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jeudi 29 mars 2012

Attention, ça se confirme ! !

Nous avions vu en février 2010 que le timbre à 10 c. rouge au type Semeuse avec sol (YT n°134) avait bel et bien été utilisé, comme ses homologues à 10 c., pour la confection de carnets de porte-timbres publicitaires, au début du XXème siècle.

Ce qui n'était pas connu jusqu'alors !

On avait même découvert dans ces pages un tel carnet vantant les produits de la firme Mignon.

Le porte-timbre que voici, le second venu à notre connaissance, vient confirmer que ce timbre a aussi été utilisé par la firme Hella en 1907, et peut-être donc sous forme de carnets...

La chasse reste donc ouverte...

La bête se sent peut-être traquée, elle risque de se dévoiler...

Une prime sera même offerte à celui qui découvrira le premier carnet hella avec 134 !








samedi 10 mars 2012

Les mystères du 35 centimes



Nous avons déjà vu les deux types du 35 c. dit "maigre" de 1906 (YT n°136), qui sont si difficiles à distinguer, ainsi que la bien plus grande rareté du type I, dans un article précédent traitant des millésimes.



La Semeuse dite "camée" à 35 c. quant à elle, a existé en deux couleurs :

- en violet (YT n°142) dès 1907 , avec dans un premier temps un tirage à plat sous la forme de feuilles-vente de 150 timbres avec des millésimes (durant de nombreuses années, jusqu'en 1924), puis un tirage rotatif en 1926 sous la forme de feuilles de 100 timbres avec des coins datés.

- puis en vert (YT n°361) en 1937 -1938 sous la forme de feuilles rotatives de 100 timbres avec des coins datés.

Il existe donc logiquement deux poinçons et deux types différents : le premier au type I pour l'impression à plat, et le second au type II pour l'impression rotative.
La distinction entre les deux types est assez aisée et bien connue au niveau du premier S du mot POSTES.


CONCERNANT LE TIMBRE VIOLET


La fabrication d'un nouveau poinçon s'était imposée du fait du passage à l'impression rotative et de ses impératifs techniques : nouveau galvano sans millésime, qui sera cintré pour s'adapter aux presses rotatives, et nouvelles feuilles de 100.

Le timbre rotatif au type II est d'ailleurs un peu + haut que le type I imprimé à plat à cause justement de ce cintrage, qui va étirer le timbre dans le sens de sa hauteur.

Jusque là, pas de mystère, mais déjà quelques particularités intéressantes :

- on devine que le violet au type II est bien plus rare que celui au type I

- les exemplaires au type II sont même très rares sur lettre, contrairement au type I

- les millésimes sont quant à eux bien plus fréquents que les coin datés

- les exemplaires portant des parallélogrammes sur le bord de feuille, typiquement rotatifs, sont rares, et forcément au type II : pas besoin de regarder le S à la loupe !



A PROPOS DU TYPE I

Premier mystère : pourquoi, entre 1907 et 1924, ce timbre a t'il été imprimé toutes les années SAUF en 1909, 1917 et 1923 ?
Je n'ai pas de réponse !
Mais peut-être que l'un d'entre vous trouvera une explication : besoins en fonction des tarifs ?...


Second mystère : comment différencier les millésimes 0, 1, 2 et 4 des années 1910 de ceux des années 1920 ?
Je l'ignore aussi ! En tout cas, ils se ressemblent fortement !
Papiers différents ? Largeur différente des ponts ?
En dix ans, ils m'ont l'air d'avoir pris quelques dixièmes de millimètre...
J'ai bien du mal de mon coté à être formel.



A PROPOS DU TYPE II

On sait que la très grande partie des feuilles du tirage a été surchargée = 25 c pour les besoins des tarifs de 1926.

L'impression ayant eu lieu durant un mois entre le 19 mars et le 20 avril 1926, on trouve assez facilement des coins datés du timbre surchargé 25 c.


En revanche, amusez-vous à rechercher un coin daté du non surchargé !..
Ce n'est pas pour rien qu'il vaut cher : enfin une cote qui n'est pas usurpée !

