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jeudi 24 janvier 2013

Le Levant soulève un problème !


  Notre chère Semeuse, après la première guerre mondiale, s'en est souvent allée voyager et surtout servir au Proche Orient, notamment en Turquie, pour le service postal civil qui desservait la commission interalliée.

Ceci à partir du mois d'août 1921, et jusqu'en juillet 1923.

  Deux ans de bons et loyaux services, qui ont nécessité au total 10 valeurs différentes de timbres, surchargés uniquement de leur nouvelle valeur d'affranchissement en Piastres et en Paras, ce qui était la monnaie locale d'alors, et sans autre indication de pays. Curieuse idée, d'ailleurs...

Trois séries différentes ont été émises.
Les timbres des deux premières émissions sont assez courants ( Yvert n° 28 à 34 ) et ont été surchargés à Paris, typographiquement en feuilles de 150.

Mais la troisième série est la plus rare, car décidée et fabriquée sur place, pour faire face aux besoins du service qui venait à manquer de certaines valeurs.

Les surcharges ont été apposées à la main ( Yvert 38, 39 et 40) et en quantités bien moindres :
entre 3000 et 7500 exemplaires de chaque valeur seulement furent créés durant les 5 ou 6 jours de pénurie !



C'est dire si les paires avec millésimes de ces trois timbres sont rares : il en a existé entre 60 et 150 !
Et que dire des panneaux de 50 ?






Jolis, non ?

Les tampons ayant servi aux surcharges ont bien entendu été détruits lorsque l'approvisionnement a fini par arriver de la capitale.

  Le caractère manuel de ces surcharges est à l'origine de quelques rarissimes erreurs de surcharges, dont la plus célèbre est celle qui concerne le n° 40 :
il s'agit du 35 c. violet, qui, au lieu de recevoir sa surcharge normalement prévue de 7 Piastres 20 paras, va recevoir par inadvertance celle prévue pour le n° 38 de 1 Piastre 20 Paras.

Il faut dire que la différence n'est pas énorme entre les deux surcharges, et l'on peut aisément comprendre que la faute ait pu être commise, pour le plus grand bonheur des philatélistes que nous sommes !

Une grande rareté venait de naître ! ( Yvert n° 40 a ) :
Tirage connu = 30

En effet, l'employé responsable a fini par s'apercevoir de sa bévue, et a aussitôt rectifié le tir.
Trente exemplaires seulement ont reçu la mauvaise surcharge, ce qui en fait une des plus grandes raretés de notre collection Semeuse !

On sait qu'il existe d'exceptionnelles paires verticales composées des deux valeurs, avec l'erreur en haut :

10 paires existantes possibles au maximum ! Certainement moins !


On en avait déduit que l'erreur touchait les 3 premières rangés de 10 de la feuille, et donc qu'il devait bien exister quelque part une UNIQUE paire avec millésime ! 

Nous l'avons longtemps cherchée, en vain, et puis finalement elle est sortie de sa cachette !

Mais, hélas, pour se vendre un jour "chez Roumet" comme on aurait pu s'y attendre...

Et nous n'avons même pas pu nous en approcher ! Pas moyen de se l'offrir à l'époque !

Alors on en a conservé la photo, pour rêver un peu :
( papier GC de 1918 )


En se disant : "Quel dommage que la paire ait été coupée en deux de la sorte !"

Et même : "Faut-il être c.. pour faire ça !"

Et bien NON : la personne à l'origine de ce sacrilège n'était pas con du tout !

Elle était même à mon avis tout à fait honnête, ce qui légitime encore plus cette splendide variété, et prouve à mon avis qu'elle n'a absolument pas été fabriquée volontairement pour faire plaisir aux philatélistes, ce qui était bien souvent le cas hélas, mais bel et bien par mégarde ! Ce qui la rend si attirante !

En effet, si la paire millésimée avait été composée de 2 timbres avec surcharge erronée, et que l'on ait voulu faire plaisir aux collectionneurs, elle n'aurait jamais été coupée en deux !
Personne ne pourrait le croire.
Or quelqu'un l'a fait.

C'est donc, probablement, que l'autre timbre de la paire avait été revêtu de la bonne surcharge, lui, et que les timbres erronés ont été mis à part, alors que les autres pouvaient tout à fait être utilisés, eux !

Je vous rappelle que l'on en manquait justement de ces timbres à 7 piastres 20 Paras ! 

Ceux avec la mauvaise surcharge se retrouvant être violets au lieu de rouges, ont bien dû être mis de coté.
C'est inévitable.
Et c'est d'ailleurs pourquoi l'on sait depuis qu'il n'en existe que 30. Ou que l'on croit savoir...


L'autre hypothèse serait de penser que la surcharge en question a été apposée sur des blocs de 25 timbres.
Cela s'est déjà vu, pour les premiers surchargés de Syrie par exemple.
Mais deux panneaux de 25, l'un avec l'interpanneau à droite, et l'autre avec l'interpanneau à gauche.
Bizarre !

De plus, les panneaux de 50 vus plus haut vont à l'encontre de cette hypothèse.

Autre possibilité : la surcharge erronnée a été apposée sur les trente premiers timbres oui, mais pas forcément sur les 3 premières rangées de 10 d'une feuille : pourquoi pas sur les 30 premiers timbres de gauche d'une même feuille ?

Et bien NON : 

A notre plus grande surprise, nous avons vu un jour sortir cette autre merveille, toujours "chez Roumet".
Et qui vient briser notre rêve d'antan !
Et qui n'est pas du tout l'autre moitié de notre premier millésime !

Il n'existe donc pas un seul et unique millésime de ce fameux n° 40 a, mais bien deux demi ! Ou plus ?

Bien fait pour celui qui m'a empêché d'acheter le premier à l'époque, en croyant comme moi s'offrir une pièce unique ! 

Il ne lui reste plus qu'à acheter le second...
Ce n'est pas moi qui l'ai en tout cas.

Ce second timbre prouve que l'erreur n'a pas été commise sur les 3 premières rangées de 10 d'une même feuille. Sinon, il ne pourrait exister 2 interpanneaux différents avec le millésime.
C'est déjà pas si mal comme renseignement !

On est à peu près certain qu'il n'existe donc pas dix paires verticales 40 + 40 a.
Cela me rassure car j'en ai une.

Ou bien est-ce que les surcharges ( faites à la main souvenez vous ) ont été apposées sur de petits blocs de ce 35 c. violet dont l'employé disposait ce jour là, et qu'il ne s'est trompé que sur une partie d'entre eux ?

A moins que l'erreur ait été commise sur plus de trente timbres ? On ne le saura jamais.

Qui a décrété qu'il n'en existait que 30 ?
Celui qui a commis l'erreur probablement, et nous avons vu qu'il paraissait honnête...

A moins qu'un des deux timbres millésimés ne soit faux ?
L'expert en question, que j'ai contacté, vous vous en doutez bien, est formel : les deux surcharges sont bien authentiques !
Difficile pour lui de dire le contraire de toute façon...

Et un mystère de plus à éclaircir, un !

N'hésitez pas à me contacter pour me donner votre avis.
Ou bien même si vous voulez un jour vous offrir un de ces 30 fameux timbres,
 que l'on surnomme depuis l'erreur du Levant...