Nombre total de pages vues

mercredi 26 octobre 2016

Jolies trouvailles !


  Un chasseur sachant chasser...     Finit toujours par trouver !...

Et, croyez-moi, ça en fait des années que je cherche !
Toujours à l’affût de jolies pièces au type Semeuse. 

Pas forcément pour faire des affaires, des chopins, mais parfois uniquement pour le plaisir de les dénicher, ou simplement de les voir. De les répertorier. J'en conserve alors les photos.

Bien souvent je ne peux me les offrir. Soit à cause du budget, soit parce qu'il faut bien être un peu raisonnable et faire des choix, soit parce qu'un autre amateur saute dessus avant moi !

Et puis, à partir du moment où l'on se spécialise, et que notre collection s'étoffe, on finit vite par devenir difficile à satisfaire !

Ce n'est donc pas tous les jours, ni même tous les mois que je trouve de vraiment jolies pièces à mon goût : intéressantes, spectaculaires, rares, ou les trois à la fois. 

C'est bien moins facile que d'en trouver des chères !

Mais ce mois-ci, on peut dire que j'ai été gââââté !

Alors je vous en fais profiter :

Tout d'abord, ce joli carnet de 1919 (ni très rare, ni très apprécié car dépourvu de publicité) :


Celui-ci, vous ne pouviez pas le rater !
Il faut dire que le "pli accordéon" qui le traverse de part en part est étonnant. Jamais vu d'autre !

Non seulement il a fallu que le papier se froisse au moment de l'impression, mais ensuite les ouvriers ont été obligés de défroisser la feuille pour qu'elle puisse être perforée à peu près correctement (sinon le piquage aurait été de traviole), pour finir par pouvoir faire rentrer le tout dans la feuille qui donnait la couverture après découpage !
Pas vu - pas pris : pas de gaspillage dans l'après-guerre !
Ce carnet a réussi se faufiler entre les mailles des contrôleurs, pour être vendu tel quel à la Poste !
Il faut reconnaître que vu de l'extérieur, bien caché dans sa couverture, il sait se faire oublier.

***

Ensuite, cette belle bande, dentelée sur le bas uniquement :
 


Impression à plat, donc décalage du peigne d'une rangée : il se déplaçait de haut en bas.
Elle est mignonne, un peu abîmée certes, mais jolie tout de même.
Surtout si on est curieux, si on s'y connait, et si on zoome un peu : serait-ce un type IA assez courant, ou bien un type IIIA, bien plus rare ?
Pas du tout : c'est un type II de carnet : Introuvable !
Les timbres du bas du carnet, normalement dentelés, ont logiquement dû être utilisés par leur heureux acheteur de l'époque, qui a su conserver les autres, et il a bien fait : bien fait pour moi !

***

Et ce bloc : vous ne trouvez pas qu'il lui manque quelque chose ?
En plein milieu : pas de millésime, ce n'est pas normal !
En plus, il ne s'agit pas du 10 c. rouge "normal" de la Semeuse dite camée ou grasse, qui est bien connu des amateurs, et répertorié sans son millésime, comme d'autres d'ailleurs.
Mais bel et bien de la Semeuse "maigre"  - n°135 - jamais répertoriée à ce jour.

Je l'avais vu passer une fois, il y a bien longtemps.
Cette fois-ci, je ne l'ai pas laissé s'envoler. Profitez-en bien : vous ne le croiserez plus.


Il ne s'agit pas d'un manque d'impression du chiffre du millésime qui n'aurait pas été encré, mais bel et bien d'un manque ! Peut-être un oubli, une erreur vite corrigée, d'où son extrême rareté ?

On sait que les chiffres étaient placés manuellement dans un emplacement creusé dans le galvano lors de la fabrication des planches, ce qui permettait de les changer chaque année...