On ne connait que quatre dates de ces feuilles ayant échappé à la surcharge, les voici d'ailleurs :
20, 22 et 23 mars et 20 avril 1926

Pas facile à réunir ces quatre là !




En revanche, les coins datés surchargés se rencontrent eux bien plus souvent.
Cependant, il m'en manque encore quelques uns. Et leur cote n'est que de quelques euros.

Alors, si vous avez, je suis preneur... Même à trois fois la cote si vous voulez !
N'hésitez pas !


Pour les amateurs de belles pièces, voici un CD unique ! La fameuse double surcharge.



Une seule feuille a été surchargée par erreur à deux reprises !
Répertoriée dans le Yvert spécialisé. Seulement 100 timbres connus au monde, et donc un seul coin daté !
Tous les timbres sont numérotés au verso et signés par l'expert qui a découpé la feuille (Campeau).

Monsieur G. Monteaux, grand spécialiste des variétés et des coins datés, a jadis vendu ce CD à mon grand père, en 1958 : il est toujours bien rangé depuis dans ses albums, au coffre, à la banque.
Et pas à vendre...






CONCERNANT LE TIMBRE VERT


On a tendance à négliger ce timbre qui, il est vrai, ne présente pas trop d'intérêt : aucun de ses tirages n'est rare.
Il a été imprimé uniquement en rotatif, et donc au type II, bien plus tard que le violet.

Une seule planche utilisée, par intermittence, du 20 août 1937 au 17 novembre 1938.
Il a été surchargé en rouge = 30 pour abaisser sa valeur faciale et écouler les stocks.
Il a été aussi préoblitéré, mais rien de bien excitant dans tout ça !

Mis à part une erreur de date sur un coin daté du dimanche 13.11.1938 (au lieu du 14)...




Enfin... Quant je dis rien de bien excitant...




L'autre jour, en surfant sur le web comme l'on dit de nos jours, je suis tombé sur une belle épreuve collective réunissant trois de mes chères Semeuse, les numéros 360-361-362, à un prix assez attractif.





En effet, je connaissais l'existence de ces jolies épreuves de l'atelier de fabrication, mais, ayant toujours trouvé qu'elles étaient surcotées, je ne m'y suis jamais trop intéressé.



Erreur !....

Si vous prenez la peine d'y regarder à deux fois, comme moi, vous aurez la surprise de constater que le timbre à 35 c. vert n'est pas au type II, mais bel et bien au type I, comme cet agrandissement le prouve !



On voit bien la boucle inférieure du premier S qui n'est pas aussi recourbée que dans le type II. Je vous avais pourtant dit que le 35 c. vert n'existait qu'au type II !



Et bien NON ! Puisque sur cette épreuve, il est au type I.



Premier mystère : Pourquoi, en 1937, réaliser une épreuve avec un poinçon datant de 1907 ?



L'atelier a dû se tromper, ou alors trouver bien plus facile, pour des raisons que j'ignore, de ressortir son vieux poinçon au type I, celui qui servait à l'impression à plat, en pensant que tout le monde n'y verrait que du feu !



Presque tout le monde, mais pas moi !




Second mystère : On connaissait aussi l'existence de timbres à 35 c. vert, présentant la variété, assez rare d'ailleurs, d'être non dentelé.



Il est même catalogué au rayon des variétés de ce timbre YT 361. En voici un :




Sauf que lui aussi est au type I , imprimé à plat, et qu'il est donc impossible qu'il s'agisse d'un non dentelé du 361, timbre n'existant qu'au type II rotatif.



Il s'agit donc d'une nouvelle erreur, de nos catalogues cette fois-ci.



Il est fort probable que ce non dentelé vert soit en fait un essai de couleur du 142 qui sera finalement émis en violet, et imprimé à plat, au type I.



Mais ça je le savais depuis longtemps, car, si mon exemplaire avait été un vrai non dentelé du 361, il aurait obligatoirement présenté des parallélogrammes sur son bord de feuille supérieur, prouvant l'impression rotative !



Impossible d'avoir un haut de feuille vierge en rotatif !



CQFD !



Comme quoi, l'existence de tous ces différents types, n'est pas qu'un inutile casse tête...