laboratoires Phéna ont fait de même en 1927.
L'encre des deux n'est pas tout à fait semblable : plutôt vert-jaune pour le Minéraline et plutôt vert-bleu pour le Phéna.

En revanche, nul ne sait pourquoi il a été décidé de ressortir des placards le vieux modèle de Semeuse dite maigre, qui avait été utilisé entre 1906 et 1910, sous la forme de feuilles et de carnets de 20 timbres.
Quelle drôle d'idée !

Surtout que le 10 c. vert au type Semeuse camée dite grasse était déjà bel et bien né à cette époque, en feuilles à plat ou rotatives, en roulettes à plat ou rotatives, et aussi en en carnets de 20 timbres...

L'initiative Minéraline ayant eu du succès et étant passée +/- inaperçue des philatélistes d'alors, le nombre de carnets conservés entiers est bien moindre que pour son homologue Phéna, d'où la différence de valeur aujourd'hui, alors que les tirages respectifs sont à l'inverse.

Ces timbres ne sont vraiment rares que bien centrés.

Ou bien encore plus rares sur document d'époque non philatélique ayant circulé ! Rarissimes !
Je crois même que l'on peut compter sur les doigts d'une main les Minéraline ayant ainsi servi...

Sur certains d'entre eux, à la case 5 située en haut à droite du bloc de 10, donc toujours avec coin de feuille, le R de REPUBLIQUE a la forme d'un P.

Pour illustrer la demande qu'ont suscitée les timbres Minéraline, voici un document rare de 1927, signé de la main du Dr Mauchant lui-même, répondant à un médecin lui faisant la demande d'un de ses carnets, et auquel il n'a pu fournir qu'un timbre :

Il s'agit d'une pièce exceptionnelle !

Mais revenons à présent à l'interrogation qui a motivé la rédaction de cet article :

Pourquoi donc cette carte est elle affranchie à 30 centimes ?

Est-ce que le tarif normal n'était pas de 40 centimes ?

L'année n'est pas bien lisible sur le cachet.

MERCI de vos commentaires ou réponses, toujours bienvenus !