***

Moi qui adore collectionner les "Retour à l'envoyeur" un peu originaux, de préférence de l'étranger, du bout du monde même, j'ai eu la joie de voir celui-ci revenu de Tunisie, en 1906 :


On voit assez rarement figurer comme ici le nom d'une commune "La Pêcherie" au-dessus, alors que souvent ne figure que le numéro du bureau, ou rien du tout ! 
Certains bureaux sont d'ailleurs rarissimes. 

***

Et pour finir, ce modeste coin daté du 15 c. brun pré-oblitéré :


Il ne m'a coûté que 3 euros, mais il m'a presque fait autant plaisir que les autres belles raretés exposées ci-dessus ! 

Et pourquoi donc ?

Parce qu'en premier lieu, il me manquait, bien entendu.
Mais surtout parce que c'est une date qui n'était pas encore connue : un samedi, dernier jour de ce tirage A+C qui se terminait pour tous les amateurs de coins datés depuis + de 88 ans le 15 juin !

Encore eût-il fallu que vous le sachiez, ou plutôt que vous le sussiez...

Moi, je m'en lèche encore les babines.


dimanche 2 octobre 2016

Voyage au bout... du bout du monde !


  Si il se trouve un philatéliste bibliophile pour me lire ici, il aura certainement eu la curiosité de visiter mon autre "blog" consacré au roman de L.F. Céline ayant inspiré le titre de cet article, et paru en 1932 !

  La lettre que je vous présente aujourd'hui a fait son grand périple vers les îles Tonga quelques années plus tard, mais son histoire est tout aussi amusante, même si les amateurs la trouveront comme moi un peu trop "philatélique"...

Tonga, c'est là : perdu au fin fond du Pacifique,  à 3000 Km à l'est de l'Australie :


 Et, vu du ciel, l'île qui nous intéresse ressemble à ça : c'est sympa, non ?


Alors, imaginez un peu les difficultés pour arriver vivant jusque là-bas à l'époque...

Et, une fois arrivé en vue de l'île, le courrier devait littéralement se jeter à l'eau !


Voici une de ces boites, en anglais "Tin can" :


Notre lettre datée de 1938 est adressée à W. G. Quensell :


Son trajet est un des plus longs que notre Semeuse a pu effectuer, plus de 16000 Km séparant la France des îles Tonga, et un des plus pittoresques surtout !

Voici à présent ce que nous apprend Wikipedia :

  C'est à partir des années 20 que le courrier fut placé dans une boîte de conserve, d'où dérive le surnom de Tin Can Mail Island (« île du courrier en boîte de conserve ») donné à Niuafoʻou.
Des nageurs étaient chargés de récupérer le courrier, devant lutter contre les forts courants et risquant d'être projetés sur les rochers.
Ils utilisaient un flotteur en pandanus afin de se maintenir à flot pendant plusieurs heures.
  En 1921, le marchand anglais Charles Suart Ramsay s'installa sur l'île. Il devint l'un des nageurs qui portaient et ramenaient le courrier enfermé dans une boîte de conserve et ce par tous les temps, de jour comme de nuit.
  En 1928, le marchand allemand Walter George Quensell arriva sur l'île et eut l'idée de tamponner toutes les lettres partant de Niuafoʻou avec la mention « Tin Can Mail ». Très rapidement, un intérêt grandissant se développa autour de cette curiosité philatélique.
Cette méthode originale fit connaître Niuafoʻou au reste du monde.
À partir des années 30, les navires effectuant des croisières dans le Pacifique s'arrêtaient à Niuafoʻou pour permettre aux passagers d'envoyer leurs lettres et de les récupérer avec le cachet de Quensell.

  En 1931, l'un des nageurs fut attaqué par un requin et mourut des suites de ses blessures. 
En conséquence, la reine Salote ordonna que le transport du courrier se fasse avec un canoë pour éviter d'autres accidents.

Sage précaution ! Sinon, notre chère Semeuse
aurait bien pu se faire bouffer le c.. à son tour !

Étonnant, non ?