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dimanche 14 janvier 2024

Thématique "A la toile d'avion"

 (Cliquez sur les images pour mieux en profiter)


  Les amateurs de carnets connaissent forcément cette couverture somme toute assez courante qui vantait en 1930 les mérites des tissus C.I.M.S. 


Plusieurs carnets différents ont été émis successivement dans cette couverture, au nombre de 5 pour la Semeuse lignée à 50 c. rouge YT 199 toujours au type IIB, et identifiés par les pubs figurant en marge des timbres.

Le plus courant étant le 199 C25, avec ses pubs pour la Documentation Unique :


Mais même avec un carnet facile à trouver on peut s'amuser, avec de jolies variétés, rares et souvent  spectaculaires :

Celui-ci, imprimé au bas d'une feuille sur la presse 30, est daté du 31 mars, et présente une variété de piquage due au repli malencontreux du coin de droite, au moment de passer sous la machine à perforer.

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Ici les timbres avaient été perforés correctement, mais pour le plus grand bonheur des philatélistes, l'ensemble des 120 timbres agrafés dans la feuille de couvertures a été présentée au moment de la découpe avec un coin replié dans la machine. Ceci a sacrifié le carnet du haut de la feuille, mais nous a laissé cette stupéfiante variété, unique !
Je l'ai ratée 2 fois déjà, mais un jour, peut-être, je l'aurai...

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Alors que celui-là, également bas de feuille, imprimé le 27 mars, nous montre une impression recto-verso sur les 10 timbres du bas.

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Plus jamais vu ce carnet depuis bientôt 40 ans. peut-être a t'il été découpé ? 
Magnifique avec ses 10 timbres du haut non dentelés, même si l'image est mauvaise qualité.
Je l'avais pris en photo dans sa vitrine, à Monaco, lors d'une exposition de la collection de Mr Françon.
Une diapositive que je conserve précieusement depuis !


Ces variétés touchaient bien entendu toujours des carnets situés en bas ou en haut d'une feuille imprimée en typographie à plat, qui était ensuite gommée, puis perforée, avant d'être insérée dans une feuille de 6 couvertures, l'ensemble étant finalement découpé en 6.


Cet autre présente un important défaut de découpe, avec un décalage très net, responsable pour la rangée de timbres du bas de ce que l'on appelle des doubles pubs. La feuille de 120 timbres a été mal positionnée dans la feuille de 6 couvertures qui, elles, sont bien centrées.
C'est donc plutôt l'agrafage qui a été mal réalisé.

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On note sur celui-là un manque d'impression touchant le haut des timbres de la première rangée.

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Et voici quelques autres dates pour ce carnet :





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Le second carnet connu avec cette couverture est le 199 C26 dont les pubs du bas ont été remplacées avantageusement par Calvet et Kwatta :




En voici un daté du 17 mars :

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Et là alors ?
Ne me demandez pas comment cette double impression des pubs en bas a bien pu se produire, c'est un mystère !...

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Certains de ces carnets (plus rares), ont la particularité d'avoir leurs 10 timbres de gauche au type IV, ce qui prouve que non seulement les pubs, mais également les timbres pouvaient être remplacés. 
Il s'agit du 199 C27, même si ce n'est qu'une variante du précédent :

On ignore comment du matériel prévu pour l'impression rotative (donc sous forme de cylindre) de ces 10 timbres au type IV, a bien pu être utilisé (avant cintrage) pour un tirage à plat, et pourquoi il en a été ainsi !

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Le troisième carnet connu est le 199 C32   avec ses pubs Grey Poupon Moët Calvet Guyot :

Mais je n'en connais pas de variété.
Seulement de jolies publicités :



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Le quatrième carnet connu est le 199 C35 avec les pubs Guyot Moët Sphère Sphère :


Accident de fabrication + inattention lors de la manipulation = une merveille unique ! 
Le seul carnet connu au type Semeuse, entièrement non dentelé, bas de feuille lui aussi.



Alors que celui-ci, a été imprimé le 30 mai avec encore une impression recto-verso au bas.

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Le cinquième et dernier carnet connu est le 199 C43 avec uniquement des pubs Sphère :

Imprimé le 16 mai, celui-ci est sans variété, mais on doit bien pouvoir en trouver avec...

Comme par exemple avec un joli et rare pli accordéon :


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  Je ne pouvais pas clôturer cet article sans vous montrer deux pièces également extraordinaires : 
une feuille intacte de 6 couvertures, et une feuille des 6 feuillets que certains carnets contenaient également :


En provenance (presque) directe de chez Carlos Courmont !


Feuillets en marge desquels on peut voir les marques repères aux 4 coins permettant d'assurer 
(en principe) une découpe convenable.



Comme quoi, à partir d'un carnet courant, on peut se constituer (avec quelques décennies de patience) une collection véritablement extraordinaire !

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La marque existait encore, bien après cette époque bénie des carnets et de la Semeuse :







dimanche 31 décembre 2023

Meilleurs voeux !

 

  Poursuivons, pour bien commencer l'année, la collection virtuelle des courriers expédiés par des personnages célèbres :

Antonin Artaud qui donne rendez-vous à un ami pour lui présenter une jolie personne à La Coupole



Deux cartes postales de Guillaume Apollinaire 




Une émouvante lettre de Jules Verne à la fin de sa vie 



Une autre de Colette



Une de Frédéric Mistral



De Jules Renard


Un pneumatique de Marcel Proust



Paul Eluard


André Malraux


Le Maréchal Pétain, encore fréquentable en 1911



Anatole France



Pierre Bonnard



Et un petit mot de Maurice Ravel



Des vœux de bonne année 1933 par Moïse Kisling 



et tous les miens pour que 2024
soit une belle année !


mercredi 20 décembre 2023

Menu menu

 

   En janvier 2011, je vous avais fait part d'un doute concernant l'authenticité d'une Carte Postale, affranchie avec un joli mouton à 5 pattes. A revoir en cliquant sur ce lien :

https://semeuse.blogspot.com/2011/01/avez-vous-un-moyen-pour-ne-jamais-se.html

J'ai toujours la CP, et un peu moins de doute, mais pas encore de certitude.


  Bien avant de l'acquérir, j'avais adhéré à la SoCoCoDaMi, association regroupant les amateurs de coins datés et de millésimes, dont les fondateurs étaient de véritables passionnés. Les membres poursuivent inlassablement depuis l'œuvre du Baron de Vinck, en répertoriant tous les détails des tirages rotatifs de nos timbres préférés.


   Aussi, j'avais conservé dans mes archives, depuis une bonne quarantaine d'années, l'image du menu d'un repas organisé par cette association en 1937 à l'occasion de l'exposition philatélique internationale de Paris.

Je me plaisais à croire que mon grand-père y avait peut-être été convié, car c'est lui qui m'a transmis sa passion pour la Semeuse et pour les coins datés. Et il était gastronome ! Comme moi d'ailleurs.

Vraiment alléchant !
Même si je préfère le vin de Bourgogne

A l'époque, le fait de voir une paire de timbres sur ce menu ne m'avait pas choqué plus que ça, d'autant que l'oblitération avec ce cachet de l'exposition pouvait bien l'expliquer. 

J'imagine que vous me voyez venir avec mes histoires de paires verticales...

   Et bien, figurez-vous que c'est justement l'étude des coins datés, et donc la SoCoCoDaMi, qui a permis de découvrir l'existence de feuilles de 100 de cette Semeuse à 20 c. lilas-rose comportant deux types différents (III et V), comme nous l'avions vu dans l'article de 2011.

Un tour de cylindre donnant 2 feuilles, avec 2 coins datés différents, ils ont en effet eu la surprise de trouver à la même date, un coin avec des timbres au type III et un autre avec des timbres au type V.
Le cylindre était donc composé de 3 galvanos de 50 au type III + un galvano au type V.

En voici deux exemples (septembre 1935) :


Type III en haut et type V en bas de chaque feuille
Numéros impairs

  J'en ai eu la preuve récemment, puisque vient d'être mis en vente récemment un autre menu similaire, mais cette fois-ci photographié en couleurs :


  C'est peut-être justement à cause de (ou grâce à) cette couleur rose que j'ai eu la révélation !
Le vendeur, lui, ne l'avait pas eue, heureusement pour moi, et le prix de départ n'était que de 20 euros. La description était très succincte. 
La curiosité qui nous intéresse n'avait pas été repérée !
Les connaisseurs pourront deviner de quelle vente il s'agit, en voyant le nom qui est inscrit au crayon sur ce menu.

  J'ai donc espéré pendant quelques jours pouvoir "faire un chopin" dans cette vente sur offres, et surtout pouvoir mettre ce menu dans ma collection, peut-être à la place de la CP un peu douteuse.

Aucun doute cette fois-ci : la paire III + V est authentique, et le document représente à mes yeux un joli témoignage de l'époque, et de la vie de l'association.

En plus d'être particulièrement rare.
J'ignore combien de convives ont eu à l'époque la chance de recevoir ce menu. Pimenté par les membres éclairés de l'association. D'une cerise sur le gâteau.

Je n'en ai jamais vu d'autre.

Le souci, c'est que je ne suis pas le seul à l'avoir deviné !...

Mais c'est moi qui l'ai eu.



samedi 16 décembre 2023

Algérie : je vous ai coooompris !

 

  D'où l'importance de connaître le mode de fabrication de nos timbres !

Dans une vente sur offres clôturée ces jours-ci, j'avais repéré deux variétés spectaculaires, proposées à des prix assez raisonnables.

1) Une surcharge étonnamment imprimée au verso, le timbre portant la signature d'un illustre et ancien expert :



Un exemplaire similaire s'était d'ailleurs vendu très cher il y a quelques années (448 euros !) avec deux fois la même  signature, et surtout, cela a son importance, une bande publicitaire :

Le timbre est bien au type IIB spécifique des carnets.

2) Un manque d'impression, avec une surcharge intacte :

Les deux lots ont trouvé preneur...

J'ai cependant la quasi certitude que l'un des deux est absolument "bidon" !

*****

   Il faut savoir que le 30 c. bleu était imprimé aussi en feuilles par une presse rotative, ainsi que sa surcharge, en un seul passage, avec 2 couleurs différentes. Les presses de l'époque ne pouvaient pas faire mieux que 2 couleurs. 

Du coup, la surcharge était obligatoirement de la même couleur que la date et le numéro de feuille, situés en bas dans la marge, respectivement à droite et à gauche.

Ce que montre parfaitement ce bloc avec coin daté :


  Le papier (déjà gommé et livré en rouleau) était inséré dans la machine pour recevoir ces deux impressions successives, puis la machine coupait instantanément les feuilles de 100, après les avoir perforées. 

Et on confectionnait donc à la sortie de la presse, des paquets de 100 feuilles de 100.

Il est absolument impossible que la moindre feuille puisse passer une seconde fois sous la presse, (qui plus est retournée coté gomme) pour y recevoir une seconde surcharge. Même si on voulait le faire intentionnellement, cela ne serait pas possible techniquement.

  En revanche, pour les carnets, les 2 impressions se faisaient sur une presse à plat, rendant possible la manipulation responsable de cette variété, à mon avis plus intentionnelle qu'accidentelle...

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  Concernant l'autre bloc, du 60 c. Semeuse lignée, le manque d'impression ne touche que le timbre lui-même, ce qui est en général dû à l'interposition, au moment de l'impression, d'un petit morceau de papier égaré, venu se coller là malencontreusement, et qui serait parti ensuite.

Pour ce timbre imprimé en rotatif, la surcharge a été apposée secondairement, feuille par feuille, et sur une presse à plat. On voit bien que son encre est différente de celle du numéro, qui est nettement plus claire. 

 C'est d'ailleurs ce qui a permis l'existence d'une des plus rares variétés de la collection au type Semeuse, dont nous avons déjà parlé ici : la surcharge renversée sur ce 60 c. violet.

Si le papier incongru était resté entre les deux opérations, la surcharge serait évidemment partielle à cet endroit. Il faut croire qu'il a été retiré entre les deux opérations.

   L'autre possibilité, serait un défaut d'encrage du cylindre, toujours en rapport avec un petit corps étranger collé au mauvais endroit, empêchant l'encre violette de se déposer sur le métal du galvano. 

L'existence temporaire de ce corps étranger pourrait certes expliquer l'impression partielle, sur laquelle la surcharge aurait été apposée normalement. Mais je n'y crois pas trop.

  La forme même de ce manque d'impression est plus que suspecte, puisque l'on voit qu'elle suit en bas le contour du timbre, sans atteindre les parallélogrammes situés en-dessous. C'est trop beau pour être vrai ! Ces parallélogrammes font partie du cylindre, ils sont encrés en même temps, et je ne vois pas pourquoi le manque d'encrage se serait arrêté ainsi : il devrait logiquement s'étendre à leur niveau. Il n'y a rien pour l'arrêter ainsi au bord inférieur du timbre. 

Reconnaissez que le morceau de papier suspecté aurait eu une forme bien particulière, et qu'il se serait positionné miraculeusement ainsi.

  De plus, en zoomant, on devine la valeur faciale et l'avant de la Semeuse, faiblement visibles malgré tout à cet endroit-là :


S'il n'y avait pas eu d'encrage, le manque serait uniforme, et on n'y verrait que le papier, resté vierge ! 

Comme sur cet exemple :


  Alors que sur ce bloc, la supercherie entreprise n'a pas réussi à effacer complètement l'encre violette qui existait bel et bien, et qui a dû subir l'action d'un composé chimique quelconque, utilisé pour faire croire à un défaut d'impression.

  Comme par hasard, vous remarquerez que l'encre des lettres de la surcharge a un peu bavouillé en bas à ce niveau, alors que ce n'est pas le cas sur les autres timbres, argument supplémentaire si besoin était.

  On voit aussi que la rangée de droite et séparée des deux autres au niveau de la dentelure, et qu'une consolidation a été nécessaire au dos. Comme si le bloc avait été déchiré lors de la manœuvre.

  Du coup, je pense que l'acheteur ne pourra pas prononcer à propos la célèbre phrase du Général De Gaulle choisie pour cet article !


   C'est ma conviction, mais je suis très curieux d'avoir votre avis !

(cliquez sur "Aucun commentaire" ci-dessous)



mardi 12 décembre 2023

Précisons encore !

 

  Il suffisait de demander : un correspondant a eu l'amabilité de me communiquer l'image de ce bloc qui permet de localiser à la case 5 (55 ou 105 plus exactement) la variété du "serpent" que je vous avais montrée :


Il s'agit probablement de l'année 1920 bien que le 0 soit à peine visible.



dimanche 10 décembre 2023

Précisons !

 


C'est Arthur Maury lui-même, en 1907, dans son Histoire des TP, qui donnait la case 36 pour cette Semeuse  à l'épée ou à la chandelle, après l'avoir vue sur une (demi) feuille (de droite) imprimée le 6 juillet 1907 par la presse 10 :